‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 53 sur 130 · Arr. Pi de Lit 1, 1920 "p · texte numérisé non relu

Arr. Pi de Lit 1, 1920 "p

comte de Cobenzl assura la protection du tout-puissant ministre Kaunitz, dont il était le disciple, aux gens de lettres qui répondirent à son appel de toutes parts : de Suisse, de France. Ces gens de lettres avaient pratiqué tous les métiers et toutes les religions; c'étaient d'anciens militaires, des « gazetiers », à coup sûr des aventuriers, qui venaient donner à la capitale bruxelloise ce nouveau ton cosmopolite.

Mais ces rédacteurs de gazette étaient à vrai dire tenus à distance par l'aristocratie. Ils ne la pénétraient pas; tout au plus en recevaient-ils des encouragements. C’est ainsi que le Prince semble avoir accepté avec une grande bienveillance les dédicaces de Contes nouveaux publiés à Liège en 1777 par de Nerciat, et des Belges de Néel en 1782.

Deux vers d’une églogue anonyme sur l'absence de Ligne en 1788, publiée à Bruxelles, font allusion à l'intérêt qu'il portait aux « jeunes littérateurs ».

Toi qui, malgré l’éclat d’une illustre noblesse, Daignais de nos chansons écouter 1a faiblesse.

Voici un témoignage plus important de l'effort du Prince pour émouvoir l'âme des Bruxellois par le moyen de belles œuvres dramatiques, et aussi du cas que faisait un Académicien français de son appréciation : Belloy, l’auteur du Siège de Calais dont Voltaire estimait le talent, se montrait si heureux des louanges du Prince qu’il les citait dans la préface d’une nouvelle œuvre’. Il s’appuyait sur ces éloges pour prouver que « les tragédies tirées de l’histoire de France » sont loin d’être indifférentes aux étrangers.

Chez le célèbre comédien d'Hannetaire, on s’exerçait à la Comedia dell’'arte, et le Prince dans ses saynètes improvisées remportait de plus grands succès que dans les rôles appris d'avance. Car on se doute bien que Ligne entre temps cultivait ses connaissances du théâtre anglais, espagnol, français, italien, pour alimenter son imagination. Plusieurs des réunions se passaient en discussions critiques. Le Prince y jouissait d’un

prestige tel qu’on le considérait à la fois comme le MCE et. le protecteur.

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