‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 67 sur 130 · L'AIDE AUX ÉMIGRÉS · texte numérisé non relu

L'AIDE AUX ÉMIGRÉS

Le mot de prélude appliqué à la Révolution belge par rapport à la nôtre n’est qu’à demi juste; si elle commença, en effet, dès 1787, ses dates par la suite coïncident avec celles de la tragédie française.

Lorsqu’en 1791, le prince partit de Vienne pour aller prendre possession de son grand bailliage de Haïnaut, il ne traversa plus Paris comme autrefois : il se rendit directement à Bruxelles.

Le comte de Provence s’y était réfugié, en compagnie du comte d’Avaray, ainsi que le comte d’Artois l'avait fait en 1780. Dès son retour, le prince de Ligne se trouva donc au milieu de ceux qu’il avait coutume de voir à Versailles dans leur cadre royal. Les princes étaient encore tout à la surprise du départ mais se concertaient déjà pour une action commune; le récit du fils du marquis de Bouillé, nouvellement arrivé et qui apportait les détails de l'arrestation du roi les remplissait d’indignation; ce fut de sa bouche même que Ligne apprit le fait!.

Aussitôt le prince bâtit un projet de « contre-révolution ». Comme il l'avait offerte à Rousseau il offre à l’État-major royaliste sa principauté de Fagnolle. Là, sur la frontière, à une demi-lieue de Marienbourg, mieux que chez les électeurs de Mayence ou de Trèves, les Princes pourraient se concerter et effectuer une rentrée triomphale. Cette proposition leur parut sans doute plus amusante que convaincante.

Ensuite, ce fut à Tournay, où il se rendit l’été pour assister à la bénédiction des étendards des Dragons-Wallons de Ligne, que le prince rencontra un autre groupe d’émigrés. Plusieurs d’entre eux assistaient à la cérémonie; plusieurs connaissaient le prince, et leurs acclamations se mêlèrent à celles des habitants. Dans une page de ses Mémoires? le prince a évoqué le

1. Cf. F. Magnette, Les Émigrés français aux Pays-Bas, 1789-94, in Mémoires de l’Académie royale de Belgique, in-8°, nouvelle série, t. IV,

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