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U PLUJE ET LI BEAU TEMPS

Pourquoi, peDoiant dix ans, cette iDdication est-elle restée enfouie, sans émouvoir personne, dans l'ouvrage didactique qui lui avait donné asile? Gela ne s'explique que trop aisément par le caractère tout particulier de la clientèle géologique, qui forme un petit troupeau dont l'opinion publique n'a pas coutume de s'inquiéter. En revanche, comment se fait-il que, tout d'un coup, ce que l'auteur du Traité exposait volontiers à ses amis, depuis dix ans, sans jamais omettre de citer le nom de M. Brtlckner, soit devenu nouvelle « sensationnelle », et que tous les échos de la presse, y compris même les journaux satiriques, s'en soient emparés pour lui faire faire en un clin d'oeil le tour de la France?

11 y a là, en vérité, un phénomène d'éclosion spontanée, qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éclaircir. C'est de cette façon, sans doute, qu'après de fortes pluies, on voit le gravier des allées d'un jardin se garnir instantanément de myriades de conferves et autres organismes rudimentaires, qu'on dirait tombés du ciel et dont les germes dormaient sur le sol, attendant pour se manifester une influence propice.

Contentons- nous de supposer que, suivant la formule, le « moment psychologique » était venu, et empressons- nous de sûsir l'occasion qui nous est offerte de rendre à qui de droit la responsabilité de la conclusion formulée, notre part à nous étant exclusivement d'avoir su chercher, dans la littérature scientirique de langue allemande, un genre d'informations que trop souvent on se borne à attendre de son journal quotidien.

Le grand mérite du travail de M. Brtlckner est d'avoir été entrepris sans aucune préoccupation théorique. L'auteur n'a pas bâti d'avance un système, destiné à expliquer les vicissitudes des climats, système auquel il se serait ensuite efforcé de plier les fûts, quitte à les violenter quelque peu. C'est en statisticien pur qu'il a réuni ses documents, sans savoir quelle conclusion pourrait en ressortir, et il a demandé les éléments de sa statistique, non à des indications plus ou moins vagues, mais & des mesures effectuées avec toute la précision désirable.

Tout d'abord, de quelle manière convenait-il de défioir les climats? Il fallait évidemment, pour une première recherche de ce genre, demeurer dans des termes d'une grande généralité, se bornant en quelque sorte à traduire le jugement que chacun de nous pourrait porter sur une année qui vient de s'écouler. Cette période d'une année s'imposait d'ailleurs, parce que, ramenant à

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