MUSIQUE ET JARDINS
OURSUIVONS notre investigation sur les idées de Ligne par ces deux arts particulièrement en faveur au xvIII° siècle : la musique et l’art des jardins, auxquels le Prince s’inté-
ressa du reste inégalement. Pour le premier, il se contente d'écouter et de critiquer; pour le second, non seulement les critiques mais les créations de Ligne témoignent de plus de personnalité.
Ces deux domaines sont d'autant plus précieux à notre étude qu’il étaient alors soumis à la mode de l’exotisme.
Or, il est assez aisé de constater que si dans la conception du jardin, dans la réalisation de ses jardins, Ligne fait entrer plusieurs éléments étrangers, exotiques même, c’est grâce à la faculté d’assimilation propre à l'esprit français. Il adapte les éléments, les transforme, non sans les mutiler. Il n’en retient qu'une parcelle, et même quand il vise au pittoresque, il ne sait pas aimer l’exotique, en ce qu’il présente d’irréductible.
Quant à la musique, elle n'avait aux yeux de Ligne aucune valeur intellectuelle, et réduite à certaines combinaisons, plus ou moins plaisantes à l'oreille, elle arrivait à le charmer par des aspects divers : pure question de sens, et qui n’avait rien à voir avec l'intelligence. Il suit la mode; néanmoins quand il s'agit d'exprimer une préférence au sujet d’un genre déterminé comme l'opéra, il donne la palme au compositeur qui répond le mieux au goût musical des Français.