‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 3 sur 130 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

l'oiseau royal, dix boucles de chaque côté, de la

poudre à la fleur d'orange, de la pommade au jasmin,

des talons rouges annonçaient celui qui cherchait à plaire. » Tel se peint indirectement à travers ses souvenirs! Charles- Joseph de Ligne, et tel il nous apparaît dans le meilleur de ses portraits. L’habit brodé, blanc, rouge et or est un uniforme d'Autriche que décorent des ordres nombreux. La chevelure, d’un blond cendré sous la poudre, encadre en bouffants et en volutes l'ampleur du front. Les veux, très grands et vifs, qu’allonge le beau tracé des sourcils, regardent à vrai dire de très haut; leur cerne marque l’habitude des longues veilles. Cette hauteur, et cette lassitude, feraient volontiers songer

à un autre portrait, d’un autre grand seigneur et homme de plaisir : le Louis XV que peignit La Tour. Maisles traits du roi, plus réguliers, n’ont pas la vivacité qui anime ceux du prince : le pli serré de la bouche exprime l’ennui, sinon le dégoût, et cette indifférence qui, par jeu, devient cruauté. Indifférence , aussi sur les lèvres entr'ouvertes de Ligne, mais qui est une jolie, négligente attitude; en fait, le prince sait aussi bien s’attendrir que railler. On ne pourrait dire la complexité de cette expression à laquelle chaque jour apporte une interpré-

« | | habit brodé sur toutes les coutures, une frisure à

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