LA PLUIE ET LK BEAU TEMPS
Température
Quantité moyenne
moyenne.
de pluie.
Avril.. . .
Mai. . . . ,
Juin. . .
Juillet. . .
Août. . .
Septembre. . .
Octobre. . .
Novembre. . .
Décembre. . .
L'inspection de ce tableau révèle de suite ce qui fait la caractéristique du climat de la capitale : c'est que la pluie est beaucoup moins abondante dans la saison froide que dans la saison chaude. En effet, les six mois de janvier, février, mars, avril, novembre et décembre n^e donnent que 2i3 millimètres d'eau, quand les six autres mois en fournissent 332. Si la pluie était également réparde, chaque mois en verrait tomber environ 48 centimètres. A ce point de vue, on peut dire que le mois d'avril est celui qui répond le mieux à la moyenne du climat, car il reçoit &2 millimètres d'eau et sa température, de 9%9, n'est inférieure que d'un dixième de degré à la moyenne générale annuelle (10 degrés).
En tout cas, il faut que les Parisiens en prennent leur parti. Pour eux la pluie sera toujours gênante; car au lieu de se distribuer généreusement dans ces mois d'hiver, pendant lesquels il est convenu que les citadins n'attendent du ciel rien de bon, elle se plaît & réserver ses forces pour les mois d'été, c'est-à-dire ceux où l'on réclame impérieusement le droit au beau temps en vue des promenades et des exercices physiques de tout genre.
Les moyennes climatériques étant ainsi établies par des observations qui embrassent une très longue période, dirat-on qu'à Paris une année doit être regardée comme humide si la chute de pluie dépasse tant soit peu 575 millimètres, et comme froide si la température moyenne s'abaisse au-dessous de 10 degrés?
Ce serait vraiment excessif; car il ne faut pas oublier que toutes les observations comportent des erreurs inévitables. Par exemple, même pour un appareil d'une installation irréprochable, la réverbération d'un nuage peut, & un certain moment, fausser les indications du thermomètre; comme aussi un coup de vent peut diriger sur le pluviomètre une quantité d'eau excessive. Il faut donc accorder une certidoe marge de variation aux chiffres, avant de déclarer qu'une année s'écarte de la moyenne. Pour la pluie.
Li PLUIE ET LK BEAU TEMPS 43g
cette marge est de 6 à 7 pour 100. Pour la température, elle est d'environ A à 5 dixièmes de degré. Une année ne pourra donc être déclarée humide que si la quantité de pluie toaibée dépasse sensiblement 600 millimètres, et sèche que si cette quantité descend au-dessous de 535. De même, l'épi thète de froide ne conviendra que si la moyenne annuelle descend à 9%55, et celle de chaude s'appliquera si l'on dépasse lO^^^iô
Depuis cinquante ans, les plus grands écarts de température se sont produits en 1879, ob la moyenne annuelle n'a été que de 8'',1, et en 1868, où cette moyenne s'est élevée à 11%1, fait qui s'est renouvelé en 1900. La marge totale de Toscillationjatteindrait ainsi 3 degrés centigrades.
Il' est plus difficile d'indiquer la marge des variations de la pluie, parce que les observations du parc Saint-Haur, les seules qui présentent toute garantie, ne sont installées que depuis 1873. Dans cet intervalle, il y a eu un minimum de 418 millimètres en 1899, et un maximum de 753 millimètres en 1878. D'après M. Angot, on peut dire que, dans la région de Paris, le rapport entre le minimum et le maximum absolus s'approche de 2, sans l'atteindre tout à fût; autrement dit, dans l'année la plus humide il tombe & peu près deux fois plus d'eau que dans l'année la plus sèche. Le déficit ou l'excès s'élèvent alors à peu près au tiers de la valeur moyenne.
Ces chiffres, bien entendu, sont spéciaux à la région parisienne. Plus on va vers le Midi, et plus la différence entre le maximum et le minimum absolus de pluie tend à augmenter; ainsi se prépare le régime des contrées exceptionnelles, telles que ces parties de l'Inde où la pluie peut faire absolument défaut pendant une ou deux années, d'où résultent des famines calamiteuses. Hais nous n'avons pas à nous occuper ici de ce qui se passe en Inde ou dans le Sahara. C'est bien assez si nous réussissons à défink avec quelque précision les circonstances climatologiques de l'Europe, et nous nous en tiendrons là.
Les indications qui viennent d'être données pour Paris sont recueillies, avec la même précisioo, dans une foule d'observatoires, en France comme à l'étranger. On comprend sans peine le parti qu'il est possible de tirer d'un intelligent dépouillement de registres météorologiques ainsi tenus. Toutefois, la méthode n'est rigoureusement applicable que depuis le début du dix-neuvième siècle : car c'est alors seulement que les observations systématiques ont été régulièrement installées à peu près partout. C'est pourquoi la partie rigoureusement sdentifique de l'enquête de M. Brûckner est celle qui concerne les temps inaugurés en 1800.