GOUVERNEMENT
Lé gouvernement du pays est une copie exacte du système administratif chinois. Le roi a un pouvoir à peu près absolu sur ses sujets, bien qu'il soit comme l'empereur de Chine soumis aux remontrances des censeurs. Toutes les places sont données à l'examen, c'est-à-dire achetées à prix d'argent, le concours n'étant qu'une comédie. L'impôt se paye en nature et en argent dans les mains des mandarins qui en gardent la meilleure partie. La concussion et l'arbitraire régnent partout et le peuple est tailiable et corvéable à merci. Il en résulte que tout est pourri dans cet empire qui attend une réforme. L'armée est formée de mercenaires rarement payés et qui profitent de toutes les occasions possibles pour piller les habitants. Leurs armes sont encore celles d'il y a plusieurs siècles et l'on trouve, dans les forts de la côte, de vieux types de eanons se chargeant par la culasse, sans doute copiés sur d'antiques modèles chinois. La justice n'existe pas, ce n'est qu'une question d'argent, aussi le vol et l'oppression régnent en maîtres dans ce malheureux pays et y sont poussés jusqu'à leurs dernières limites. La torture est journellement appliquée dans les tribunaux avec une cruauté digne des Peaux-Rouges. Les intrigues publiques et privées empêchent toute amélioration de l'état social de l'immense masse de la population.
L'argent destiné à la réfection des routes est volé par les mandarins, aussi les grands chemins de Corée sont rares et impraticables, surtout en hiver et pendant la saison des pluies qui les transforment en fondrières.
Si la marine existait, elle permettrait, grâce à la grande étendue des côtes, de communiquer plus facilement d'une extrémité à l'autre du pays. Mais en dehors des steamers étrangers, il n'y a que de mauvaises barques dans la construction desquelles il n'entre pas un morceau de fer, étant entièrement chevillées en bois ou cousues avec des cordes. Quant aux mâts, ils sont formés par des troncs d'arbres dans leur état naturel. Aussi les pècbeurs et les marins coréens ne naviguent-ils qu'en vue des côtes et par beau
♦ le Tour du monde. Voyage en Corée de M. Varat, t. LXIII, p. 310.
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temps. Leurs frêles embarcatioBS sont k chaque tempête détruites en grand nombre quand elles sont surprises au large.
La Corée est donc restée absolument stationnaire depuis des siècles. Grâce à sa mauvaise administration, à son isolement voulu, elle a plutôt rétrogradé. qu'a^vancé dans la civilisation puisqu'elle a même perdu ses quartés d'autrefois. Dans ces conditions, elle se trouve aujourd'hui & la merci de ses puissants voisins.