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L'esprit d'imitation qui fait la force de leur armée, ajoute Ligne, se retrouve dans toutes les classes; sous Frédéric IT, on affectait une grossière impiété, à l'instar du roi; elle a été bientôt remplacée par un lourd mysticisme, qui fait d'eux « des penseurs plus pieux que profonds ».
Certains milieux sont plus éclairés : Brunswick, Weimar, Dessau, quelques villes surtout au bord du Rhin et du Main; mais ces groupements ne forment que le demi-quart de la nation. On sent partout le besoin d’avoir recours aux étrangers « non seulement dans la société, mais dans les emplois ». Dans cette très fameuse armée prussienne, ne se trouvait-il pas cinquante mille déserteursfrançais et peut-être six milleitaliens?
« Berlin était plus arriéré que toute l’Allemagne pour les. modes, la langue, les usages... » Si la ville se développa, ce fut grâce à la colonie française qu’y introduisit Frédéric Il‘.
Dans ces assertions du prince à ses derniers jours, nous retrouvons donc l’idée dont il ne s’est jamais départi : la France, c’est-à-dire la civilisation supérieure créée par son ancien régime, est l’éducatrice des autres nations, et aucune ne l’égale.
1. Cf. L. Reynaud. Æistoire de l'influence française en Allemagne, Paris, Hachette, 1914.