LES CONNAISSANCES MILITAIRES
S'il participa à bien peu de batailles, le Prince n’en mena pas moins une vie militaire et les mois qu’il passa en garnison ou en manœuvres forment un total considérable. Il acquit ainsi une riche expérience pratique qui vint augmenter ses connaissances techniques.
Sa curiosité pour les choses de la guerre l’entraîne à lire les stratèges de l’antiquité ; il évalue à huit cents le nombre des auteurs sur la guerre « qu’il a lus et n’a pas crus ». Mais il connaît aussi bien les gloires militaires de pays qui nous sont mal connus, et jusqu'aux tactiques chinoises.
Sous ce titre bien cosmopolite Petit Plutarque de toutes les Nations !, il cite à côté des généraux romains ou grecs dont les noms nous sont familiers, une quantité imposante de noms hongrois, polonais, russes, bulgares, lithuaniens, japonais, chinois... Il débute par Haroun-al-Rashid, bientôt suivi d’un roi Tartare, d’Alexis Commène, et de toute cette famille des Serini, dont le second, Georges, fut appelé le fléau des Turcs. Nous y trouvons mêlés des doges de Venise comme François Foscari, un Sigismond Malatesta, un Pacha général de la cavalerie turque, Werner qui employa Guillaume Tell contre Gessler, et les héros légendaires du Japon : Firi-Koo et Yorisama ; Confucius, philosophe égaré parmi les empereurs de la Chine, Houang-Yuen', et Houang-Ho « l'ami des nombres ».
À vrai dire, sauf pour les Suisses et les Chinois (qui du reste étaient fort à la mode au xvirI° siècle) ces noms sont pour la plupart rattachés à l’histoire de la Maison d'Autriche. Et peut-être l'intention du Prince était-elle de les vulgariser en France puisqu'il écrivait dans sa préface : « Si par hasard il y avait dans cet ouvrage des noms trop connus, c’est qu’ils ne le sont guère des historiens français qui ne font que les falsifier ou les oublier. »
Mais voici où la curiosité du Prince sort des limites euro-