LE SOULÈVEMENT DES PAYS-BAS
Ce fut dans les régions éloignées de la Russie que Ligne apprit devant Joseph II ce soulèvement des Pays-Bas qui fut comme un prélude à celui de la France. Simple coïncidence, et si le prince mit quelque temps avant de comprendre l’importance de notre révolution, c’est parce qu’il jugea les deux d’une commune mesure.
Charles-Joseph se trouvait donc en Tauride au début de la révolte des Pays-Bas, puis en Hongrie. Il ne revint en Flandre, en qualité de grand bailli de Haïnaut, que lorsqu'elle se fut apaisée. Néanmoins, il aurait pu, même absent, prendre part à ce soulèvement régional. On s’est longtemps basé sur quelques lettres ‘ répandues à dessein par les révolutionnaires, sur quelques jours de bouderie de l'Empereur contre Ligne, sur une prétendue offre de la nouvelle couronne de Belgique au prince pour arguer de son rôle dans le soulèvement.
Il n’en est rien, bien que les princesses de Ligne et leur maison se fussent rangées dans le parti de l’opposition, aux côtés des autres familles aristocratiques. (Louis de Ligne, grand favori de sa mère et qui passait auprès d'elle le temps où il n’était pas à son régiment d'Orléans-Cavalerie, avait quitté Bruxelles pour se mêler à un groupe de patriotes sous les ordres de Van der Meersch.) Le prince, qui était également attaché à sa province et à son suzerain, ne fut pas fâché d’être tenu éloigné par les circonstances, d'autant plus qu’il jouissait toujours, malgré son séjour à l’armée russe, de la lieutenance générale des Pays-Bas et qu’il n'aurait pu se maintenir dans un rôle passif s’il eût été présent.
Il en profita pour renouveler l'assurance de sa fidélité à l'Empereur; celui-ci au reste eût fort bien compris qu’il conservât ses intérêts en Hainaut et fit corps avec le parti auquel se rattachait sa famille ?. En véritable don Quichotte, Ligne