‹ Le Coryza DiphthériqueChapitre 38 sur 50 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

DE BLoiïs. — Loc. cit.

DiPHTÉRIE NASALE, FORME HYPERTOXIQUE. — Mort.

« C'est le cas d’un adulte, trieur de laine, du nom de John H..., 40 ans. Il vint à notre observation, le 23 mars et fit le récit suivant: Deux jours auparavant, dans l’aprèsmidi, il avait été saisi par une indisposition légère et à ce moment même il avait remarqué qu'il avait le cou raide et ne pouvait plus avaler sa salive. Néanmoins, il avait continué à travailler. Le lendemain, il avait éprouvé une grande difficulté pour respirer par le nez; en outre,son cou le gênait beaucoup et il se décida à aller trouver un médecin.

« C’est un homme, robuste, vigoureux, de santé générale, en apparence bonne. A l'examen, on voit une couche continue de membranes diphtériques extrêmement denses et épaisses, qui s'étendent à partir de l’orifice des narines aussi loin que l'on peut voir. En arrière, elles ne dépassent point la voûte du pharynx. Pas de membranes dans le pharynx ni dans le larynx, le revêtement membraneux était le siège d’un écoulement aqueux, d’une fétidité intolérable. I] n’y avait pas d’obstacle à la respiration ; les symptômes fébriles étaient insignifiants, Le cou était très gonflé et paraissait causer une grande souffrance. On revit le malade le soir même: il allait certainement beaucoup plus mal.et était vraiment d’une grande faiblesse. Le lendemain matin, il commença à décliner rapidement et il mourut, probablement intoxiqué, trente-six heures après le premier examen. » S

Les deux cas de Orr, dont nous avons parlé précédemment furent également mortels.

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Souvent, ce sont des épistaxis à répétition, qui éntrainent une adynamie progressive et mettent l'organisme hors d'état de lutter plus longtemps contre l'infection.

La propagation au larynx peut s'accompagner d'accès de suffocation ou de bronchite pseudo-membraneuse mortels. Quand le coryza ne suit pas l’'angine, il peut se compliquer de diphtérie pharyngée susceptible de revêtir tous les degrés possibles de gravité.

D'autres fois, c'est l'oreille moyenne qui se prend ou bien on voit apparaître des complications oculaires qui font craindre une méningite, dont il est facile de prévoir le pronostic.

Quand une diphtérie nasale survient au cours d'une maladie infectieuse telle que la rougeole, la scarlatine, la fièvre typhoide ou la coqueluche, on doit craindre un dénouement fatal.

Les paralysies du voile du palais sont fréquentes au cours de cette affection et, alors, dans ce dernier cas, le malade, en raison des troubles de la déglutition qu'il présente, peut prendre une broncho-pneumonie de déglutition qui mettra rapidement ses jours en danger.

Une albuminurïe intense se voit fréquemment et est souvent l'indice de lésions rénales très avancées, incompatibles avec une longue survie.

Il n'est pas jusqu'aux excoriations labiales qui puissent devenir le champ de nouvelles complications : elles peuvent être, en effet, l'origine d'un éry-

sipèle qui peut, lui-même, se terminer par une méningite.

Rappelons aussi que Cartaz a vu, sous l'influence d'un coryza diphtérique, apparaître, chez un adulte de 37 ans, des accidents syphilitiques tertiaires qui aboutirent, dans ce cas, à des perforations osseuses qui n'auraient pas été sans conséquence si, au lieu de siéger sur la cloison, elles eussent atteint la voûte du sinus sphénoïdal.

Enfin, disons, pour terminer, qu'une malade de Chauveau mourut d'endocardite infectieuse, à la suite d'un simple coryza diphtérique.

Nous venons de passer en revue, les différents symptômes que peut présenter lecoryza diphtérique, en général. Il est difhcile de les trouver tous réunis chez le même malade. Leur évolution même diffère notablement chez les uns et chez ies autres. A ne prendre que celui de l'écoulement nasal, il peut rester séreux, depuis le début jusqu'à la fin; d’autres fois, purulent dès le premier stade, 1l possède encore le même caractère à la période terminale. Ce dernier caractère est le propre du coryza du nouveau-né et du nourrisson. Tous ces Symptômes sont variables de constance et d'intensité, suivant la forme de diphtérie à laquelle on a affaire.

Dans la forme bénigne ou diphtérie pure de Sevestre, on n'a d’autre tableau que celui d’un coryza aigu banal, quand il ne se fait pas de complications du côté du pharynx ou du larynx, ou que l'affection

ne se prolonge pas au-delà de quelques semaines.

Dans la forme maligne ou strepto-diphtérie de Sevestre, l'affection évolue insidieusement les premiers jours mais, peu à peu,tous les symptômes s'accentuent, tous prennent de l'importance et viennent affirmer le degté 11 intoxication de l’organisme. La premiere forme est cependant Îa plus commune et les cas de guérison sont relativement ies plus fréquents. Et, à part les faits, où des cicatrisations vicieuses et des pertes de substance sont la conséquence d’ulcérations profondes, à part celui encore comme ceux dont ont parlé Hartmann et Seifert, où l'on a vu s'établir des sinéchies entre le septum et le cornet inférieur; à part ceux comme celui de Baumgarten où, à la suite d’un processus nécrotique, on a vu se produire une perforation de la cloison ; à part ceux aussi comme celui d'Auton qui, après une diphtérie du rhino-pharynx, observa une oblitération cicatricielle de la trompe et ceux d'atrésie des cavités olfactives, à la suite d’un coryza diphtérique, très souvent, l'affection guérit sans laisser aucune trace de son passage : néanmoins, nous croyons qu'ilya peut-être des raisons de prétendre, avec Schmidthuisen, que la diphtérie nasale, à forme prolongée, prédispose à l’ozène, à cause de l'atrophie possible des cornets ou même de leur disparition par nécrose, atrophie qui peut frapper également la muqueuse, diminuer, par conséquent, les sécrétions bactéricides qui baïgnent ces régionset favoriser ainsi le développement de micro-organismes très divers, cause d'affections variées.

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