Mél. mil., lift. et sent. t
qu'on a souvent regardé comme « la pierre d’achoppement » des étrangers. Ligne s’était amusé à établir une sorte de statistique des fables du Livre I, les divisant en fables politiques et fables morales. Quand, dans ses jardins, il bâtit une cabane pour un ermite hypothétique, il place sur la table un seul livre, celui des Fables.
Son enthousiasme pour Voltaire est tellement illimité qu'il ne semble faire aucune différence entre ses tragédies et celles de Racine, mais cela provient de ce que Voltaire était contemporain du prince et bénéficiait de l’actualité de son succès.
Pour Racine, il louait en lui, autant que les grâces sévères de son style, l'exactitude et l’amour du vraisemblable. Quand
de mauvais géographes croient pouvoir reprocher au poète ces VETS :
« Doutez-vous que l’Euxin ne me porte en deux jours Aux lieux où le Danube y voit finir son courst? >»
- il leur réplique vivement que si ces messieurs y avaient été comme lui, ils sauraient que, dans vingt-quatre heures, avec un excellent vent on peut aller de Sébastopol à Constantinople.
L'idéal de vérité de nos classiques l’a donc profondément séduit, et leurs découvertes psychologiques lui semblent suffisantes. Sur le tard, il conseille à un jeune hommes trop prétentieux de ne point dédaigner les vérités populaires trouvées et développées « sous le masque de la gaieté et de la naïveté » par Molière, Montaigne, La Fontaine. Voilà, lui dit-il, les docteurs qu’il faut étudier. |
Comme Boileau, comme Voltaire, il fait du goût le souverain juge, et de la mesure, de la clarté, les conditions de l’œuvre d'art. Le mystère est dépourvu à ses yeux, non de signification, mais de charme, et bien qu’il se reproche d’avoir dédaigné les plaisirs qu’il peut offrir, il s’y déclare peu sensible.
Sous le nom de « bon sens », c’est à la raison qu'il attribuait tout droit de contrôle. Il allait se montrer rébarbatif à l'égard des théories romantiques, lui qui ne croyait pas à la puissance de l'inspiration non contrôlée :
« Le génie, dit-il, est un aveugle dont l'esprit doit être le bâton. Si on le lâche... il se trompe de route, s’égare, et fait