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U PLUIE ET LE BEAU TEMPS

En discutant tous les cUfifres relatifs à cette période (qni, an moment de la publication du travail, imprimé en 1890, comprenait déj& plus de quatre-vingts ans), l'auteur reconnut qu'il s'était produit une succession de trois phases froides. La première a duré de 1806 à 1820; la seconde, de 1836 à 1850; enfin, la troisième^ caractérisée par un moindre déficit moyen, mais comportant des froids exceptionnels depuis longtemps inconnus, s'est étendue de 1871 & 1885,

Dans l'intervalle, deux périodes chaudes ont été remarquées : l'une, qui a duré de 1821 à 1835; l'autre, de 1851 i 1870. A part cette dernière, qui a embrassé vingt années, toutes les* autres périodes, chaudes ou froides, ont duré exactement quinze ans.

La distribution des pluies a subi, de son côté, des oscillations qui concordent, sinon absolument, du moins d'une façon remarquable, avec celles de la température. En efiet, trois périodes humides, de 1806 à 1825, de 18&1 à 1855, de 1871 & 1885, avec des excès de & à 10 pour 100 sur la moyenne, répondent en gros aux phases froides, tandis que deux périodes sèches, de 1826 à 18&0, et de 1851 à 1870, avec un déficit de pluie atteignant 10 pour 100, viennent faire, l'une à peu de chose près, l'autre tout à fait rigoureusement, pendant aux phases chaudes. Ici les durées des cycles ont varié de trente à trente-cinq ans.

Cet important résultat une fois établi, et cela, nous le répétons, à l'aide d'observations vraiment scientifiques, poursuivies pendant près d'un siècle, on comprend que M. Brûckner se soit préoccupé de rechercher si on ne pourrait pas l'étendre & une plus longue période, en faisant intervenir des données assurément moins exactes, mais pourtant susceptibles d'une définition indiscutable.

C'est alors qu'il lui est venu l'idée, assez naturelle de la part d'un savant suisse, de recourir à l'histoire des variations du niveaa des lacs.

Quand une nappe d'eau est privée de tout écoulement, comme c'est le cas de la mer Caspienne ou du lac d'Aral, elle constitue un pluviomètre naturel, où l'évaporation seule intervient pour empêcher le gonflement indéfini de la nappe. Dans les années pluvieuses, celle-ci reçoit un plus fort trU)ut des fleuves qui l'alimentent; et comme il n'y a aucune raison pour que, du même coup, l'évaporation devienne plus active, le niveau du lac doit nécessairement monter.

Il n'en est plus tout & fait de même quand le lac,^pareil & ceux de la Suisse, trouve & s'écouler par un émissaire fluvial. Néan^ moins, la vitesse d'écoulement, dans un canal de section limitée, ne peut pas croître instantanément. Le lac fait donc fonction d'un

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