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temps^ qu'il n'est [dos possible de les récuser. Les parties « eu cause » ne peuvent aujourd'hui raisonnablement contester que Jours exagérations mamelles. Ajoutons que ce mode neurasthèjiique est malkenreuaement aussi diflScile à guérir qu'à légitimer. Les fiacteurs d' « ordns physique » que nous venons de passer en revue n'aursûent, mal^é tout^ qu'une sûreté d'action très relative, s'ils ne trouvaient dans 1' « éUbt mocal » de leur victime xœ complicité toujours disposée & les seconder. Jamais époque n'a si orgueilleusement prétendu réaliser le maximum du dëfeloppement moral de l'individu; théories et leçons de choses s'empressent à L'envi de dteoncer le joug â^^raîaat de la tt superstition » et des préjugés suraanés : « Devoirs facultatifs » « — « Droits itttraaoLsigeafits »^ voilà désormûs le seul idéal compatible avec la dignité humsûne. Pour Dieu la nûson; le bien-^tre pour culte; l'égalité pour code. Des principes aussi radicaux devaient nécessainement entraîner dans le « monde moral » une révolution égale à celle que les conquêtes de la civilisation ont imposée au « monde physique ». Et déjà Ton est à même ia isele^er les conséquences directes de ces aspiralioAS immodérées. Relàcheiiient progressif du respect de l'auMité chez les inCirienrs et de son exercice chez les supérieurs. N'osant m ne voulant pks ni commander ni défendre, les diefs et, ce qui n'est pas moins grave, les pères de famille, n'ont plus d'action dUrectrioe sur leurs subordonnés ou sur leurs enfants. Gens- ci, halntués à contenter tous leurs caprices, par l'aveugle indulgence de leur entourage, arrivent bientôt à ne souffrir ni contradioitions ni déceptions ^ par suite, à ne comfirendre qu'une existence fadle et à conmdérer Gommeinutile ou dépassant leurs foroes de lutter pour surmonter les moindres obstacles ou les plus wdgaicss oatâcomptes. Le succès sans e&iort privant la « volonté » de son stimulant naturd, celled s'efiondre, et le cerveau n'est plus qu'un réceptacle inerte dont le pnemier « choc » venu, fàysique ou moral, ^ouvrioa gruidement L'accès à la <c neurasthénie ».
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Nous ne donnevons pas ici la desMJption syo^tomatii^ie de la « névrose » qui fait l'objet de ee travaiL Ce n'est point oouvre didactique, mais prophylactique que nous poursuiwns aw«uit tout. Qm ne sait d'ailleurs, aujourdfhîd, démasquer les signes caractéristiques de cette physionomie morbide qu'il ne sera peairéire bientôt plus paradoxal de coiMdérer comme nomaale? L'exproasioû anxieuse ou tout au moins préoccupée du visage, — ia émaienr
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^ea « casqae i», — la Mblesse muscahdre, rhorPMr dn travail mamiel on de l'effort, rinsomiôe habhiielle, feiaeerlMioii maitinde, le bîen-ècre relatif éâ 9m, avec leurs coB^înaisoBs mfioiea de trottbles psydnqaes, nétralgiqiies ea gistro-imestiiiuix; ce ^ont là autant de te siigaatea n réfétateurs et fondamentaux. Uobserraveur le wxnv» exercé ne peut s'y trvnper que ?olontaôrement.
Du pronostic et du traitement nous ne dirons paa davantage et pofur la même raison. Quels que sdievt sa « {orme » et son <c degré», la « neurasthénie 1» ne compromet pas nécessairenievt par elle seule Texistence du patîentî elle se borne à la troubler. Bien Ion de là : son empreinte aurait plvtdt la valeur d'un brevet de « longue yie », iû ron n'éprouvait quelque scrupule à formiulerinie asseriton aussi peu vrmsemblable an premier abord. Et eepesdairt la réalité des faits ne permet guère de la mettre ea doute, en l'^ypayant -me besoin d'une explication assez plausiUe. Obligé de s'césen^r nnnutieusement et d'éviter avec la plus vigilante attention les oeca^ sions, — combien nombreuses I — qui poumuent lui nuire, rrfroidissement, fatigues, écarts de régime, etc. , le a neurasthénique » échappe par là même aux causes ordinaires de maladies et de mort piématurte (pie le <c robuste » brave »vec un si présomptueux dédain. Hais combien plus sûrement celui-ci parviendrait- il à cet inaj^rédable résulM, s'il imitait, de ce « chéiif » dont il se raiHe, la prudente réserve et la sage méfiance.
Toutefois, si à ce point de vme exclusif et fort discutable, la ^échéanoe nerveuse a cela de tïoamiuii avec la plupart des « maux » de n'être pas absolument dépourvue d'utilité, qui osersdt soutenir que ses méfidts ne constituent pas aujourd'hui, pour Thumaiûté, un lourd et menaçaot' fléau? Au train vertigineux de notre dvilisatsen, qui pourrait entreroir sans effiroi la progression ininterrompue de œtte impressionnabilitié dont bobs souffrons déjà si livraient? L'ère ée» « concordaia » ne seo^le-t-elle pas ausm mutuellement dose, même en physiologie? Rt a'altons-nous pas assister à la rupture définitive des rapports diplomatiques qui limitaient, — asscE péniblement, il faut bien en convenir, — lès y^éités d'indépendance nmtueUe de ces deux cdlaboratears insé^ pn^es mais rivaux^ le smig et les nerfs?
n n'est pas, pour l'avrair Ae notre raœ, de plus inquiétante éventmAté. Les oendftSons actuelles de sa |vie sociale exposent en effet tout partiouyèrement la nation fFançnse à ces redoutable» aiéas biologiques. Prédestinés par une mystérieuse aptitude natire à devancer tous lea peuples dana la voie des éyohitîone rapides, nens sommes incmUestablemeat, à l'heure Hfu'il est, les miefvx pré-
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parés à subir ou à compléter cette révolation ethnique dont on ne peut calculer les suites. Mais comment la retenir ou la retarder, ou, plus sagement peut-être, l'aiguiller sur une voie moins périlleuse? Avec rénorme quantité de mouvement qui nous entraîne, pour ainsi dire malgré nous, chaque jour plus ayant, est^il à présent possible de faire machine en arrière, ou même d'enrayer la marche? Quel frein assez puissant pourrions-nous mettre en jeu?
Issue d'un concours de circonstances diverses et tendant fatalement au même but, la question ne peut se résoudre que par une association soutenue d'efforts appropriés. Ne pas perdre de vue surtout la donnée fondamentale du problème qui n'est autre que la recherche de la « pondération » en toute chose. Cette conciliante formule a cela d'encourageant qu'elle n'est, a priori^ exclusive d'aucune des obligations plus ou moins définitives du modus Vivendi actuel. Telle quelle, pour relative et restreinte qu'elle apparaisse, elle mérite d'arrêter l'attention des o éducateurs » et des « arbitres du monde d ; de tous ceux, en un mot, qui par leur naissance, leur fortune, leurs fonctions ou leurs connaissances, imposent à la sodété l'autorité de leurs actes et la suggestion de leurs exemples.
Ce n'est point à l'arsenal des lois répressives, plus que jauuds surabondamment pourvu, que nous demanderons les moyens correcteurs d'une déviation psycho-pathologique arrivée, ou peu s'en faut, au dernier degré de tension. Les amendes et la prison» avec ou sans « sursis », même partout ailleurs qu'à l'attrayante villégiature de « Fresnes », auraient bientôt perdu, par excès de bana- Uté, leur précaire valeur de sanction préventive. Pas n'est besoin davantage d'organiser à grand bruit des « ligues » et des « manifestations » . Elles ne sauraient trop où siéger. Œuvre de persuasion documentée et de démonstration ad hominem^ c'est en « payant d'exemple », en prêchant avec conviction la bonne cause dans les conférences et dans la presse, que les « volontûres » de la vnde « défense humanitaire » pourront engager le combat avec quelque chance de succès.
Est-il réellement besoin d'entrer dans les détails du thème de l'action et d'en préciser les phases successives?... L'urgence et la nature des opérations ne peuvent guère s'accommoder d'une réglementation trop méthodique. Levée en masse avec initiative individuelle, tel doit être le mot d'ordre de cette satutsdre croisade. Dénoncer en toute occasion les dangers immédiats et les pernidenses conséquences des innovations témérairement adoptées avant épreuves suffisantes; — crier en tous les idiomes « cassecou » aux affolés de vitesse; — prendre à parti les procédés
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calinaires soi-disant perfectioQoés qui n'ont d'autre résultat que de priver les mets de leur saveur naturelle et de leurs qualités réparatrices; — veiller à la scrupuleuse conservation de l'intégrité des matières premières de la nutrition ; — proscrire ou réglementer par tous les moyens la vente et la fabrication des produits impropres ou nuisibles : comme l'alcool, le beurre artiGdel, le lait improvisé ou additionné, les vins frelatés, les farines amidonnées, etc., qui constituent de nos jours la base de l'alimentation de la quasi totalité des populations urbaines; — répandre à profusion la notion de l'incomparable supériorité hygiénique des campagnes qui, seules, peuvent libéralement assurer l'air, le logement et la nourriture aux déshérités de la fortune, ce dont les villes, en dépit de la majoration des salaires, ne leur offrent jamais qu'un insaisissable mirage; — opposer aux diatribes des sectaires ou des utopistes la saine doctrine de la nécessité physiologique du travail manuel, si éloquemment confirmée par les exemples multipliés du surmenage précoce auquel sont inexorablement voués la plupart des « fruits secs » des études supérieures.
Tout vrai progrès social doit venir à son heure et respecter la Jimite d!adaptation des facultés organiques. C'est surtout en pareille matière qu'il convient de rappeler que la nature ne supporte pas d'être brusquée. Si Messieurs les politidens vouldent bien aussi, de temps à autre, user eux-mêmes du « droit de grève » qu'ils octroient sans restriction à leurs dociles clients, les vannes accélératrices du courant ne seraient pas si imprudemment levées, et des améliorations durables, — parce que opportunes, — se substitueraient aux chimériques tentatives qui ne font qu'aggraver le malaise et redoubler, avec le trouble des esprits, les dérèglements de la vie matérielle.
Louis Delmâs.
ÉTUDES UTTÉRAIRES