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veau-né, le coryza prend un caractère de gravité spéciale. Il est bon, en effet, de savoir que fonctionnellement, le jeune enfant respire par le nez à ‘’exclusion de la bouche (Billard, Kusmaul) même pendant le sommeil, alors qu'il ouvre la bouche |Honsell). La base de la langue, pendant que l'enfant dort, s'accole au voile du palais. Aussi, pour peu que l’obstruction nasale soit marquée, ce qui arrive fréquemment grâce à l'étroitesse du conduit nasal, y a-t-il pendant le sommeil des accès de sufocation et, pendant la veille, des interruptions fréquentes et parfois même la Suspension de la tétée ». *
En outre,il est bon de dire que l'étroiresse du pharvanx et, par suite, les troubles de la déglutition, favorisent le développement de lésions broncho-pulmonaires chez un nourrisson atteint de coryza.
Or si, dans un coryza banal, les faits se passent ainsi, que doit-il en être lorsqu à un simple écoulement muqueux s’adjoignent d'épaisses fausses membranes : l
A vrai dire, l'évolution du coryza diphtérique chez le nourrisson sort peut-être un peu du cadre que nous venons de tracer ; voici, en effet, comment les choses se passent :
«On s'aperçoit peu à peu que la respiration de l'enfant est sènée et devient bruyante, le bébé prend difficilement le sein ou le refuse. Par moments,ila des accès de dyspnée tels qu'ils déterminent des convulsions. Bientôt apparaît un écoulement purulent très abondant. Le nez est un peu gonflé et ses ailes se dilatent à l'extrême à chaque inspiration. Puis une
po
somnolence continuelle s'empare de l'enfant dont les yeux restent constamment fermés (signe qu'on retrouve dans un grand nombre d'observations). Cette prostration persiste avec encore quelques accès convulsifs et la mort survient par asphyxie. La fièvre est souvent nulle durant toute la maladie » (Glatard). Samson et Hutinelont rapporté l'observation de trois malades où l'affection évolua ainsi.
Le nouveau-né meurt donc surtout par asphyxie.
Toutefois, si l'on réfléchit que dans les cas de coryza diphtérique chez l'enfant plus âgé et l'adulte, le malade, pour respirer doit avoir continuellement la bouche entr'ouverte, qu'il en résulte par conséquent une sécheresse très grande de la muqueuse linguale ainsi que des dents et des lèvres qui prennent un aspect luisant et se recouvrent par place d’enduits épais, noirâtres et durcis,et une soif ardente qui, ajoutée aux autres causes d'affaiblissement par le poison diphtérique,vient encore épuiser le patient, on ne sera pas étonné de voir des sujets finir par succomber au cours d'une simple diphtérie nasale : De Blois a rapporté l'observation d'un cas de coryza diphtérique, concernant un adulte qui mourut trente: six heures après le premier examen : nous empruntons cette” observation sa Wlacthèse den Glatrd (Paris 1902).