‹ Le CorrespondantChapitre 96 sur 171 · W GRAND-ORIENT DE FRANCE EN J · texte numérisé non relu

W GRAND-ORIENT DE FRANCE EN J

« Mes Frères y d'écrié, dans la séance du 23 septembre da coovent de 1903, le F.*. Rabier, président de l'assemblée, mes Frères, nous ne sommes pas chargés de fûre les lois, ce sont des indications que nous donnons. » Ces « indications » paraissent cependant de plus en plus avoir la valeur d'injoncUons adressées aux pouvoirs publics, et les événements qui se succèdent avec une terrifiante rapidité démontrent que ces injonctions ne soDt jamais formulées en vain. C'est là ce qui donne un si triste intérêt aux délibérations du parlement maçonnique. ^

Le couvent de 1903 a été particulièrement verbeux ; son compterendu forme un volume de plus de AOO pages. On a bien essayé de réduire le nombre des vœux, d'étouffer les discussions trop encombrantes, d'imposer silence aux orateurs trop prolixes, on n'a pu se soustraire à l'obligadon d'entendre et d'imprimer des rapports et des discussions d'une désespérante longueur. Ce qui n'empêche pas qu'en général, quand il n'est pas question de politique oa d'anticléricalisme, on sent l'indifférence profonde de l'auditoire pour des sujets que les rapporteurs avouent avoir étudié dans les quelques heures qui leur sont données pour résumer les voeox des loges, et sans avoir eux-mêmes, la plupart du temps, ils le reconnaissent, aucune compétence. Nous serons donc contraints, pour donner une idée aussi exacte que possible de ce qu'on est convenu d'appeler « les travaux » du convent, de grouper sous certains chefs principaux les discussions qui ont eu lieu du 21 au 26 septembre.

Les travaux sont ouverts au 3* degré par le F.-. Delpeeb, président du conseil de l'ordre. L'appel est fsdt des délégués des loges dont la liste est remise à tous les membres de l'assemblée avec cette mention que « cette liste absolument personnelle peut être

L*A88Bll6Lll GÉRËRALB DU 6RÂN{H)RIB1IT DE FRANCE EH 1903 63S

redemandée à la fia du convent ». Sar cette liste sont indiquées les professions qu'exercent les délégués dans le monde profane, non cependant sans quelques réticences : un officier est qualifié de « propriétaire », et un secrétaire de mairie « homme de lettres ». Les fonctionnaires et membres de l'enseignement y figurent en nombre assez respectable. Le F.*. Delpech inflige une semonce sévère aux retarébitaires et donne la parole au F.*. Bégnicourt. Celui-ci propose une motion qu'il faut reproduire, ne fût-ce que comme échantillon du style jacobin :

« Considérant l'attitude énergique, le langage de progrès incessant, les votes de haute protestation en faveur de toutes les libertés, de notre très cher frère préadent, sénateur Delpech, qui ne cesse de semer la bonne parole, de mettre d'accord, avec persévérance, ses sentiments maçonniques et ses actes qui sont l'apanage et le monopole des grands citoyens;

« Considérant qu'avec un tel défenseur de la lumière et de la vérité, la mission de la franc-maçonnerie françsdse du Grand-Orient de France et de toutes les loges de l'obédience en particulier ne peut qu'être facilitée;

« Le convent est heureux d'adresser ses chaudes félicitations et ses remerciements au président vénéré du conseil de Tordre. »

Une triple batterie d'allégresse est tirée, et celui qui a «le monopole des actes des grands citoyens » déclare qu'il trouve le plus haut prix dans le témoignage d'estime et de confiance « d'une assemblée d'hommes libres qui ne se laissent pas émouvoir par des intérêts vulgaires ».

Immédiatement une nouvelle motion est proposée qui a pour objet d'adresser « de chaudes félicitations et de chauds encouragements au F.'. G6mbes, président du conseil des ministres de la République, afin qu'il sache bien que tous, d'un même cœur, nous le soutiendrons jusqu'au bout dans la lutte qu'il a entreprise pour abattre enfin en France la réaction cléricale et la congrégation ». Mais à un vote d'enthousiasme s'oppose le F.*. Hubbard : il faut, dit-il, accompagner cet encouragement au président du conseil « d'une indication très nette et plus complète sur la politique que nous voulons suivre et le but que nous voulons atteindre ». Le F.'. Hubbard veut qu'on n'oublie pas « la direction dominante » et qu'on invite le gouvernement « i présenter au plus tôt un projet de séparation des Eglises et de l'Etat ». Il faut « assurer le chef du gouvernement qu'il a notre sympathie », mais « lui indiquer en <c même temps que nous n'abandonnons rien de noire politique « anticoncordatûre et libératrice ». Dans la séance suivante, le F.*. Hubbard développe sa pensée non sans ampleur et avec une

6&4 LUSSEMBliS GlHtaULLE

viDlence quiproyocpie des protestations dont le compte-rendu port» de nombreuses. traoes« Nous ne saurions le suivre dans ses ^ié?eloppements tumultueux, il. âuit se borner 4 Jciter^quelguâ^^^horismes : « Nous avons Je bonJieur d'Être une assemblée qm «ccompagne la poUtique, mais.qui, heureusement, ne fait pas de politique immédiate.^. La ^ef de la marche en awnt au^ pdat .de vue sodal, , c'est la déroute de la calotte... Nous^sommes on. face d'une situation inespérée, nonsisommea on face de Ja.xongrépsaâon et dms commençons à nous mettre en faoede l'iË^se. » Notons «ortont cette phrase précieuse, à recueillir à l'heure tactnelle : <iJb demandequ'on indique netteitentque nous .voalons.la.laloisation datous les . sendces publics et qu'où vise txpressJmexit lûs Frères da la Doc^ trine chrétienne, » Cette inîenctîon est acoieillie paradas applaudissements (pli se changent mi un « iôobsnt 4Bmuke »- qoand l'orateur fait allusion à la déclaration. célèbre fde IL Combes ^snr la ;morale A l'-école laïque. C'^en^ est rtnop : « Le. F. *. Delpeoh Uoimème<monte'A la tribune .: « Vousdirêi;, s^écrie4-»ilyj»'il conviant, d'apporter unermodification^et une restrîctioii qttakonque>ài'adra8se proposée pour ce vûllant homme qu'est le président iluoons&l.^ Dans Jes conditions les plus diffidles oqu'ût jamais tsouvéea un président. duxonseil». alors que, dans son ministère mâme^ U aA sedéfendre contre, des éléments Imstilas, .abrs que, eaideheradu ministère, dans d'autres sphères, paneillfl iiestilité ae manifeste contre sa 4>olitiquaf .un .homme» chargé ponr Jac.premîère Cois, ii Tâge de soixante-huit ans, de cette burde mepcmsahilité qœ «eomporte la présidence du conseil, a entrepris, jnal^ ioutf mbo use majorité hésitante, et xéalisô danstla. mesure aAtnelIemeat porwihh», l'o&ovre de kumsation et.de^yU)飫tiDn naUonalei; il poocsuit J^ppBcation delaloi dal9Dl et lui fait produire un jésuïtm^cpiitdépMse^ de beaucoup les limibes que IL WaldecknRonsseaui l'auteur >da projet primitit,^nrait voulu luldonner. Uva^roitiBoUfbnt, antsat qu'il le peut, affirmant nettement ses projets^rait A^ BtarseUe, eeit i Tréguier, dans ummilîeu et dans des comfitionB où. tout a«ire {Résida du (Conseil .aurait peut^èti'e J9gé prudent ^de s'abstenir; la politique que nous. préconisons dans ce projet d'adpesae.n'xttt. autre que la sienne; il est parUsan de la Jiûcisatioa.de l'ioingnement et de Ja.sé^cation. des. Eglises d'avec l'Etat...; et ic'esti dans ces conditions qu'une, assemblée maçonnique manchanderait à cet honnèie. homme régression de sa «eonaidssaiiceret de wn admiration! »

Non, certes, Je convent ne marchandœa pas l'eipresmonode sa. reconnaissance, >et, à l'unanimitéi car JerF.-. Habband iietire sa. proposition, le couvent vote une^notiouiiuiseraxiommuniqtfÉe A

.DU GRIHMBIVT Dl FRèlICI EN 1903 655

la pressi^ après w(d): été portée ao piésident ia conseil par le prÀûdenl de Ua886iid[)lée ettp»r le président dncomeil deToEdiie :

« An débat de: ses itraroax, le eonvenl de ^ 4903 .aduefse ses W€8<féffiQitation8^ & Mic Qondjas^vpréiideBti dor oaiseiil

« Il lerenenne desiStnpiceviénBEiits^qtt'il ff4:eDdns i la.oaiise f6pulsicaine«l naifannlë.

« 11 Fencoucage à ponisaivre; la Téatisalion des; mesncea priitiqnes ettsoeiales.qin^sont Isk oonséqueiroe néoessake et legiqur^de nos'forinmpes démocnatiqaeB.

« n sfflrffsouteniif dans? œttenobleieotreprisepap tons les répablicaiaa einaèsesfqoi admirent sa loyaolé^. sent) énergie pa*sévérsnte •et sen^ eoncage;) »

Le< P.*. (Eoinbes répond par nnedépèxlie dontil estdonné* connaissance dans la séance dit 2i. septembiie r.«<Jei reçois^tavec bonheur ta noavdle du vote* émis par le consent; ce qui me teuoiie «particnlièrement: dans Fadresse de fiftlioitBiîons que tous m'anpei transmise^ c^ast 1- eipressioni de confiance absolue <qufeHe me témoigne; j'àii*be8ein:de cette oanfianoe pour triompher des aMaqneS'de lontgenre^oomme aussi des intrigues qui sont dirigées <xmtve' moi.' Dites bien vasx républicains «éprouvés et convaincas qui composent Je cenqrent que^ je ferai jusqu'am btmt» mon devoir, tont mon devoir tle président du* conseil républicain* Remerciea^les, Je* vons'jNeiev encmon nom, de' se fi^ à ma loyauté. J'ai pris: le ponvïlireans'peur, je le^ quitterai sans reproohesi

« Efaûle Combes, •t PHsident du ConseiL »

ic yanemblée pfofiDmâémentsânue,.ditie(CQmpteKPeodn analyu tique, étoitetdebont le téképranunet^ s Le^oomptai^ieadu ineoctemo passe >eettepartiaulamté sous sitenoe, mai5iiliajei;^.qu!une'longue salvetd'applaudissements aconeitlet celte eannnunieation dont on Hlémde^lfenvoi^ à» la presse.

Sur le» -questions dioidre* intérieur, nous résumerons le plus pessibloi las tcavau da couvent. On fiedt connaître i» rassemblée les noms des officiers nommés parle grand collège des rites, on lUomiK'leS'membres de la Ohambre^de* cassation et de lacommisflion 'd'asantance: maçonnique V oommisâon dont deazt membras vienwntrde dounerileur démission. Om élit les'Mr^officiersoiyet euEtoutiie président de. rassemblées Gelub>cii est Je F.-.Rabier, qui est nommé par 29i voix sur 802^^ votants; Le^F.*. Deipecb, en lui remettant le? maillet, accentue lasignification' de ce vote : «I La/ pact CQBsidérabie prise* par vous dans 1» lutte actuellement fingaBèBBODQlTe^les.congrégationsu»^ vous avait tout d'abord désigné

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aax suffrages de rassemblée maçonnique. >> Le F.-. Rabier confirme cette interprétation de son élection : « En m'appelant à cette présidence, vous ayez voulu récompenser l'œuvre énergique, sincère, de la commission des congrégations de la Chambre des députés; vous avez voulu nommer le rapporteur des lois sur les congrégations. Gela est évident, surtout lorsque, dans cette élection, on associe le nom de mon ami Massé qui, tout à Theure, oc'cupera le poste d'orateur. Vous avez voulu, au début de vos travaux, faire une manifestation politique qui sdt sa répercussion en dehors de cette enceinte..., vous avez voulu désigner deax députés qui, dans ces temps derniers, ont été parmi les amis les plus sûrs et les plus dévoués du ministère et en particulier do ministre de l'intérieur que vous venez d'applaudir et de féliciter. »

Non moins) significative est l'élection, à l'unanimité, comme président du conseil de l'ordre, du F.*. Lafferre. Le F.*. Lafferre, après avoir payé un juste tribut d'éloges au F.-. Delpech qai « pendant toute sa vie républicaine et maçonnique, a aimé et encouragé les bons, raffermi le courage des timides, démasqué et fait trembler les perfides », le F.\ Lafferre déclare qu'il sera a l'homme de toutes les traditions maçonniques trop souvent oubliées ». IKn'admettra pas que « la] Maçonnerie devienne je ne sais quelle annexe d'un parti politique quel qu'il soit ». fimil veut que les maçons « sachent maintenir unies toutes les f ractioas, je ne dirai pas du bloc républicain, mais du bloc libre-penseur, da bloc libéral, du bloc qui a pour principe la tolérance, mais qui est engagé aussi dans l'éternel combat contre les oppresseurs de la liberté ». Il veut « laisser la Maçonnerie à la tète de la Répobltque ». — La Maçoonerie, du reste, continuera i suivre sa tactique ordinaire qui consiste à se découvrir le moins possible.

En effet, dans la séance du 2A septembre où (le F.*. Lafferre vient de prononcer ce discours, le F.-. Delpech fait connaître qu'on a conseillé aux loges de ne pas adhérer à] un congrès politique quelconque « en leur qualité de loges », mais de se constituer en groupes politiques « à côté de l'atelier » et d'adhérer « à ce titre nouveau ».

Les élections au conseil de l'ordre ont été au couvent de 190S particulièrement laborieuses : sur onze membres nouveaux à élire deux seulement appartiennent aux loges parisiennes. Les délégués des loges de province ont été effrayés, paratt-il, des tendances socialistes des ateliers parisiens.

Notons encore l'adoption d'un vœu tendant i simplifier « le ritualisme maçonnique », et deux discussions qui sont renouvelées de Tannée précédente et qui indiquent chez certains maçons no

DU 6RAllIH)aUllT DR FRARGI RH 1903 6n

«sprit dlndépendance vis-à-vis des « traditions maçonniques ». La première a poar objet la proposition qoi avût été renvoyée à l'étude des loges et qui tendait à retirer aux membres du consdl de Tordre le droit de vote au couvent en leur laissant simplement voix consultative. Un nombre assez important de loges et le congrès des loges de la région parisienne avaient émis un avis favorable, cent soixante-quatorze loges étûent d'un avis opposé. Le couvent rejette toute modification à la constitution sur ce point, mais le F.-. Lemarcband déclare, au nom de sa loge, qu'il reprendra la proposition jusqu'à ce qu'elle soit adoptée.

Une autre proposition renouvelée du convent de 1902 est celle qui a été adoptée par le congrès des loges de la région parisienne et qui consiste à demander que « les membres du grand collège des rites ne puissent cumuler leurs fonctions avec celles de membres du conseil de l'ordre ». Elle est discutée dans la dernière séance du convent; le F.-. Mille s'en indigne et déclare que « l'ordre du jour n'est pas une solution » ; il demande le renvoi à l'étude des loges. Le F.-. Blatin, regrettant sans doute d'en avoir trop dit Tannée précédente sur cette question du grand collège des rites qui parait exciter la méfiance, le F.*. Blatin déclare que la proposition est inconstitutionnelle et qu'il n'aundt pas le temps d'expUquer pourquoi. Le F.*. Bouley répond à l'accusation de cumul que « le cumul des membres du grand collège des rites élus membres du conseil de Tordre, c'est le cumul du travail, c'est le cumul du dévouement et des sacrifices ». L'ordre du jour pur et simple est adopté, et le compte-rendu le fait smvre d'une ligne de points représentant sans doute ce qu'on appelle en style parlementaire « les paroles qui ne parviennent pas jusqu'au bureau de Tassemblée ».

C'est également une ligne de points qui tient lieu du rapport de la coamiission de propagande présenté par le F.*. Marcel Bernard. Il parait que ce rapport contient des choses qu'on n'ose pas imprimer. Le F.-. Morin présente le rapport de la commis^on de contrôle de la caisse centrale de solidarité. Il constate ^e l'actif de cette eusse est de 151,000 francs et que les cotisations versées ont été de 39,000 francs, ce qui donne, avec un impôt de 2 francs, un chiffre d'environ 20,000 adhérents pour le Grand-Orient. La conomisrion constate qu'on tente souvent « d'exploiter les senti* ments de solidarité : la majorité des secours est demandée au profit de très jeunes maçons », ce qui indique que « des profanes viennent à nous dans le but secret de se faire asiûster »; d'autre part, « il est d'anciens maçons qui se rappellent à notre bon souvenir après vingt ans d'inactivité maçonnique ». On mettra bon

6» XUMIMBbtB «MRàLB

ordre àoefi.abii8^n0'in8|ttaaiiit « dekâui^dè^la'iriefiiiiifoiiDifae dts ^postulants n.

Le F. * ..Boedet ^ntoentei aa mpport fiar Ja recoimaisflaBce'cL'atilîlè maQonmqne^. de roiq;)hûlinatt ûe ^qni jcoiisktamt à Dbliger ^dwqie loge àipayer un > impôt ispàeial poor son enÉrelîen. La «Bjorité des loges s^est ^ononeée cooaie ce'pTDJet;fil est. vrai, affinaele rapperteacé «^qu'elle n'est pas flacoaimoit delaqnestian-». LttiflonMMHRW demande 'une étude noavelle qui est ^otée. Les conoluttons Bont apposées far de F. *.* LemarchaBd, qae âa )lifiie des fiélégBàs ipsule comme employé de /poéfeclore^tftcpiL se déclare c< représentant oie loge ouvrière, .ouvckr.lui^rmème ». BUea sont oonàMUtues fpac le F. '.. iBertluiux qui déclai^-que « Ja^Uaçonnerie niest pas^eaclnûiriment mue société de seaouirs ^mutuels »« auds que « le maçonest uuisoldat qui IWre batûUe pour faire triomplier son dsapeau».!! faut citer l'arguaient développé par Je F*. Iffilhaud : « U esttrèa joUide dire que le grand .ministère Waldeck- Aousseou aifak uaclm sur les asseciatiQns au point de vue spécial de ia charité et de» établiasemenls.tiospilidier8;iil est très ^csade dire qtt'en-vertade cotte loi^ nomlnre de UqnidbOeurs judidaifies courent après ie milliaird révélé:; mais i ma petite expérience i me permet de Y(M affirmer, et Je suis convaincu que les téminents ^collaborateaiside ceiae loi auquete je rends hommage ne^ me coi^edîffont paa, que ce milikrd>eera plus invisible que les cent :miIlioas de Xhèiîse Hambert. Uakil ee retrouvera, au» moment où noua «urons & scmtenir ides Ivltes, il sera iviotorieux peu t^re une fdsrdeplus contre nousl C'est pourquoi, au point de vue (de la création. idfiastitutioDa laïques, :1e devoir de la iFcaaie^fllaçoaieiiie: est d'être ^toujonrsila pismière. n

Il importe aussi de reproduire intégralement le vœu mxvM secret maçonnique, lequel, but le rappont du F.*. Qrescent#>eai seimyé autoonsefl dei'osdre.:

a Considérant que des indiscrétions: sent «oommisaB qui iont désavanlagenaes pour les maçons, nuifiiUes.àia Alaçoanerie;

« Que des loges, pouDC0mmuniipieravec>deslogeBnœura, envoient lœrs rdoouments sons bandes à 6 £r. 05. on sens envel^tpeft ouvertes;

. a Qk le Grand -Orient \envràe des dq^mea, ie^ cnmpla^MBda con&éenliel -«nsTOuleanx; lesquels peuvent ^re ouvarls;

m Quedesâmprimés de la «région jparÎBiannejetrde laarépon ly(»naîse, contmant»des iindîcations ide jours ide ftemie, .doi demsmdeB d!i]iiÉiation^d0Si:yetsdîétudes^mbenfeentiieiesnuânB.é^ prefaaes;

(«Attendu iqueides jouimauxidd Piaris:eft de prewiace pnblient des extraits de documents avant anAme quelles loges len ^oonnaissenl;

DU GBAffi'eRfBir W nU0CI BN 1903 6S9

« Qtt'nii6i'Ift^^E<He,r£bAftrdelloBtpelHer,oirr «neîafer-

«atuNor rendant oonpte destravau des loges de Qermoiit-Fèrrand ' tcRifftut' des' •qoMtions^ nnfitiéres;

« Qtae VBtlairéeWoaipMérj VExpressiuMUi, ont pdUié, le Jt jainetil903, des extraits des rituels^ des^ IS'^ef 8<F diegrés;

r Qtiela Croix dit Languedoc a pabKê dès^ détails ctnoemaiit la wisoQ'de secours?

« Que la CRromqttede ht bonne Presse*dk pvbfié, le 2f mai f 908, «1 extrait da rapport de la commission de propagande fait an conrent'de IflOl, parle F.-. Bnart, reproduit parte Croix de MatseUle et la Fr€mt>]IRxçonnerie démasquée;-

itQtaieYAppel au peuple de nxrseiMid a publié, le 23 août 1908, d'après le document déjsosé en dépôt tégalvla fiste des membres "de kr chaasibre de cassation;

« Attendu qne la question financière' ne pourrait entrer en - Rgne dé compte» quand il s'a^ de nrettre la Maçonnerie à Tabri dies indiscrétions et que le cen«dl trouvera les ressources nécessaires ; «^ Le eonfent déicide r

« Que les commuaicationfr dirGrand-CMrient derfrontloujours ètte •envoyée» sou& pIT fermé complètement :

(c Que les loges seront tenues de se dispenser de communiquer entre- elles- par pHs* non fermés sous enveloppes;

« Que les loges qui reçoivent des* documente non fermés devront en aviser Ib conseil de f ordre, qui fera appliquer les sanctions nécessairee pour la violation du secret maçonnique. »

Que de divulgatioDsl On le voit, c'est horrible! et l'on comprend qnedes gens qui ont reçu la lumière ne trouvent aneune dépense tropeonâdériû^Ie, aucune précaution trop minutieuse, pour s%n assnrer soigneusement le monopole.

VôM mamtenant le couvent' qui va « *lé|;if&er*)». La série dtes questions relatives à Parmée s'bavre par Ta discussion de la ques- 4Soa des<>nlonnanee8 des offidere. Eln quoi concerne- t^He la Francliraç<minrie7G'e9e ce ^ue nous ne saurions expHquer. Le rapport eat présenté par le F.*. Guilltard, anden inspecteur des coIoirieB, -qur déclare que si cette questnni seprolongeitit (t eHe pourrait 'devenir imisuattedaus certains^ miSeux w. Le F.*. Gaillard « ayant ^crk- dans un journal de^provtncc'un article ice sujet, Fa quelque peo étudié; yt II- ne^ méconnatt pas qu'une solution radicale aurmt de graves conséquences au point de vue financier, car M. Ukujan ^esâne qu-il fiamdmit accorder i chaque oflBcier, pour lui temr conapte de l'enlëvement de son ordonnance, une indemnité annueRe éd 54Hy ffaancsrausaî lacommission proposct-elle de mmntenvrles orJomiances pour les officiers subahemes. Le F.*. Ferdinand

641 L'ASSBMBLftB GlNÉRiLB

Imbert estime, en effet, que les officiers sapérieurs ont de qnoi «vivre largement»! tandis qae les officiers subalternes sont «les prolétûres de l'armée ». « La république démocratique et sociale a besoin d'argent pour les écoles, pour une foule de réformes sociales devant lesquelles on recule. Il est donc superflu de payer des domestiques & des gens qui ont de quoi vivre largement, i Les offiders présents au couvent parussent goûter fort peu ce raisonnement, et l'un d'eux, qui dit « commander un fort de l'Est », s'écrie : « J'ai trente-huit ans, je sors du rang et n'ai pas de fortune, j'sd un cheval, est-ce moi qui dois le nettoyer? Qaand je rentre de l'exercice, j'ai & m'occuper de mes hommes, car je ne sois pas de ces beaux fils qui ne s'occupent ni de la nourriture, ni da logement de leurs hommes ». Le F.\ llilhaud considère qu'il ne faut pas, «au point de vue de l'armée françûse qu'il nous faut conquérir, qu'un journal pnisse dire : le couvent maçonniqne a décidé que, sous forme d'expropriation, on supprimerait les ordonnances auxquels les officiers ont droit ». Le couvent finit par adopter on vœu tendant « à la suppression complète des emplois de soldats ordonnances d'officiers et d'aumôniers, des garçons de cantines, cercles, mess d'officiers, etc. », il repousse l'allocation d'une indemnité aux offiders subalternes, et vote un article additionnel ainsi conçu : « Aucun fonctionnaire de l'Etat ne sera autorisé à employer à son service personnel un fonctionnaire subalterne. »

Relevons le vœu tendant i ce qu'on cesse de porter sur les livrets militaires la qualité d'enfant naturel et le vœu ayant poor objet, « lorsque les nécessités sociales exigeront qu'il soit fût appel & la main-d'œuvre militaire », de dédder que les ouvriers militsdres soient payés au taux <( revendiqué par les grévistes ». Le couvent, éclairé sur tous les sujets, décide la suppression des compagnies hors rang afin de protéger le commerce local par analogie avec les « indications manifestées au sujet des couvents, Bons-Pasteurs et autres. » Il renvoie à l'étude des logos le vœa relatif au mûntien des musiques militaires, celui qui a pour objet l'institution de cours complémentaires pour les illettrés. Il adopte le vœu des Amis des Hautes- Alpes ^ de Gap : « Que le port des armes soit interdit aux militaires en dehors du service commandé». Adopté aussi le vœu de la Nature et philanthropie de Loii^^ relatif « i l'affichage dans les casernes de la Déclaration des droits de l'homme et i sa reproduction sur les Uvrets nulitaires ». 1^ F.*. Morin ajoute « que les soldats devront en fsdre un bon usage*; à propos d'un vœu relatif au tableau de concours de la Légion d'honneur pour certains officiers, le F.*. Guillard nous apprend que « les Frères qui s'estiment lésés ont des représentants autorisés

DD GRARJHttlOIT DE fRAlIGE IH 1903 641

qui pourraient se fsdre Torgane de leurs doléances auprès du ministre de la guerre actuel, dont nous connaissons tous les intentions ». A propos d'un autre vœu relatif aux officiers d'administration de Tartillerie et du génie, le F.*. Deslinières fait une déclaration qui semble résumer la discussion sur les questions militaires : « Je me demande si le couvent a qualité et compétence pour trancher des questions absolument spéciales. Il me semble que nous sommes ici pour débattre des questions d'un caractère politique, d'un caractère philosophique et non pas pour nous immiscer dws des détails matériels d'adimnistration. Si nous entrons dans cette voie, nous nous éterniserons et nous nous couvrirons de ridicule. » Aussi l'ordre du jour est-il voté sur un certain nombre de vœux relatife à « l'avancement arbitraire des armuriers dans la marine » , à « la démocratisation de l'armée », à la « démocratisation du corps des officiers ».

tJn ordre d'idées dans lequel personne ne conteste la compétence du couvent c'est celui qui se réfère aux questions religieuses. Quand il s'agit d'anticléricalisme, tout le monde est d'accords N'est-ce pas le journal V Action qui, dans son numéro du 27 septembre, se félidtdt, à propos du couvent, de « l'entente entre les Trois- Points et la Défroque? » Dans la séance du 22 septembre sont adoptés les vœux relatifs à la séparation des Eglises et de l'Etat, à la dénonciation du concordat, à la suppression de l'ambassade auprès du Vatican, à la création d'infirmiers et d'infirmières Ii^ques. Sur ce dernier point la loge d'Aubenas demande qu'on emploie comme infirmiers les enfants assistés, mais « sans contrainte, ni pression administrative » ; plusieurs orateurs indstent pour qu'on poursuive la laïcisation des hôpitaux. On renouvelle le Tosu tendant à la suppression du serment judiddre et des emblèmes religieux dans les prétoires.

Le F.-. Noël, qui paraît animé d'un esprit d'acharnement particulier contre la congrégation des Sœurs d'Evron, apporte de nouveau le vœu qu'il a déjà présenté au couvent de 1902, mais cette fois « avec tous les documents, officiels » qu'il lit à la tribune. Il réclame qu'un décret soit rendu pour ordonner l'évacuation de l'établissement d'Evron qui « nous appartient »>• « La congrégation, étant autorisée, ne mourra malheureusement pas, mais elle sera considérablement réduite. » Le vœu est adopté et le F.*. Noël prie « notre très cher frère Delpech, sénateur, de fûre des démarches auprès du président du consdl, notre F.-. Combes, pour qu'il reçoive la sanction demandée. » On fait du reste observer, dans la séance du 23 septembre, que les couvents antérieurs ont déjà demandé « la suppression de toutes les congrégations ».

-w, crusiuitE^GiMnic»

Dtos hb s6u«e^^ 26^ wptembr» mt adopte^ Mr èmumdnskm

fVemme libre pr^^w à IMIes^^es loges de PnuiGe4e'voiiii^ bien- se johidre à<ellë* pora- :

(c ObBerrer asi Frères^ membres du-f asleaievt, qu'il» violeB«ilft eenstitutâon mçoBiiiqTO en' votant le* budget des^ cakes et tpov les^iiFiFher, U rk?eiur, à cmftmer lears^foles i4eiir9^DgageiiMls maçomnqHes;

« Lerinviter, m oafre, k^ pvepoaer le réttMisseomt des i(Aa de ta RépfibUqae de 1^910^ III et de Tan^^IV conoeniaot la» séparaâoff^âe i'S^liee et de rEtat et la snppresBion dabad^ deeisiiltes^evà fiâre trioDifdier soh la propomâon duF.^ Bubbard, soit celle de H. de Pf^sseasé. » — On dédde* eenlemenl de' supprimer la mention de ees^ deux projets, le F.*. Massd; ovatear, estimant'qiie la Chambre sera appelée à se prononcer sur le préfet de la commsBSÎon.

An» cours) de eette diBensBbn, il est ivtéresBant de vw le F. \ Grégoire, délégué de la logede Fbix, prendre^à partie sn mmiBtre qui a^oppose to«]<mi*S)à te séparation' des l^Iises et 'de nSfot, bien qu'il fietsse partie du ministère Combes. Le F.*. M- CABsé*, <r l(M*sqtt*il reçfnt les convocations qne^nous a^ons rUalntnde d'enyeyer à; la loge ta Prmtermié IcOme^ Orient dief ^Fcte/i «ons les •membres de cet aifeefier, le P.*. I>elcaasé dedàire à qui* waX Tentendre qu'il ii'ieBtpaB un maçon ». Be plus^ « k^ F.-. DelcMé, faît'dans TArîège une propagande aobamée (xynrtne noife F.*. Npecb ». Aussi le F.\ Grégoire prepoae <r afin 'de donner une ItçoD au F1-. Delcaesé, que nnns aiFons-en tain' eesayé* de eha98m''4e cfaev nous » , de déetarer que « les maçons^ membues du- Puteomst, alors même qu'ils serment ministères, ont forMt i rbonneur Ab1& Franc-Maçonnerie en votant contre la séparation dés EgKees^de TEtat ». Le F.*. Rabinr, présidât, demande^ av F.-. Grtgoire <c de ne pas insister », et le F.^ Grégoire^ dftMk'ent, n^insiste ]^*

La question de renaeignement n'est pas 'OutiBée.

Les* votée antlriears sur ^attribution & 11)tat db monopoin de renseignement sent nçpelést snr' la propoaliàdn des^ ErtfmiH^ie Mars, de PhiHppeVîlfe, etàe la* Tripùs ummet^mitif de Vaiiw. IM' nombre important 'de vœux qui se^raitacbenf i^Fienseignemsit sont raq>portés dans la^ sémice du 29 septembre. Le rappoFtetfi considi^ant que ces vœux se ractivehent it des qmetions « sur lesquelles i! n'y a paa de discusàon* pos^ble^ w^ prc^me db les renvoyer toue au coneeil de Kordte qui' verra quels sont> eeu <iu*fl est mile de soumettre^ l'étude d!ss loges. De ce nombre sont les vœux en ftcveur « d^un projet de loi dane le^sensle phts abmla

ou 6RAll0«(milIT^I»irftffil6Ki|N 1S03 SU*

de la^apiématîe -laïque », «n ^vear es «ila netitsalîté BcafaûiBiii , en 'faveur >â^im projet 'de Id Kc^iaterdÎBaBt irenee^ement ii tant coQgrëgâiiÎBle^avaDt on <dékâ ide Ginqisui8''depuietBajeatfée dans :1a YÎB'^civile »; Un y^Bti dnaportont ieBt>.Gëlm relatif ««jan iretèvement sérienx et rstionnet du^tiaiiement dos iosâtnteinB ». La:parcimmie avec laquelle on traite les instituteurs est^ d'^aprës le rapporteur, l^oanse'deila'péiiunetdes candidats BnxjéeolesjiQnnales primaÎBes^ Vf &tt<bait'«jouter aussi, 'povr être ooaqslat, la situation .qui leur esttf'aito par Ia»t;rannie des pdificieiis au 'pouvoir. Nous secions akrrs tâ'«coord avec 'le rappovtenr qui oonstataïquSon •« oonvvade flemars^» iles^instituteufs ^ettqnetcependant l)eaiBOoap?8enréroltttBt : «^'Presque tous, tntmtdez-le bkn^ «ecommandentà leurs en&nts, ' àdeors. élèves, 4)e ne >pas entrer dans une casndère ofa Uon demande tout/oi^réuidoBnesi {)eo. Voilà poinrquoi^ mes Frères, le noudnre des «candidats am écoles normales 'diannue d^année en année. ^, prenes^ygavâe^ voilà mn grand danger^ entrés grand danger qu'if fout "conjuper à tout prix, d

ttfo couvent ^de 1902, on avait ^envo^é aux loges onie propontion ten<fauart à dédarer déHt maçonnique au premîendegrè, le éat ((^^onr^un maçon, directeur •d'^éodela&iue, d^obliger<ouideMlérer que ' sesadjoints conduisent les enfants atlx offisestde «quelque cuite que t^^ soit >»^ >La majorité a été ccontraôre, -et la oommioBion demande seulement ^que le oonsàl de l'ordre lasse des démarches anpiiteiAi gouvernement pour faire «Kéooter les lois et règlements à'HMTt "égards « partiouBèrement la demîèce«dponlaira<Ofaaumié'», interâ^saont aux instituteorB publics de vconduice fleurs ^èves aux ex6i:cicea>du^ouhe.

Cette quesnion ren amène «ne autve renoovdéie desiprécédents convems.Jl s^gitde la proposition xlemodificatxm .à U'artiole 275^ de^lat^offStîtntion .i on ^considérerait' « comme d^t^maçonniquele Caiit «d'envoyer «es enfants iou poplles 'dans une école congréganiâte ». Le rapporteur ^uge icque^a déUctaositémner^créée serait en.opposkion avec lepvincipe^ela liiiertéabsohietdecoBsmenoe»; on peut seulement souhaiter que « chaque maçon S6;iibèreide tout . dogme il'ane leli^on ré^rélée », et dlidMeurs ce bc dÎBpsrition«£e Tenseigiiement oongriganiste >» fera disparaître ïausstiatjuestioii. \J& Wr: iious8BiKdq[^Bd qu^ peut yvarvoir ides ciromstances partifiÉlières'qQi>sïnipo8ent;Je^F.^. Dyvrande 'veut qu!on* en ilsôsse raiqpv6cisâoQ 4ichaque rioge. Le F.*. iMiUe fait «cette observation l)lfln . algiâficative : ^ On nons propose toujours de nuAstenir Tàstible 4** de* laiooaelitoiion ; puiequlon ^litmit de veepect ponr œt aciidey pourqwi^eoi^'ti^on'mcdaK.pemr d'article' t^, qui idît : hLsb «iHtaBC^maçons is'intdniiseot tous débatsrîsar ks:«cles de l^^mle-

eu L'ÂaSEMBLÉI 6ÉNÈRALK

c( rite civile et toate intervention maçonnique dans les lattes des « partis politiques. » Nous violons cet article constamment^ je ne vois pas pourquoi nous avons tant d'attentions pour Tartide 1*'. » Sur l'observation du F.*. Rabier on s'en réfère an vote de 1899 qui déclare que, « dans certaines circonstances », l'intentioa délictueuse peut ne pas exister.

. Cette irritante question est reprise sous une nouvelle forme à propos du vœu du congrès des loges de la région pariûenne: « Tout maçon convaincu de se livrer à des pratiques cultuelles, soit lui-même, soit pour ses enfants mineurs, ne pourra ètreof&ôer desaloge,nilareprâenterdans aucune manifestation maçonnique.» Le rapporteur pense que ce vœu serait encore une violation de l'article 1*' et que toute loge est libre d'imposer cette obligation par son règlement; c'est ce que fait la loge Union de BellevilU. Il y a lieu de rappeler simplement aux maçons d'avoir à conformer leur conduite privée et publique à leurs opinions philosophiques et politiques. Le F.*. Mille proteste contre le mauvais exemple que donnent aux profanes le^ élus des loges en faisant élever leurs enfants dans un établissement congréganiste. Le F.*. Thiébaod demande qu'on exige de tout profane admis aux épreuves de l'initiation l'engagement formel « de ne se livrer ni pour luimême, ni pour aucun des siens à des pratiques cultuelles », sous peine d'avoir à donner sa démission. Le F.-. Souchet constate que « pour la facilité du recrutement, on lusse, dans certaines régions, la latitude à certains maçons de se livrer à des pratiques cultuelles qui sont l'expression de leurs opinions philosophiques ». Notre loi est trop élastique, dit-il, et il ajoute que « des maçons qm occupent de hautes situations dans la Maçonnerie se livrent à des pratiques cultuelles, soit par eux-mêmes, soit par des personnes qui les touchent de très près, et qu'ils sont encoursigés par ceux qui auraient le devoir de les en détourner » . On renyoie pour une nouvelle rédaction à la commission qui persiste à rejeter tout vœu qui porterait atteinte à l'article 1*' de bi constitution et à l'autonomie des loges.

Le débat se rouvre et la discussion s'envenime. Qu'est-ce donc que cet article 1*'7 dit le F.-. Mayoux. Il est ainsi conçu : « U Franc-Maçonnerie a pour principes la tolérance mutuelle* le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. » Qft il n'est pas question de culte. « Nous disons qu'un franc-maçon peut être matérialiste, oui; qu'il peut être positiviste, om; qu'il peut être déiste, spiritualiste, oui; mais qu'il soit catholique, protestant ou juif, jamûs, jamais, jamais. (Applaudissements.) Je sais Uen que, dans les siècles passés, il y a eu des curés qui faisaient partie

DU GRANlhOlUElIT DE FRAHCE EN 1903 645

de la Eranc-Haçonneriet je sais bien qu'encore anjoard*hui la Franc- Maçonnerie élève à ses pins hantes fonctions des dignitaires des églises protestantes et juives, mais cela, mes frères, c'est le passé. » Et le F.\ Hayonx, qui semble avoir pour lui la logique, veut qu'on donne « à l'institution maçonnique une orientation nettement hostile aux dogmes des religions révélées ». Le F.*. Bédarride s'élève contre la réglementation à outrance : « Les Frères qoi, par purisme et par intransigeance, veulent Eure ces réglementations, ne réfléchissent pas que souvent, dans les petits orients, le recrutement serait complètement entravé. » Faut-il donc, s'écrie un autre orateur, qu'il y ait de nos Frères « qui veuillent détruire un peu plus, chaque jour, l'esprit de liberté, qui veuillent cadenasser les consciences? » Avant d'obliger les autres à laïciser leur famille, il serait bon qu'on se laïdsàt soi-même. A ce Frère, « venu du catholicisme pur », il a fallu quatorze années pour arriver à la libération de son esprit et pour arriver, par la persuasion, à ce que sa femme ne fit point baptiser son enfant. 11 est un « défroqué, non d'habit, mais d'intelligence i>, et il veut instruire ceux qui viennent à la Maçonnerie, non les contraindre. Le F.*. Bédarride a raison : (c Dans les petites loges, il y a des circonstances de lieu, de famille, de commerce^ qu'il ne faut pas oublier. » — « Gomment, réplique le F.-. Emile Chauvin, nous dirions qu'on peut être à la fois francmaçon et clérical pratiquant! » On ne peut concevoir la Blaçonnerie que comme « l'affirmation puissante de la souveraineté de la riûson humaine et la négation de l'absurdité des dogmes. » La discussion menace de s'éterniser; deux Frères facétieux ont même déposé une motion déclarant que tous ceux qui auront été baptisés, qui auront fait leur première communion, ou se seront mariés religieusement, ne pourront être ou devenir francs-maçons i>, ce qui permet au F.\ Rabier de dire : « Si nous votons cette proposition, il ne restera plus personne ici. » C'est alors que le F*-. Delpech, président du conseil de l'ordre, demande la parole.

Il constate que la question a une importance capitale et que l'existence de la Franc-Maçonnerie dépend du rejet de la proposition. Le principe de la Franc-Maçonnerie est en effet la liberté de pensée et de conscience. <« Lorsqu'un profane se présente à l'initiation, il vous appartient d'examiner ce qu'il vaut au point de vue intellectuel et moral et quelle valeur il vous apporte. A-t-il un culte religieux? S'il vous répond qu'il pratique la religion catholique, vous n'avez pas à aller plus loin, vous êtes fixés; le dogme catholique étant d'ordre étroit, exclusif, opposé par définition à toute tolérance et à l'esprit d'examen, votre homme est jagé, il n'a rien à faire chez nous... Si le profane déclare appartenir à la religion 25 FévBiBR 1904. 42

646 « Ii'AflSIMBLBI GOÇftàU

protestante, israélitet muaolmane oa bouddhiste, tous lu demandei s'il est pratiquant. Il en est qui répondent affirmativement. Il vous reste une troiûëme question à lui poser. Comment entend-il la tolérance, ou plutôt la liberté de penser? Se croit-il en possession de la vérité absolue? Si ses réponses vous permettent de croire qa'il est étroitement inféodé à un dogme religieux, vous n'hé^tei pas à repousser sa candidature. » La Franc- Maçonnerie prodame ainsi le droit de penser librement et c'est pour cela « qu'il lu appartient de jouer un grand rôle moral à l'heure où s'annonce la déb&cle des religions dogmatiques. Les dieux se meurent : les populations, enfin désabusées, sont contraintes de reconnaître, à la lumière des]{faits certûns, que les dieux, pas plus le Christ que Bouddha ou Mahomet, n'ont tenu les promesses fûtes aux humanités par leurs prêtres. » Et, après ces blasphèmes réédités de son discours du couvent de 1902, le F.*. Delpech se demande qui va offrir à l'humanité les nouveaux guides dont elle a besoin? « C'est aux hommes tels que nous, aux hommes libérés, que revient cette mission, et, après avoir contribué à abattre les temples ob s'opérait l'œuvre de compression, nous devons faire métier d'éducateurs en apprenant l'usage de la liberté et le respect des droits sacrés aux individus qui l'ignorent. » Nous devons donc pratiquer « le respect scrupuleux de ce droit ». — • « Allez- vous donc, continue^t41, élaborer un dogme maçonnique? Allez-vous interdire l'accès de nos temples aux protestants restés fidèles au culte de leurs ancêtres..., aux descendants de ceux-là mêmes qui ont fondé l'association maçonnique pour nous donner la liberté de penser? » Et, prenant exemple de ce qui s'est passé dans l'intimité de sa vie de famille, le F.\ Delpech proclame que « des nécessités domestiques » peuvent imposer « de pénibles concessions ». — « Demain vous discuterez les nuances politiques; vous aurez la prétention d'imposer au profane un programme étroit dont la formule aura été donnée par un aréopage de prophètes... Selon que voua aurez voté pour ou contre la proposition qui fidt l'objet de ce débat, voos aurez fortifié l'édifice maçonnique on préparé sa ruine. »

C'est en vain que le F.*. Emile Chauvin apporte rex{nreasion ic de sa protestation et de sa consternation » ; c'est en vain que le F.*. Mille raj^Ue que le couvent exige, depuis quelques années, que les meoibres du conseil de l'ordre prennent l'engagement de se faire enterrer civilœient, le couvent, par 1S7 voix contre 9^, adopte l'ordre du jour, repoussant ainsi toutes les propositions, y compris celle du F.\ Girod qui demande l'interdiction pour tons les maçons de participer à des cérémonies religieuses ou cultuelles.

Le couvent tient ansa à faire une large place aux questioas

DD OaARIKffilBIT BB fUMCS EN 1903 Wl

'«>dales, aa mdns e& apparence, car le rapporteur de la conunbtàxm des études politiques et sociales constate que ses membres ont pfais de bonne volonté que de connaissance des sujets : « Noos sommes charge, par exemple, de résoudre la question sociale -entre le lundi après-midi et le mercredi matin; bous y éprouyons quelque difl&euhé. » .

Gela n'empècbe pas la commission de présenter des rapports su: les sujets les pli^ Taiiés, rapports qui aboutissent à des discussims ibrt confuses. C'est idnsi que pour lutter « contre des adversaires fortement or^nisés », on vote le principe de la création d'un <rffioe du travail maçonnique dont le projet sera élaboré par le . conseil de Tordre; qu'on émet des vcbuz en faveur de la réglementation du travail des femmes et des enfants. On étudie « Tezamm des moyens susceptibles d'assurer l'exploitation des monopoles par les travailleurs eux-mêmes ». On préconise à ce propos les mesures prises par « des hommes dont la maçonnerie peut s'enorgueillir », les F.*. Millerand et Pelletan; le F.-. Ferdinand Imbert déclare À ce sujet qu'il faut faire « l'économie du sang des bourgeois » et ^dder l'expropriation de la propriété avec indemnité. On adopte des comcIuaBons tendant à confier aux assodations ouvrières de production l'exploitation des monopoles de l'Etat, des départements, des coouranes. La question des logements insalubres est renvoyée à l'étude des loges, celle de la participation des ouvriers «ui bénéfices aboutit à une série de vœux plus ou moins vagues. La question de l'élévation des salaires des ouvriers fera l'objet d'une «ntenle internationale. On décide enfin de renvoyer à la ^coramisàon de propagande la proposition d'impression du code du travail par le F.*. Crroussier. La question des rapports entre le -capital et le travidl est renvoyée de nouveau à l'étude des loges.

La compétence du couvent eet universelle. Dans la séanoe du 2S septembre il renvoie à l'étude du conseil de l'ordre, avec « des avis extrêmement bienveillants » de sa commisMon, une série de voeux tendant à la démocratisation du jury, à la suppression du ^serment judidwe, à la suppression du monopole des avocats. Dans la dernière séanoe, le F.-. Soucbet réclame la justice gramine et se plaint du nouveau tarif des frais : « comme réforme on ■avoutfa que c'est raté ».

Les questions algériennes sont renvoyées au prochain couvent •matgré la protestation des délégués algéiiens qui ont voté ce renvoi pour la «quatrième fob « la mort dans l'àme ». La question de la •rto'ganisatlon des coloniios a été l'objet d'une consultation des loges dont le rapporteur déclare les résultats insignifiants; aussi se ^tntne-irU i dépomller les aris parvenus sur chaque point et les

m UÂSSKMBLtB GtRÉBÂLB

vœux émis paraissent laisser rassemblée fort indifférente. Les seuls discours prononcés se réfèrent naturellement k la question anticléricale. Un Frère* qui a été dix-sept ans dans l'Indo-Ctùne comme fonctionnaire et qui « a peiné et souffert pour la caase maçonnique », nous raconte des histoires « qu'il pourrût appder histoires de brigands, car il s'agit des missionnaires ». L'adversûre de la Maçonnerie en Extrême-Orient a c'est la mission », car « nos colonies sont devenues le dépotoir des déjections cléricales», et a c'est le missionnaire qui est le maître ». On dira : « Hais vous avez eu là- bas des maçons, vous avez eu le F.*. Lanessan, membre du conseil de Tordre, vous avez eu le F.*. Doumer, vous avez ea le F.-. Beau, vous avez eu le F.\ Deloncle, député nouvellement élu. » Hûs a ces Frères haut placés sont parfois esclaves de leurs bureaux, tout aussi bien que certains ministres en France. U faudrait que le conseil qui nous dirige puisse, à un moment donné, leur faire des remontrances comme il en fait aux loges et aux simples maçons. Ces Frères devraient d'abord, lorsqu'ils viennent là-bas, nous faire visite. Le F.\ Doumer est venu et a donné pour le congrès international une somme très forte..., mais le F.-. Beaa n'a pas cru devoir faire visite à notre loge » . Cette loge cependant mérite des égards, car elle a fourni « un travail considérable an F.-. Lafferre sur la situation des biens des misdons ». — On voit de quelle source émanent les attaques contre les missionnaires. — Le F.*, tonkinois ajoute qu'il a été frappé pour des « articles de combat qui ont été reproduits par iBiHaison et par Y Action. » Le F.*. Broosmiche, pharmacien dans le monde profane, confirme les dires dn précédent orateur au sujet de l'influence pernicieuse des nûssions, mais il défend le F. - . Beau qui est venu à sa loge et « nous a assurés qu'il nous suivrait dans toute espèce de circonstances ». Le F.'. Girod se plaint aussi de « la mainmise du clergé sur tout notre empire colonisîl ». Il faut se débarrasser de toute influence cléricale et quant à lui, s'il était ministre, il n'hésiterait pas à relever de ses fonctions tout gouverneur qui reconnaîtrait aller à la messe. Le mal vient de ce qu'il y a au nûnistère des colonies « de très vieox ferments de cléricalisme ». Tontes les expéditions coloniales sont faites u à cause de l'influence catholique ». — « Il faut en finir ». Aussi le convent émet des vœax tendant à « la suprématie absolue du pouvoir civil aux colonies », et à ce que tontes les dispositions relatives aux congrégations soient applicables aux colonies, toutes les congrégations enseignantes devant disparaître. Quant anx Frères frappés par les cléricaux, le F.-. Gordier déclare qu'on a voulu faire une démarche en faveur de l'un d'eux, mais, & l'époque du convent, les chefs de service des nûnistères sont absents; ne

DU 6EàNIH)RIlllT DE FRàlICE fil 1903 eii

ponrndt-on constitaer une comimsdon permaDente poar défendre les Frères menacés? Cette commission existe au Grand-(Ment, répond sévèrement le F.*, préddent, c'est le boreau da consdl de Tordre « qm est chargé de recevoir toutes les réclamations ». .

Il fout signaler encore le rapport concernant « l'élaboration d'un code de la paix » . Ce code serait peut-être « hypothétique i», dit le rapporteur, mais la commission propose un vœu. N'est-ce pas la Maçonnerie qui a répandu les idées de paix et d'arbitrage par l'intermédiare de llassolt d'Henri Brisson et de Jean llacé? Il &ut avouer que la Blaçonnerie a été mal récompensée. Qu'a fait l'Allemagnot qu'a fait l'Italiet « malgré ses efforts pour constituer ^l'unité italienne? « « Nos adversaires agitent cette question », et on peut lire « dans la bien pensante Hevue des Deux Mondes^ par exemple, des articles, d'ailleurs instructifs et documentés, écrits par des réactionnaires pour rappeler cette histoire, on peut constater qu'il n'y a pas assez de sarcasmes et de ndlleries pour rabaisser l'œuvre padfique de la Maçonnerie et qu'on se fait contre nous une arme singulièrement terrible de l'inanité de nos efforts » . Il n'importe : « la suppression de la guerre est une nécessité », le c mouvement socialiste international » aidera à résoudre la question posée par la Conférence de la Haye qm a déjà jHroduit d'excellents résultats. Il faut aider à ce mouvement pacificateur. Il faut de plus apprendre k la jeunesse à considérer « les agissements militaristes de notre histdre pour ce qu'ils valent » et montrer aux enfants à devenir des hommes en devenant mdlleurs et non « en assassinant et en égorgeant ». Le F.-. Emile Chauvin propose la formule adoptée pur le congrès de la paix de Rouenet d'après laquelle, dans chaque pays, le Parlement doit inviter le gouvernement k s'entendre avec les ' autres gouvernements pour réduire les armements et pour rédiger un projet de codification du droit international. De plus, les vœux de la commission tendent à propager les idées d'arbitrage, invitent le gouvernement à conclure des traités d'arbitrage international et à £sdre dans l'enseignement une propagande « en faveur de la paix contre le césarisme historique ». On devra a substituer aux andens manuels d'histoire militariste de nouveaux textes animés de l'esprit démocratique et humanitaire ».

Ces idées sont hautement approuvées par le F.*. Hubbard, qui a vu le congrès de Rouen rendre hommage « à l'attitude des francs- maçons dans cette question ». A ce congrès les délégués allemands sont venus « avec une très grande bonne foi et une grande loyauté », et dans la question de l' Alsace-Lorraine on a procédé avec prudence et « pacifisme ». On s'est borné à prendre acte avec « intérêt, bienveillance et satisfaction », de la création

1^450 UASfiOlBfitB «tnb^LI

IL à Mmûch d'cme ligue franco-allemaïkle « ayant pour objet d'^tadier rie n^mcbement 4es deux peuples ». «c Noue, Français, iMms n'avons qu'à attendre à cet égard l'effort de nos amis de l'extérieur », et à nous servir « de l'autorité morale que nous ayeis conquise sur le gon¥emement île œ pays ». Du reste, le coDgrës de la paix aura lien l'année suivante, à Saint-I/)ub, où « le mouvement très vif qui aura lieu et la visite possible du Président de la Répviblique (encore un voyage) I nous donneront peut-être l'oocasion de voir les Américains se départir de cette austérité dfiste quils ont prise sur la question du grand architecte de l'univeis ». Enfin nous ne devons pas omettre la délibération relative à la question renvoyée en 1902 à l'étude des loges : « Etude des moyoïs pratiques et d^ formes par lesquels ht femme pourra désonmis devenir ^ecdvement la collaboratrice des travaux de la Maçonnerie. » Le F.'. Grescent, délégué de V Asile du sage^ constate dans son rapport que toutes les loges sont d'accord pour reoonnattre qu'il &ut opposa à la femme <c nourrie d'idées fiansses et de superstitions ridicules », une fraime « édaîrée par nos doctrines et éloignée & jamais de l'Egltee ». Il nie que ce soient les loges paii^nnes qui « s'adnmaent » & fsûre adKmtir cette quesdon. L'ensemble des loges s'est prononcé contre l'admission de la femme et même contre les relations offioidles avec le Shoit Aumata. Hais ce n'est pas i cause des scandales qu'on a iait prévoir, ai parce que les femmes seraient « incapables d'observer la loi da silence », c'est parce que « l'état mental de la feonne ne peroKt pas encore de lui ouvrir toutes grandes les portes de notre institution » . Seulement « il &ut en tirer le meilleur parti possible », pour la propagation de nos idées, les lui inculquer peu i peu, et « la reprendre à l'Eglise ». Il faut laisser la généreuse initiative da Droit humain se développer et permettre aux maçons d'asmsteri ses tenues.

Telles sont les conclusions de la commission, et la ^Bscosakm qui suit ne fait que reproduire les arguments déjà développés an couvent de 1902. Une nouvelle proposition est senleoient Csdteqoi consisterait à lidsser & chacun des ateliers la faculté d'admettra les femmes à l'initiation. On constate du reste que, malgré les circulaires du Grand*Orient, beaucoup de maçons vont déjà dans les loges du Droit humain : lidssera-t*oa le Droit humain accaparer les femnes? La discussion, fort longue et très animée, se iwàs» par TadK^tion, par 183 voix contre 104, des conclusions de la commis^n. Les femmes ne pourront donc être admises « poor l'instant » dans les toges du Grand-Orient. Hais Tapp(nrtera-'^on la circulaire qui interdit la Mquetflation des loges nûxtest Le

DU GRANiMiiflir 01 nKÉia m xm est

F.*» Laflferre, aa nom da couadl de Tordre, esaiye d'esqocrer one sotation catégorique et de bii résorver un dnni de veiù^ mais le conveBt, « à une grande majorité », dédde formelleineBl que les Frires du Gmnd-Ofîeot « auront le droit d'aller visiter la» loges miites ». C'était le résatet qne beanoonp désiraient avant tout obtenir. On voit, en effet, dans la séance da 25 septembre, qne le F.'. GoUn porévoit qn'nn certain nondore de dtiégués vont profiter de lenr p^teence à Paris ponr aller visiter les loges mixtieB; il demande qu'on les prévienne d'avoir à évitear de donner « le mot de sraiestre » que ces loges doivent ignorer. Voilà déjà les ineon^ vénients d'une première vicUnre féministe qui se font sentir.

L'beore est venne des discours. Le F.*. Massé, orateur de l'assemblée, prononce le discours de dôlore qui, cette année, a para dans les journaux proihnes. Noos ne l'analyserons donc pas en détail. Le F.-., liasse rappdle qu'an conveit de 1898, comme rapporteur de la commission de propagande, il a affirmé que «c la Haçonnorie avidt pour devmr impérieux de se mêler chaque jomr davantage aux luttes politiques et profanes ». « Dans le succès remporté, il revient une large part à la Franc-llaçonnerie », car c'est (( son esprit, son programme, sa méthode qui ont trioaq[)hé ». L'orateur rappdle la lutte pour la « justice ^ la vérité », dont le couvent de 1898 a, pour les maçons, été le signal. Il rappelle la lutte contre le cléricalisme. Si le Uoc a pu se constituer, c'est grâce à la Maçonnerie et à la discipline apprise dans les loges. Il nie qne la Maçonnerie soit un parti politique, mais die a un pr^ granime, « l'affraneltissement complet de la pensée ». Une partie senlement de ce programme vient d'être appliquée : il fout mainte*nant soustraire à la donûnation de l'Eglise « les jeunes inteffigences ». La séparation de l'Eglise et de l'Etat, une loi sur l'enseignement, tdles sont les mesures qu'il font réclamer : « Ayons foi dans la parole de notre F.-. Combes. » Et le F.*. Massé, raj^pelaat que c'est la Maçonnerie qui « a mis sous le maillet, dans ses loges », toutes Iss propositions qui, devenues des lois, sont « l'hiNinrar de notre troisième République », le F.\ Massé réédite un mot fomeux et souhaite que la République soit véritaUemeot la Franc-Maçonnerie à découvert, de même que « depuis longtemps » la Franc-Maçonnme « n'est antre chose que la République à couvert ».

Le banquet est ausû, comme le veut la traditiout l'occasion dlmportants discours. Le F.*. Rainer, présidait de l'assenddéev porte la santé de M. Loubet. Il y a droit comme preouer mag^trat de la République, il y a droit aussi comme citoyen, « et je tienSt dit le F.'. Rahier, à le dire bien haut à l'heure €à M. Loubet est

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peut-être pins attaqué qu'il ne conyient. Nous ue saurions oublier qu'il est Téln des reprâentants de la démocratie républicaine et que le diminuer, c'est diminuer la valeur de notre choix. Et A parfois son attitude a pu lui valoir les félicitations intéressées de nos adversures, nous n'avons pas le droit de lui en faire gritf, nous ne pouvons et nous ne devons que nous souvenir de sa fermeté dans les drconstances graves. Nous l'aurons toujours avec nous dans la lutte pour la République ». Le F. \ Rabier dit aussi « l'affection profonde qu'il porte au citoyen si simple, si affable et si bon qu'est notre F.*. Combes, qui n'a accepté le pouvoir que pour accomplir sa tâche de bon républicun et de bon maçon. Ce que le F.-. Combes fût dans les conseils du gouvernement.., notre F.-. Delpech l'accomplirait de même, l'accomplira, dirû-je, le jour où on fera appel à son dévpuement ». Le F.-. Rabier termine en constatant que « les Frères affluent de plus en pins-nombreux dans nos temples, quelque difficile qu'en puisse être l'accès ».

Le F.-. Morin félicite le président du couvent d'avoir été éla « président d'une des plus grandes assemblées philosophiques, morales et politiques qui soient au monde », et il confond dans le même éloge le F.\ Massé qui s'est illustré, lui aussi, par « son éner^que intervention dans le débat relatif aux congrégations ».

Hais ce qu'il faut surtout signaler, c'est le discours du F.-. Lafferre, président du conseil de l'ordre, parce qu'il porte l'empreinte de cette conviction que la Maçonnerie constitue désormsûs le pouvoir suprême du pays : « Il est certainement très doux, s'écriet-il, de regarder autour de soi, de s'applaudir des résultats obtenus avec le concours de la Maçonnerie, d'applandh* la République triomphante, d'envoyer des ordres du jour au ministère, et de recevoir de lui des télégrammes qui indiquent quelle grande place nous occupons aujourd'hui dans la République. » Msds il faurqne les maçons aient le sentiment de la responsabilité qui leur incombe; il faut se grouper et préparer « par la République à couvert la République à découvert, telle qu'elle nous apparaît dans la formation du bloc maçonnique et du bloc républicain qui soutient en ce moment le ministère d'action républicaine ».

La fin du discours est à citer : a Non, mes Frères, nous ne sommes pas un syndicat d'intérêts, nous soumies une grande force morale, nous sommes la conscience du pays se reflétant ici, dans le couvent; nous sommes chaque année la cloche qui sonne ou le glas de mort pour un ministère qui n'a pas fait son devoir et qui a trahi la République, ou le réconfort dont il a besoin, et vient lui dire à une heure solennelle : « Je viens t'apporter la parole du pays, je viens t'apporter son apprédation, je viens te dire ce que

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le pays pense de toi, je viens te donner le satisfecit dont tu as besoin, ou t^nfliger le blâme qui sera suivi demain de ta chate. »

«r NoQS avons donné au ministère Combes le réconfort, gardonsle-lui* mes frères, restons unis; tâchons de rester des maçons jusqu'au bout. Nous avons besoin de vigilance ; nous avons besoin surtout de cette confiance mutuelle dont sont faits les rapports entre maçons; elle nous est indispensable si nous voulons mener à bien l'œuvre qui n'est pas encore achevée.

« Cette œuvre, vous la* connaissez... La lutte anticléricale continue : il faut que, d'une main vigoureuse, d'un balai vigoureux, permettez-moi cette expression énergique, la République se débiurasse des congrégations, qui sont la puissance d'oppression de la liberté individuelle. 11 ne faut pas que les cléricaux ûent crié pour rien; il ne faut pas qu'ils étalent leurs colères et leurs rancunes parce qu'on leur a supprimé un dixième de leur effectif; H ne faut pas qu'après les scènes qui se sont passées en Bretagne et les injures dont a été couvert le président du conseil, une association puissante comme les Frères de la Doctrine chrétienne, avec ses dix mille écoles, ses deux cent mille élèves, puisse encore braver la démocratie et bénéficier de l'honneur, qu'elle ne mérite pas, d'être incorporée depuis 1806 dans rUaiversité; il né faut pas que les cléricaux se plaignent pour rien : vous avez l'obligation stricte de légitimer leurs plaintes .

ce Rappelez- vous- le bien, le système des petits paquets est toujours funeste, dans les affaires politiques comme dans les affaires militaires; il faut en finir d'un seul coup, car ceux que nous frappons se plaignent d'une façon aussi horrible quand on les pique de la pointe d'une épingle que quand on manie le bistouri. Il faut donc en finir; c'est à cette œuvre que nous nous attacherons, mes Frères, avec le concours de tous les maçons du Parlement. »

C'est le cri de la haine, c'est le chant de triomphe des jacobins que nous venons d'entendre. Ils sont au pouvoir et ils s'en gantent : le devoir est tout tracé pour ceux qui ne peuvent se réégner à la ruine de la liberté et bientôt de la patrie elle-même.

Paul Nourrisson.

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