‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 68 sur 130 · Mémoires, éd. du Cent., p · texte numérisé non relu

Mémoires, éd. du Cent., p

souvenir de cette soirée au théâtre de Tournay. Une représentation de Richard Cœur de Lion semblait fournir de continuelles allusions au sort du roi Louis XVI. Ligne, dont la loge était exposée à tous les regards, parut attendri, surtout à Pendroit où l’on parlait de « venger le pauvre roi prisonnier >». L'assistance remarqua le mot et les jeunes officiers français unirent aux cris de « vive le Roi > ceux de « vive le prince de Ligne ».

Tout le monde en effet s'attendait à ce que le grand favori de Versailles, l’ami de Marie-Antoinette, jouât un rôle actif dans la réaction. Mais comme pour l'instant il n'y avait pas de réaction, il dut se contenter d'aider les Émigrés de plus prosaïque manière.

La région de Coblence n’était pas le seul point important où s'étaient groupés les Français. Ceux d’entre eux qui avaient fui le lendemain de la prise de la Bastille, en juillet 1789, le comte d'Artois, ses fils, les princes de Condé et de Conti, les ducs de Bourbon et d'Enghien s'étaient dirigés vers le Hainaut. Mais tandis que le comte d’Artois gagnait immédiatement Namur puis Turin, et les Condé Worms, leurs compagnons d’exil dont le nombre augmentait tous les jours, s’installaient, en gardant lPincognito, à Bruxelles et bientôt dans toute la région. Entre la fin de l’année 89 et l’année 00 ils cessèrent d’affluer pour la raison bien simple que les Pays-Bas étaient eux-mêmes en état de trouble. Dès que le calme fut revenu et à mesure que les événements se précipitaient en France, non seulement la capitale, mais Gand, Bruges, Ath se virent littéralement envahies par une foule de Français, qui s’efforçaient d'autant plus d’y rester qu'ils croyaient à un apaisement prochain.

De Belœil, le prince rendit visite aux Français d’Ath". Il n’y trouva pas des gens désorientés, se bornant à attendre, mais un véritable « cantonnement », une ébauche d’organisation militaire établie sur l'initiative du comte de la Châtre, premier gentilhomme de la chambre de Monsieur, et du comte de Vauban. Divisés en compagnies, sections et escouades, les émigrés de la ville s’exerçaient chaque jour au « maniement d'armes » et se vêtaient d’un même uniforme. Ils s'était difficilement installés dans les bâtiments qui surmontent les portes

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