‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 18 sur 130 · Dont il fixe l'existence à 2722 av. J.-C · texte numérisé non relu

Dont il fixe l'existence à 2722 av. J.-C

péennes. Il se demande si « les hordes sauvages de l'Amérique et de l’Afrique n’ont pas fourni aussi de ces espèces de grands hommes » qu'il regrette de ne pas connaître.

Pendant le temps qu'il présida aux destinées de la Maison de Ligne, sa bibliothèque s’accrut de nombreux traités d'art militaire et de relations historiques en toutes langues.

Au milieu des plus fascinants divertissements, il médite et compose sur des sujets militaires : c’est de 1770, du temps des jolis soupers du vieux Paris que date son Wémoire raisonné sur plusieurs ordres de bataille. Quand toute action lui est refusée, il épie, se renseigne, correspond et ne tarde guère à grouper témoignages et réflexions personnelles; il suppute les chances, pèse les fautes des combattants; ici encore la préférence qu’il peut éprouver pour l’un des deux camps n’influe pas sur la critique qu'il fait de leur conduite.

Lorsqu'il trouve par hasard un document aussi intéressant que « l'instruction secrète du Roi de Prusse à ses officiers », il le commente et le traduit en français‘.

Cette impartialité, qui dénote un véritable éclectisme intellectuel dans les goûts et le jugement, donne peut-être à Ligne le droit de se targuer d’un titre auquel il prétend négligemment : celui d’historien. Car il se piquait d’exactitude et écrivait dans la préface de sa Guerre de Sept ans ? : «il y a de la différence entre écrire l’histoire et écrire des histoires. Les miennes sont vraies au moins si elles ne sont pas plaisantes et je doute fort que tous les historiographes et les historiens de France et des autres pays eussent voulu acheter aussi cher la satisfaction de dire la vérité. >»

En effet, cette fière indépendance, qui lui nuisait en fait, lui permettait du moins de s'exprimer librement et de se rendre compte de sa documentation.

Pendant ses longues périodes d’inaction, en Bohême, résolu àtirer parti de ses loisirs forcés, il passait son temps à « glaner >» dans les vieilles bibliothèques des villes où il se trouvait, par exemple au château des Templiers à Neuschbourg. Au moyen de ces livres poudreux, il joint aux récits de son oncle et de ses précepteurs de précieuses acquisitions sur

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