FORME DES SCEAUX
ES sceaux affectent deux formes principales T<^' bien tranchées : la forme ronde et celle dite
en ogive. Disons tout de suite, pour bien déterminer cette seconde manière d'être, que la figure géométrique du sceau dit en ogive est obtenue par rintersection de deux circonférences égales.
A la forme ronde et à l'ogive il faut ajouter les suivantes, en observant que les premières sont les plus fréquemment employées :
L'ovale, la forme en écu, la polygonale, la forme en losange; il existe aussi des sceaux en étoile, en trèfle, festonnés, carrés, rectangulaires, en poire.
Sceaux ronds. — Les plus anciens types conservés aux Archives nationales, les sceaux des Mérovingiens, sont ronds. Cette forme, abandonnée par les Carolingiens, a été reprise et conservée par les rois de la troisième race, à l'exception pourtant du roi Robert. Les papes, les rois étrangers, les grands feudataires, dauphins, ducs, comtes et marquis, les chevaliers, les villes, l'ont adoptée. Les premiers sceaux ecclésiastiques étaient de forme circulaire, les sceaux des dames assises ou à cheval le sont également.
Sceaux en ogive. — Dès le douzième siècle, les cardinaux, les évêques, les monastères, les abbés et abbesses, tous les religieux en un mot, choisissent la forme ogivale. C'est aussi la forme des sceaux des dames représentées debout. Tout en persistant jusqu'à la décadence du sceau, Fogive n'a pas toujours conservé les mêmes proportions. Il ne sera donc pas inutile de faire remarquer ici que plus l'ogive est ample, surbaissée, plus sa date est ancienne ; elle tend à s'allonger, à s'amaigrir, à devenir plus effilée à mesure qu'elle devient plus moderne.
Fig. 7. — Sceau de Jean III et de
La forme ■^^^" ^^' ^^oi^'^^ ^^ Vendôme. Encastrée dans une légende.
Sceaux ovales. ovale s'applique spécialement aux ""« pi'^'-'-e g'avée chrétienne
rr L 1 représente deux anges tenant
sceaux dont l'empreinte est fournie ""^ '^'"°'^ '^''"•^' par une pierre gravée. Les sceaux de cire des rois carolingiens et de beaucoup d'autres personnages le démontrent. Mais ce que nous venons de dire ne reste exact que jusqu'au quinzième siècle, car, à partir du seizième, les sceaux ecclésiastiques abandonnent souvent l'ogive pour prendre la forme ovale.
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Sceaux en écu. — La forme en écu paraît assez fréquente dans le midi de la France, en Artois, en Flandre. Le type de
Fig. 8. — Roy Diaz de Oyon (Navarre!.
Mathilde, comtesse de Flandre, en ii8g, fournit un exemple de sceau en écu triangulaire. La figure d'écu arrondi par le bas (fig. 8) appartient plus particulièrement aux pays méridionaux.
Fig. g. — Sceau en losange de la ville de Dunwich (Angleterre), treizième siècle.
Nef à trois châteaux, manœuvrée par des matelots en chaperon. La légende latine signifie :
0 Sceau de la ville de Donewi. »
Sceaux polygonaux. — Les sceaux à cinq, à six, à huit côtés se rencontrent un peu partout. C'est ainsi que le sceau de la commune de Rieux, en i3o8, présente la figure d'un hexagone.
Sceaux en losange. — Les sceaux en losange ne sont pas non plus très rares. La France, l'Angleterre,
TEspagne et la Navarre ont fait usage de cette disposition. Le sceau de la ville de Dunwich, au treizième siècle, affecte la forme d'un losange (fig. 9).
Fii;. 10. — Ferraiid Juaiiez de Valverde.
Sceaux festonnés, en étoile, trèfles, carrés ou LOSANGES, A APPENDICES. — ■ Des dignitaires espagnols,
Fis. II. — Dieîio Arela. alcade de Tolède.
des seigneurs navarrais, emploient des sceaux orbiculaires bordés de quatre, six ou huit festons; des sceaux en étoile ou trèfles, ou participant de ces deux dispo-
sitions ; des sceaux carrés ou losanges présentant sur
Fig. 12. — Don Johan Nunez, seigneur navarrais.
chacun de leurs côtés un appendice demi-circulaire, c'est-à-dire quadrilobés.
Fig. 1?. — Abbaye de Tournas.
Sceaux rectangulaires. — Le sceau de Baudouin, comte de Mons, est en cuvette rectangulaire; celui de
Tabbaye de Tournus dessine un rectangle cintré par le haut.
Sceaux piriformes. — Liébert, évêque de Cambrai
Kig. i.(. — Chapitre de Xotrc-Dame de Xoyon. 1174.
en 1057, le chapitre de Notre-Dame de Noyon, en II 74, se servent de sceaux en forme de poire.
Les règles qui déterminent les formes principales des types n'échappent pas à la loi commune; elles se compliquent de nombreuses exceptions. Le sceau du roi Robert est en ogive; un des sceaux du comte de Flandre Thierri d'Alsace est également ogival ; ceux de plusieurs seigneurs présentent la même anomalie. La première femme de Philippe de Valois, Jeanne de Bourgogne, la comtesse de Bar Yolande de Flandre,
d'autres dames debout, usent de types circulaires. Certains sceaux ecclésiastiques sont ronds. On rencontre des pierres gravées rectangulaires, polygonales, etc. Dans quelques provinces, comme en Normandie, on ne reconnaît plus de règle fixe, surtout dans les sceaux des classes inférieures.