‹ Le corrupteurChapitre 53 sur 115 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

Aux gymnases d'esprit, quel vainqueur! quel géant! Nos principes moraux, pour lui qu'est» cei^- un néant.

NOR VILLK.- ^ ''^ r!T^;r.';

Quelque peu qu'en effet cette famille vaille,

On l'estime; à m'y joindre il faut que je travaille.

L'opinion est reine, on risque à la braver.

L opmion n est rien : j ai su vous le prouver. Elle me traite mal sans me mettre à la gêne ; Cynique à son égard, je suis... un Diogène.

IVOR VILLE

Libre à toi.

PRU d' HOI^IME.

Vous , monsieur , vous , du reste si Ibrt , Vous vous battez pour elle , et c'est en vous un tort : Se battre pour l'honneur c'est trahir notre secte.

NOR VTLLF,

Celui qui se bat bien , le monde le respecte. Fût -il méchant, ingrat, pour tel au fond prisé, S'il sait tuer son homme il n'est point accusé.

prup'homme.

Votre dernier duel vous porta préjudice.

NORVILLE.

Je saurai des caquets réprimer la malice.

J'ai , quand mourut Damon , contraire à mes dos^eia^ ,

De ma dette repris l'acte mis dans tes mains.....

prud'homme..

Le bon lot !...

NORVILLE.

Fi!... de tout j'ai consigné le gage : Des enfans de Damon c'est le propre hérilage :

Un notaire , en leur nom , tient mes paiemens tout faits.

Ai -je besoin d'or ? non : j'ai besoin d'un procès

Qui contraigne la haine à des condescendances.

ïu verras ces gens - ci tremblant pour leurs créances ,

Après m'avoir blessé d'un mépris arrogant ,

M'avoir nommé chez eux fripon, voleur, brigand,

M'adopter hautement pour arranger l'affaire ,

A titre de neveu, de cousin et beau- frère!

prud'homme.

De Paris contre vous le blâme est général. '

NOR VILLt.

Je vaincrai tout Paris.

prtid'hommk.

Comment?

NORVÏLLE.

Par un grand bal.

Oui , les frais de la noce en feront la dépense ; \ Un souper pour messieurs , pour mesdames la danse : La ville entière à moi viendra se rallier. Que faut -il à Paris pour tout concilier? Une brillante fête : eh , oui ! point de scrupule Qui ne tombe en un bal. J'y reçois, j'y circule; J'adresse à l'un deux mots , fais à l'autre un souris ; Mes soins polis pour tous séduisent les esprits; De gracieux propos me conquièrent les femmes ; Je présente la mienne , elle enchante ces dames Par son air ingénu , par son timide effroi ; On la plaint d'avoir pris un damné tel que moi ; Mais , de peur d'affliger sa délicate oreille , On chuchotte en tremblant ce qu'on criait la veille: On dit pour son excuse , en prenant son parti ,

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