OBSERVATION IV
A7. Marie, 6’ans Entre lé 3mjuilletta02:
Père et mère vivants et bien portants. Deux enfants morts, l'un de diarrhée à trois mois, l’autre né à terme mort-né. Deux enfants vivants, dont l’un âgé de 3 ans se porte bien, et la malade qui n’a fait d’autres maladies que la rougeole.
Dans la maison d'où vient cette malade, il n’y a eu qu’un cas de diphtérie, actuellement en traitement dans le service.
Elle est souffrante depuis cinq jours : début par céphalée, fièvre, vomissements, anorexie, toux.
On ne lui a fait encore aucun traitement. L'état général est passable. Cependant le faciès est pâle, les veux marquent l'abattement, mais température normale à son entrée.
A Eee
À l’inspection de la gorge, on constate que les deux amygdales sont rouges; la droite est hypertrophiée. Légères fausses membranes, ressemblant plutôt à des dépôts pultacés qui disparaissent rapidement.
Coryza séreux par les deux narines.
Voix un peu rauque, légère bronchite.
La culture du nez dénote : cocci.
La culture de la gorge : cocci et staphylocoques.
La malade présentant un coryza séreux très accusé, qui laisse sur l’oreiller des taches grisâtres assez étendues ; pour plus de certitude on refait une culture le lendemain, mais on ne trouve toujours que des cocci et une forme spéciale de bacilles, ressemblant aux petits bacilles de Loœæffler : ces bacilles sont très clairsemés dans la préparation, cependant quelques-uns sont enchevêtrés comme de vrais bacilles de Lœffler; enfin, comme ïls en imposent beaucoup pour ces derniers, on fait un Gram et on s'aperçoit qu’ils ne prennent pas le colorant.
Sur ces entrefaites, la mère de la petite malade entra dans le service, avec une diphtérie qui évolua d'une façon bénigne.
Soit par négligence, soit pour ne pas séparer l'enfant de sa mère, on la laissa dans la salle des diphtéries.
Le 16 août 1902. — Je refais une culture du nez de la petite malade. Son angine et son coryza avaient déjà rétrocédé depuis quelque temps.
Or je ne fus pas peu étonné de rencontrer dans le mucus, d’ailleurs sain, de ses fosses nasales, de beaux Léæfflers
moyens.
On lui fait préventivement une seule injection de sérum de 20: Ce:
Le 30 août. — Peréistance des mêmes micro-organismes.
Le o septembre. — L'enfant se plaint vaguement de souffrir de la gorge. Léger écoulement narinaire. L'examen de la gorge, demandé par la sœur du service,
dénote la présence de quelques points blancs très discrets.
On fait une culture : l'examen microscopique fait apercevoir des petits bacilles de Lœffler.
Üne nouvelle injection de sérum est refaite à la malade ; sa diphtérie fut très bénigne, évolua sans fièvre, sans albuminurie, sans engorgement ganglionnaire notable; à peine quelques jours d’alitement, et elle alla bien.
En somme, d'après cette observation, même succession des faits que précédemment : l'enfant en contact avec des diphtériques, est constatée à un certain moment porteuse de bacilles dans le nez; quelque temps après, elle prend du coryza, la virulence du bacille s'exalte et au bout de peu de jours, elle est atteinte d'angine diphtérique.