‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 29 sur 130 · ANSE · texte numérisé non relu

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aux vicissitudes, aux caprices du sort, tandis que l’autre, forte cependant de son respect de la tradition, n’en demeure pas moins toute conventionnelle.

Certes, malgré la netteté, la fermeté que prend le style de Ligne lorsqu'il aborde les sujets militaires, l'unité de sa pensée n'apparaît qu’à travers des bribes dispersées. Pour s'expliquer les contradictions qui jettent un voile sur cette unité, il faut tenir compte de mille détails etse rappeler que bien souvent il passe brusquement d’un point de vue à l’autre, admet des compromis; ou bien, il se corrige lui-même, évolue, toujours prêt à confesser ses erreurs ou ses changements. D’autre part, il y a un certain antagonisme entre ses goûts personnels et l'influence des mœurs douces prêchées par la « philosophie » à laquelle il lui est malaisé de se soustraire.

Enfin Ligne se rend compte que des mesures opportunistes ne sauraient être érigées en principes, ni certaines théories mises en pratique.

S’1l accepte ces contradictions entre les points de vue philosophique et pratique, s’il n’agit pas en idéologue, c’est grâce à ce bon sens qu'avait développé chez lui sa formation militaire. Grande est la liberté de sa pensée; et combien fixe sa conduite! L'esprit militaire, au lieu de rétrécir son jugement, lui fournit un observatoire sur le monde, et des mesures d’appréciation impartiale. Mais sa conduite n’est en rien celle d’un « internationaliste », au sens moderne du mot. Nous n’avons pas encore trouvé, sous cet angle, de cosmopolitisme profond chez le prince. :

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