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des intervalles égaux des circoDStances astronomiques presque identiques, elle fait mieux ressortir le contraste qui peut exister entre rinyariabilitë de ces circonstances et l'inégalité parfois considérable des conditions physiques réalisées au retour des mêmes dates.
Or le souvenir que peut Isdsser une année se résume d'ordinaire dans Tune ou l'autre des formules suivantes : l'année a été sèche ou humide; elle a été chaude ou froide. D'ailleurs, cette sentence ne doit pas se borner à traduire l'impression physiologique plus ou moins vague, produite sur notre organisme, d'une sensibilité si inégale suivant les individus. L'agriculture, qui nous fait vivre, a mieux que nous qualité pour apprécier ces conditions primordiales de chaleur et d'humidité, d'où dépend par-dessus tout le sort des récoltes.
Cependant, si Ton craignait que son témoignage ne fût paa assez impartial, vu la tendance bien connue des cultivateurs à faire entendre plus de doléances que d'actions de grâces, il existe des moyens préds d'évaluer en chiffres, sans aucun arbitraire, aussi bien le degré de chaud ou de froid que la proportion d'humidité ou de sécheresse. C'est l'affaire des appareils modernes des observatoires, qui fonctionnent sans discontinuer, notant euxmêmes, par des moyens mécaniques, leurs propres indications. Le thermomètre enregistreur, installé, comme il convient, à l'abri de toutes les causes perturbatrices, et le pluviomètre, répondent à ce double but. Partout où ce genre d'observations est organisé, comme par exemple & Saint-Maur, près de Paris, on connaît pour chaque lieu ce qu'on peut appeler la température normale et la quantité de pluie normale pour une époque quelconque ^
* Il convient d'introduire ici une restriction, pour ceux qui seraient trop tentés de céder à ce qu'on peut appeler le mirage des chiffres. Rien n'est plus difficile que d'établir une station météorologique à Tabri de toute cause accidentelle de perturbation. Les hommes du métier savent que la température peut être influencée dans une forte proportion par le voisinage des constructions d'une grande ville. Ils savent aussi que, suivant que le pluviomètre est installé au bord d'une terrasse, droit sous le vent dominant, ou en arrière du bâtiment, la quantité de pluie recueillie peut varier de 40 pour 100. Pour ces raisons, tous les chiffres résultant des observations anciennes ne doivent être acceptés qu'avec grande réserve ; et même, pour le présent, leur valeur est très inégale selon le soin qui a présidé aux installations de l'observatoire. Par là s'explique la grande défiance que les météorologistes de métier témoignent généralement visà-vis des statistiques fondées sur le dépouillement des registres de nombreuses stations. Ils savent trop bien à quel point ces chiffres sont sujets à caution, et que les différences ne peuvent être acceptées comme réelles que' quand elles dépassent sensiblement la mesure des erreurs d'observation.
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Par exemple, les observations poursuivies à Paris ont montré que, pour toute la période comprise entre 1851 et 1900, la température moyenne était de 10 degrés centigrades ^ Cela veut dire que la quantité de chaleur, versée par le soleil sur la région durant ces cinquante ans, quantité variable à chaque heure du jour et à chaque moment de Tannée, était la même, au total, que ai le thermomètre s'était tenu tout le temps à cette hauteur de 10 degrés.
Quant à la moyenne de la pluie pour le même intervalle, elle se règle & 575 millimètres par an; c'est-à-dire que l'eau (ou la neige transformée en eau) qui tombe & Paris au cours d'une année, formercdt, si elle pouvait demeurer sur le sol sans s'évaporer ni s'infiltrer, une couche d'un peu plus d'un demi-mètre d'épaisseur.
Bien entendu, les chiffres précédents sont exclusivement propres à Paris et plus spécialement à l'observatoire du parc Saint-Maur. Au Havre, on trouverait de 800 à 805 millimètres d'eau. Sur le Morvan, il en tombe plus d'un mètre. Chaque lieu a ses moyennes, dont la valeur spédale est déterminée par une foule de circonstances, qu'il serût hors de propos d'examiner ici.
A côté des moyennes annuelles^ qui caractérisent le genre de climat d'une contrée, il est intéressant de dresser des moyennes mensuelles; car, d'une part, elles mettent en évidence l'inégalité, tantôt plus, tantôt moins accentuée, des saisons, et d'autre part, en permettant de comparer entre eux les mois correspondants de diverses périodes, elles fournissent des éléments très nets pour l'appréciation des vicissitudes dimatériques. Voici comment, à Paris, se répartissent depuis cinquante ans la température et l'humidité >.
Température Qiuuitlté moyeime
moyenne. de plnle.
Janvier. . . . -j- 2*,3 39 millimètres.
Février. . . . -f 3%6 31 —
Mars -f 5%9 41 —
* Il s'agit de la température réduite au niveau de la mer. La température Yraie, à Tallitude de Paris, est un peu moindre et égale à 9<»,7. On donnait autrefois un chiffre plus fort; et les observations faites à la fin du dixhuitième siècle avaient paru établir la moyenne de i2<»; mais les appareils étaient alors installés dans des conditions défectueuses. La discussion approfondie de tous les documents donne à penser que la moyenne thermométrique vraie n'a pas dû varier, en France ni ailleurs en Europe, depuis quatorze ou quinze siècles (Angot, Traité de météorologie),
> Nous devons la connaissance de ces chiffres et de ceux qui vont suivre i une obligeante communication de M. Angot, le savant chef des observations météorologiques à Paris.