‹ Le cosmopolitisme du Prince de LigneChapitre 92 sur 130 · Mithridate, acte III, sc. 1, vers · texte numérisé non relu

Mithridate, acte III, sc. 1, vers

‘Our MarTug. — Le cosmopolitisme du prince de Ligne, 15

la culbute. L'esprit doit en tenir la corde pour le ramener à lui quand on veut’. »

Tous les genres littéraires qui semblent les moyens d’expression les plus naturels à la France sont ceux que Ligne goûtait le plus et auxquels il s’est essayé.

On a évalué son œuvre dramatique à quatorze comédies, opéra-comiques, proverbes, et deux tragédies (de faible valeur). Mais du moins sentait-il la supériorité de la tragédie sur le roman même psychologique, le seul qui lui semblât digne d'application *.

D'ailleurs, à son époque on écrivait de trop nombreux romans. Ce genre artificiel, dit-il, se complique, et n’est plus qu'un prétexte à réflexions intellectuelles et philosophiques qui relèvent du traité plutôt que du roman. On a « l’amour-journaliste, l’amour-curé » et on ne sait échapper à la terrible « champêtromanie ». Tous les ouvrages publiés sont également fades. Or, cette platitude vient, de l’avis du prince, du manque de « types originaux », dans la société au début du xix° siècle. Aucune différence entre les classes non plus qu'entre les nationalités : nous savons que c'était là le plus grand motif d’ennui du prince et qu'il se morfondait devant ce nouvel aspect du cosmopolitisme mondain.

Cependant Ligne s’intéressait aux romans. Non seulement il les a critiqués, mais il en a écrit quatre; mieux encore, il a formulé sa théorie du roman. On en chercherait vainement l'exposition synthétique : elle se dégage naturellement de ia préface des Lettres de Fédor à Alphonsine ou de Bélial3. I formule ainsi son idéal : « Je voudrais qu’on ne lût et n’écriviît que des ouvrages où, sans merveilleux, sans ce qu’on appelle imagination (qui mène droit aux petites-maisons) l’on ne fit que développer « l’histoire du cœur ».

Les intrigues ayant couleur locale de Turquie, d'Italie, d’Espagne, ou de Chine lui paraissent des procédés méprisables, et dépourvus d'intérêt pour avoir été, à cause de leur

1. Lettre à un petit jeune homme qui se perdait la tête de métaphysique: Ann PrdelL EME Er 0o20 ip ST

2. « J'ai plus songé à dire du mal des romans qu’à en faire un, car je trouve que c’est, après une excellente comédie en cinq actes, tout ce qu’il y a de plus difficile dans le monde. » (Préface des Lettres de Fédor.)

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