‹ Le Coryza DiphthériqueChapitre 7 sur 50 · B. — LE BACILLE DE LŒFFLER · texte numérisé non relu

B. — LE BACILLE DE LŒFFLER

Sinous disions avec quelques auteurs qu’ Qil y a diphtérie nasale toutes les fois qu’au cours d’un coryza les fosses nasales renferment le bacille de de Loeffler virulent » ce serait obscurcir cette question : si l’on s'en tenait à cette formule, en effet, devrait-on regarder comme non dipthériques des écoulements par exemple de la nature de ceux que constata M. le D' Charles Lesieur (thèse de Lyon 1901) dans six cas de coryza léger, où 1l signale’la présence des bacilles courts, gardant le Gram, non virulent — Réaction ae Neisser négative ?... S'ilne s'agit pas dans ces cas du vrai bacille de Lofiler, i ne peut s'agir que du pseudo-bacille d'Hoffmann.Or voici précisément les conclusions auxquelles arrive

cet auteur au sujet du pseudo et du vrai bacille: La constation de bacilles « pseudo-diphtériques » doit

presque toujours en pratique conduire au même dia-

gnostic et à la même prophylaxie que celle de bacilles

Klebs-Læffler, les véritables bacilles d'Hoffmann,

étant très rares... à côté de l'immense majorité des

bacillesquisontdes bacilles virulents atténués, ilexiste

quelques espèces fort rares (véritables bacilles d'Hoft-

mann) qui n’ont aucun rapport avecla diphtérie, quoi-

que gardant le Gram et poussant en temps voulu sur

sérum. Mais étant donné que ces espèces, puremerit saprophytiques, sont exceptionnelles et que l’on ne

possède aucun moyén rapide de les différencier,étant donné que les bacilles de Klebs-Loœæffler les plus atté-

nués peuvent, par exaltationou sur un terrain favora-

ble, propager de véritables diphtéries, ne vaut-il pas

mieux pécher par excès que par défaut dans l’appli-

cation des mesures hygiéniques et observer la même

conduite sévère à l'égard de tous les bacillesuspects ?

si donc, l'on est appelé à faire le diagnostic bactério-

logique de ia diphtérie,les mêmes mesures d'isole-

ment et de désinfection devront être prises le

plus tôt possible vis-à-vis de tous les sujets por-

teurs dans le nez, dans la gorge, etc.,de bacilles gar-

dant ie Gram et poussant en 15 à 20 heures à 35

ou 370 sur sérum solidifié. »

Le docteur Pierre Boulloche (Les angines à fausses membranes, 1893), dit, à son tour : « Pour Baumgarten, les deux bacilles appartiennent à une même espèce, il n'y a entre eux qu'une différence de virulence. Cette opinion est celle de MM. Roux et

Yersin, qui considèrent que le bacille pseudo-diphtérique est un bacille diphtérique dépourvu de virulefice.».

Duüureste, “un/bacille peut être inactif chez tel individu, alors qu'il devient subitement très virulent chez tel autre : « Ne voyons-nous pas tous Îles jours, dit M. le docteur Rabot, la diphtérie être apportée dans Ia même famille. Je ne crois pas m'avancer beaucoup en disant qu'il s'agit là du même bacille et nous voyons ce bacille obtenir le maximum chez l’un des membres de Ia même famille, alors qu'il aura zéro chez un autre membre... Pourquoi autant de conditions qui nous échappent ? »

Ce même auteur dit encore au sujet du pseudobacille :

« Si Loeffler, au lieu d’être à latète d'un laboratoire, eût été à la tête d'une salle de diphtériques, le pseudo-bacille n'eût jamais été connu. Comme tous les praticiens, il eût dit: ce malade a des bacilles diphtériques, mettons-le à part, isolons-le, et, l'eût-il trouvé chez un sujet sain, il eût fait isoler ce sujet avec des malades porteurs de vrais bacilles et il eût vu le premier n'être pas infecté par le second ».

Après cela, nous croyons donc juste de dire que, dans un but prophylactique, il ne faut pas se laisser égarer par la question du plus ou moins de virulence du micro-organisme constaté, mais qu'il faut, au contraire, affirmer la diphtérie, toutes les fois que l'on rencontre dans un écoulement narinaire, des éléments bacillaires, ressemblant au bacille de la

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