‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 20 sur 130 · Préjugés militaires, éd. du Cent., p · texte numérisé non relu

Préjugés militaires, éd. du Cent., p

soldats étaient naturellement recrutés dans toute les parcelles si diverses de l’Empire, mais ils étaient groupés suivant leur nationalité. Quant aux officiers, ils appartenaient non seulement aux familles des Pays-Bas, de Hongrie, d'Allemagne, vassales de l'Empereur, mais à tous les autres pays, car les aînés de ces familles d'Empire, la plupart du temps, ne servaient pas. La Maison de Ligne avait toujours témoigné à ce sujet d’un zèle exceptionnel.

Dans ses Mémoires du comte de Rabutin ! Ligne explique la présence d’un chevalier de Gorné comme adjudant-général de l'Empereur. « C’est un nom français, dit-il; il fallait alors prendre au service beaucoup d'officiers étrangers : les deux tiers des officiers étaient italiens, lorrains, irlandais, français, wallons, espagnols. »

C'était sous un Français que Ligne avait fait ses premières armes : le comte de Thienne, tué à Hochkirk. Il y avait aussi des Anglais, comme ce général O’Donnel dont une petite-fille du prince épousa un descendant. Les hommes de guerre qui présidèrent aux destinées militaires de l’empire en cette fin du xvirr° siècle, Loudon et Lascy, étaient l’un Lithuanien, l’autre Irlandais. De même, en France, sans compter les Suisses de la garde du Roi et le régiment allemand, plusieurs officiers appartenaient à des familles étrangères. Maurice de Saxe en était un brillant exemple. Ligne nous en cite d’autres : Maximilien de Deux-Ponts, Pirch, Bercheny.

Sur les cent mille étrangers qui entraient dans l’armée de : Frédéric, Ligne comptait trente mille Français. En Russie, des Anglais, des Français venaient enseigner les méthodes occidentales. Nous savons (Ligne insiste sur ce fait), que la marine de Catherine IT était commandée par le prince de Nassau, et Paul Jones.

Aïnsi le prince de Ligne put observer des gens de toutes races et de toutes religions. Les hommes qu’il connut le mieux, ceux auxquels il commanda, furent eux-mêmes très divers. Par son origine, il se vit rattaché surtout aux Wallons, mais en 1778 on le mit à la tête d’un corps d'élite de grenadiers, formé de Lycaniens et de Croates; en 1700, l’aile qu’il commande est un groupement composite.

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