CONSERVATION DES SCEAUX DE CIRE
L a fallu que Ton fût bien séduit par la facilité d'opérer avec la cire, par Féconomie qu'elle
^-tJI procure, pour se décider à confier la validité d'un écrit souvent important à une matière offrant si peu de résistance. Aussi, malgré l'addition des parties résineuses propres à la durcir, s'est-on ingénié à multiplier les précautions pour assurer sa conservation.
Sceaux a collet. — L'on a d'abord essayé de protéger le sceau par un épais rebord ou collet que l'on formait en relevant autour de la légende l'excès de cire qui débordait sous la pression de la matrice.
Sceaux vernis. — La surface de l'empreinte s'enduisait quelquefois d'un vernis qui devenait très dur en se desséchant. On le trouve appliqué sur les sceaux des premiers Capétiens dès l'an 1060. Plus la cire était friable, à couches mal liées, plus l'enduit offre d'épaisseur. C'est pour cette raison qu'une forte couche de peinture recouvre les sceaux de l'abbaye de Saint- Vaast, à Arras, de l'abbaye de Marquette, à Lille. On a consolidé par le même procédé la cire feuilletée de l'abbaye de Notre-Dame-des-Prés, à Douai. La mauvaise cire blanche du prieuré de Longueville, dans la
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Seine-Inférieure, présente des empâtements de couleur rouge ou verte sous lesquels la légende et Fimage disparaissent.
Cire pétrie avec des poils, de la ficelle. — Pour obvier, en cas d'accident, à la séparation et à la perte des fragments, la cire a été quelquefois pétrie avec des poils, avec de la ficelle. Un sceau de Guillaume de Tancarville, préparé avec de la ficelle, se trouve dans le fonds de l'abbaye de Boscherville, à Rouen.
Cuvettes. — Lorsque la mode des cires vermeilles est venue, on les a placées au fond de solides cuvettes en cire ordinairement vierge, quelquefois rouge ou verte, ainsi que cela se voit dans la plupart des sceaux des cardinaux, des dignitaires et officiers du Saint- Siège, chez les empereurs d'Allemagne, etc.
Chemises. — L'on a songé aiissi à habiller les sceaux de chemises en étoffe ouvertes par le bas, et ce moyen de conservation a donné les meilleurs résultats. Dans Tabbaye de Froidmont, à Beauvais, ils sont revêtus d'une chemise feutrée ; à Tabbaye du Gard, à Amiens, la chemise est en toile. Les religieux de Vaucelles avaient introduit un certain luxe dans l'emploi de ces chemises : ils enveloppaient leurs sceaux dans des sachets en étoffe de prix, sur laquelle sont reproduits par le tissage ou la peinture des
figures héraldiques ou des ornements empruntés à l'industrie du Levant.
Sceaux cousus dans du parchemin. — Un autre usage assez répandu était de coudre les sceaux dans une bourse de parchemin, après les avoir entourés d'étoupe ou de papier. Ce mode de conservation, des plus défectueux, ne nous a guère transmis que des débris.
Cire plaquée étalée en croix. — Les sceaux plaqués du quatorzième et du quinzième siècle sont loin de posséder la solidité des types plus anciens. Leur cire de couleur vermeille est cassante et sans épaisseur ; pour mieux la fixer au parchemin, on l'étalait au loin en forme de croix afin d'obtenir une plus grande surface d'adhérence. Un mandement de Charles V sur les aides, en iSyS, présente ce mode de scellé.
Tresses de parchemin, de paille, de jonc, de cordelette. — D'autres fois ces mêmes sceaux plaqués ont été cerclés de torsades de parchemin cousues à la pièce ou de tresses en paille, en jonc, en cordelette. Une lettre de Charles VI, relative à une concession d'eau aux Célestins de Paris, possède un sceau muni d'une torsade en parchemin ; la réception d'un aveu par la Chambre des comptes, en 141 1, est