Préj. milit., p. XII
sur le champ de bataille, et compromettaient les résultats obtenus par les armes.
Pourtant, si persuadé qu'il fût de cette supériorité de la classe militaire sur la classe civile, le Prince désirait en pratique voir s’effacer le vieux préjugé qui dans le peuple les Séparait, au point que les bourgeois en Flandre sortaient d’un cabaret à l'entrée d’un soldat. Il essaya de mêler les deux états et d'en faire le malicien.
Nous sommes ainsi amenés à examiner comment, dans sa conduite personnelle et ses idées générales, le Prince concilie nationalisme et internationalisme, patriotisme et cosmopolitisme.
Deux traits saillants dominent donc son attitude militaire : le goût de la guerre, l'attachement à la Maison d'Autriche.
Indépendamment de l'intérêt qui la motive, la guerreestcomme un duel, un tournoi; elle est soumise aux mêmes règles. La difficulté y est augmentée de ce que les adversaires sont plus nombreux et i! est plus rare d'attirer l'attention des spectateurs. Le duel terminé, les bonnes relations reprennent entre vainqueur et vaincu. Il y a une sorte de parenté entre les militaires de tous les pays, du seul fait qu’ils sont militaires, une affinité en dehors de tout penchant, entre les hommes de guerre. Ils se reconnaissent à üne même formation‘, à de mêmes habitudes. C’est pourquoi Ligne avec le roi de Prusse discute les épisodes de la dernière guerre sans gêne, pourquoi il lui arrive de réunir à ses dîners, au camp ou à Bruxelles « plus de trois cents officiers tant autrichiens qu'anglais et hollandais ? » et aussi de rédiger à l'intention du maréchal Potemkin un Mémoire sur l’armée russe en général et en particulier au sujet d’une guerre avec la Turquie’. (Ligne ajoute « dont il avait bien envie et moi aussi »).
Ceux qui aiment à guerroyer choisissent leurs adversaires plutôt au hasard que suivant la politique de leur gouvernement. On tâche d’accorder son choix avec les alliances du moment, mais on ne s’en embarrasse pas outre mesure. Le temps
1. [Il n’était pas rare qu’on fit ses études militaires en pays étranger. Le fils du marquis de Bouillé avait été envoyé à la nouvelle école militaire de Frédéric IT.