II A B I L LEM EN T C H E V A L E RES Q UE
figurent sur les sceaux de Richard Cœur-de-Lion , en 1195 et 119S, — de Jean de Beaumont, en 1217, — de Philippe Hurepel, comte de Boulogne, en i225,
Fig. 147.
Richard
Cœur-dc-Lion,
Fig. 148.
Philippe Hurepel,
Fig. 149.
Charles d'Anjou,
Fig. i5o.
Alfonse
de Poitiers, 1254
— de Charles, comte d'Anjou, frère de saint Louis, en 1253, — d' Alfonse de Poitiers, en 1254, • — de Henri, comte de Grandpré, en 1271.
Les quillons sont droits dans les épées de Richard, d' Alfonse de Poitiers ; recourbés fortement vers la pointe dans celle de Jean de Corbeil, en 1196; pâtés chez Philippe Hurepel; potences chez Gautier de Rinel, en i225.
Pendant cette période, les pommeaux commencent à affecter des
Fig. ID2.
formes plus variées : ainsi le pom- 5^''".'''";
' -T de Rinel.
meau d'épée de Richard Cœur- de- '"^• Lion ressemble à une sphère un peu aplatie dans l'axe de la lame ; il est tronconique chez Jean de Corbeil ;
Fig. i5i.
Jean
de Corbeil iig6.
en palmette chez Philippe Hurepel ; trilobé sur le sceau de Thibaud VI, comte de Blois, en I2i3 ; conique sur celui de Raimond de Montaut, en 12 14; le pommeau d'épée de Robert d'Artois se fait remarquer par quatre appendices qui pourraient bien figurer quatre pierres précieuses.
Certains chevaliers conservent au treizième siècle Fépée normande du siècle précédent, mais avec une lame plus épaisse, quelquefois recoupée du bout, souvent à arête médiane. La poi-
Fig. i53.
Thibaud.
comte de Blois,
Fig. 154.
Raimond
de Montant.
fe
Fig. i55. Fig. i56. Fig. iSy.
Aubert de Hangest. Guillaume Hugues Tacon. 1220. de Sainte-Maure, I2i5.
Fig. i58. Fig. 159.
Mathieu Eudes
de Montmorency, de Bourgogne, 1224. 1255.
gnée est garnie de quillons enroulés du bout dans répée de Jean de Chavançon, en 121 1; recroisetés dans les types de Hugues Tacon, en 121 5, — de Daniel, Tavoué d'Arras, en I223 ; recourbés chez Jean, duc de Bretagne, en i238; pâtés chez Baudouin de Guines, en i235. Le pommeau de Tépée de Mathieu de Montmorency, en 1224, a Faspect d'une pomme de pin ; il paraît rond et terminé par un bouton dans le
HABILLEMENT CHEVALERESQUE i33
type d'Eudes de Bourgogne (fig. iSq), en i255 ; en
olive dans celui de Mathieu de Beauvoir, en 1 260 ;
hémisphérique chez Jean de Brienne, en 1288.
La petite épée étroite et effilée du douzième siècle
se continue avec Gui de Mauvoisin, en 1202, — Guillaume de Chauvigny, en 12 17, — Bernard V, comte de Comminges, en 1226, — Henri d'Avaugour, en i23i, — Guillaume du Hommet, en i235; mais les quillons, au lieu de rester droits, q^
Fig. 160. deviennent tantôt pâtés , tantôt pig. ,6,
Guillaume , , ^ . j Henri
de Chauvigny. rccourbes vers la pomte. Le pom- dAvaugour.
meau, de son cote, prend la figure tronconique dans Tépée de Guillaume de Chauvigny, en demi-boule dans celle du comte de Comminges, etc.
Je signalerai encore, dans la période qui nous occupe, une autre épée plus petite, à lame courte, aiguë, large du talon, où sa pointe prend naissance. Cette arme, qui semble venir du midi de la France, se remarque aux sceaux Fig. 163. des maires de Castelnaudary et /'u'J^,t
Castelnaudary, ^ Rabastens,
«242. de Rabastens, en 1242, — d'Ar- '"'^"'
taud de Roussillon, en 1270, — d'Aymar, comte de Valentinois, à la même date. Elle figure cependant aussi sur les sceaux d'Huet Pioche, chevalier bourgui-
gnon, en i256, — et de Hugues, châtelain de Gand, en 1244. Les quillons se recourbent presque toujours vers la pointe. La poignée se termine en un pommeau, rond chez le maire de Cas-
Fig. 164.
Hugues.
châtelain
de Gand.
telnaudary, trilobé chez celui de Rabastens, en trident chez le châtelain de Gand, ovoïde dans le type du comte de Valentinois.
La fin du treizième siècle amène une nouvelle modification de Fépée. Du moment où des rondelles défendent les articulations, où les jambes et les bras commencent à revêtir des plaques de métal, répée renonce à frapper du tranchant , c'est pour Festoc, pour les coups de pointe qu'elle va se disposer. Dès 1260, on peut constater la tendance de l'épée vers ce but particulier ; sa lame devient longue , étroite , aiguë comme sur les sceaux de Gautier de Nemours, en 1265, — de Pierre, comte d'Alençon, en 1271, — de Hugues VI, comte de Saint-Pol, en 1289, — de Robert, comte de Flandre, en i3og. Dans certains cas, elle conserve la largeur du talon et rappelle, la longueur exceptée, le type méridional dont je viens de parler, ainsi que le montrent les épées de Charles d'Anjou, roi de Sicile, en 1289, — de Gaucher de Châtillon, en i3o8. La croix présente à cette époque la môme diversité qu'aux
Fig. 166.
Charles d'Anjou,
IIAIMLLF.MENT CHEVALERESQUE
Fig. 167. Fig. 168. Fig. 169.
Gui de Flandre. Charles, dauphin Jean I", duc de 1345. de Viennois. i352. Lorraine. 1367.
époques précédentes ; on rencontre des quillons droits, enroulés, recourbés, terminés en fleur de lys. 11 y a des pommeaux en losange, en olive, à facettes, ronds surmontés d"un bouton, hémisphériques, en fleuron, trilobés, ovales, côtelés, coniques, etc.
Vers 1295, la poignée comporte, près de son pommeau, un anneau où se fixe la chaîne qui la tient attachée à l'armure. La première chaîne d'épée figure sur le sceau de Pierre de Chambly, chambellan du roi en 1295.
Le sceau de Jean I", duc de Lorraine, en iSôy, la montre pour la dernière fois. Cette mode a duré par conséquent environ soixante-douze ans.
Tandis que l'armure continue son évolution, l'épée ne reste pas stationnaire. En efi'et, avant i35o, cette arme est déjà devenue droite, longue, solide du talon, d'où part le plus souvent une arête médiane, légère à la main, non seulement capable de suffire aux exi-
Charles'd-Orliians. Jean-s'ans-Peur. gCnCCS de SOU tCmpS , mais
digne aussi par son élégance de figurer dans l'habillement chevaleresque des élégants
Fig. 172.
Charles
le Téméraire,
ducs de Bourgogne de la maison de France. Le sceau de Charles le Téméraire montre, de plus, la première épée garnie d'une branche reliant la croix au pommeau.
Les petites dimensions des monuments qui servent de preuves aux considérations contenues dans ce travail ont entraîné malheureusement le sacrifice de détails qu'offriraient des œuvres d'art moins réduites. Les habiles graveurs auxquels nous devons les sceaux ont cru devoir s'arrêter devant les ornements riches ou curieux qui décoraient la poignée des épées ; mais ils ont profité du champ plus étendu de la lame pour y indiquer des
damasquinures. Tantôt une branche de feuillage
fig. 17?.
serpente le long de la gorge d'évidement, Thieni
d'Alsace.
comme dans les épées de Thierri d'Alsace, ii3«. en II 28, — de Bouchard de Montmorency, en 1177,
— de Jean de Chavançon, en 121 1,
— de Robert de Poissy, en i23o,
— de Jean , duc de Bourgogne , en 1238; tantôt des ondes courent le long de la lame comme sur les sceaux de Philippe d'Alsace, en 1170,
Fig. 174. — de Gui de Châtillon, en 1270, pig. 173.
Philippe 1 t^ .<< i.TT , „ Guillaume
d'Alsace, — de Cjuillaumc d Harcourt, en 1 293 . dcchauvigny,
"'^°' D'autres fois, on couvre la lame d'un fretté, ornement si employé au moyen âge, comme
HABILLEMENT CHEVALERESQUE
on le voit par les épées de Pierre ^ de Courtenay, en 1193, — de Thibaud, comte de Champagne, en 1198, — de Guillaume III, comte de Ponthieu, 121 2; ou bien la lame est simplement striée de biais dans le genre de celle du comte de Nevers, i.e comte
de Nevers, en II 84. 1184.
Fig. 176.
Pierre
de Courtenay.