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LES TROIS PERSONNES DIVINES 327

Dans les types de la maladreric de Pontfëraud, en 1247, et de rhôpital de Saint -Lazare de Paris, en 1^99, le Sauveur prend Lazare par le bras. Ce dernier exemple comprend un nouveau personnage, la Madeleine ao:enouillëe derrière son frère.

Sur un autre sceau de Saint-Lazare de Paris, en 1264, Marthe et Madeleine accompagnent Jésus.

La scène est encore plus complexe dans le type de Saint-Lazare de Beauvais, en 1477. Le Christ y parait suivi de saint Pierre à mi-corps, et de l'autre côté du sépulcre se tiennent Marie-Madeleine et Marthe. Dans le champ, on lit les paroles du Sauveur, telles que les relate saint Jean, xi, 43 : lazare, veni foras. La même inscription, mais ainsi abrégée : la ve fo^ se rencontre, sur un ciel constellé, dans le type déjà cité de Jean Corbigny, chapelain du duc de Bourgogne (fig. 418).

Le sceau de Hugues de Cipro, cardinal-évêque de Palestrina et légat à lato'c, en 1435, offre une Transfiguration entièrement conforme au récit des livres sacrés. On y voit le Christ debout et nimbé, dans le costume traditionnel si souvent décrit, sur une montagne, entre Moïse et Élie. Au bas sont les trois disciples, Pierre, Jacques et Jean ; Tapôtre du milieu assis, ébloui par l'éclat de la divinité; celui de gauche élevant la tète, étendant les mains en signe d'admiration ; le troisième renversé, frappé d'étonnement.

L'histoire évangélique nous apprend qu'après la

Fig. 419.

D'après le sceau

du chapitre de Saint-Pierre

de Lille. i.p6.

Cène, Jésus, voulant donner un exemple crhumllité à ses disciples, (3ta son manteau et leur lava les pieds. Le chapitre de Lille a choisi ce motif en l'honneur de saint Pierre, son patron. Comme il a été fait dans tous les monuments antiques, les apôtres y sont

représentés par un seul d'entre eux, par celui qui devait recevoir les clefs du royaume céleste. Le Christ nimbé, en tunique, sans ]3allium, un genou en terre, tient dans ses deux mains, au-dessus d'un vase, le pied de l'apôtre.

Sur la tète du Sauveur, la divine colombe vole entre des étoiles.

Le nimbe crucifère distingue le Christ ; la tête du disciple ne comporte qu'un nimbe simple. Les actes auxquels sont suspendus les types du chapitre de Lille portent les dates de 1426 et de i5og.

Le douloureux épisode de la Flagellation a été gravé sur le sceau des frères Mineurs de Beauvais, en i3o3.

Nimbé, nu jusqu'à la ceinture d'où part une petite jupe s'arrètant au genou, les mains liées à un poteau placé devant lui, Jésus est frappé par deux bourreaux armés d'un fouet à trois lanières. D'autres fois, comme au sceau des frères Mineurs de Douai, à la date de i3o8, au lieu du fouet, un des deux bourreaux brandit les verges.

LES TROIS PERSONNES DIVINES

Avec Jésus portant sa croix, nous observons une interprétation figurée toute différente de celles que les œuvres des maîtres et les saintes Ecritures mêmes ont consacrées. De trois sceaux représentant le portement de croix, celui de Pons de Saint -Gilles, frère prêcheur, en i255, avec celui des frères Mineurs de Senlis, en i3o3, nous offrent un Christ à la démarche dérag^ée, portant f^^

Fig. 430.

D'après le si.eau

des frères Mineurs de Senlis, i3oli.

légèrement l'instrument du supplice. Ce

n'est que dans le type des frères Mineurs

de Doullens, au seizième siècle, que l'on

a cherché à exprimer une certaine fatigue

douloureuse, une attitude plus accablée.

Sur ces trois sceaux, le Christ est nimbé ou sans

nimbe, tantôt revêtu d'une tunique talaire comme

chez les frères Mineurs de Senlis, tantôt portant une

tunique qui finit au genou comme au type de Pons

de Saint-Gilles.

Sur le sceau des frères Mineurs de Senlis, la croix, de celles qu'on appelle latines, présente la branche inférieure affûtée à son extrémité. Le champ contient, en caractères gréco-latins, l'inscription :

I bC X P

Jhcsiis Christ US. '

Le Sauveur sur la croix a déjà jeté sa dernière exclamation humaine, le Christ est mort. Son corps

n'a même plus la rigidité qui suit les derniers moments, il s'affaisse, soutenu seulement par les clous qui le suspendent au gibet. Sa tête penchée sur Tépaule , nimbée ou dépourvue de nimbe , ne présente pas la couronne d'épines ; ce dernier attribut paraît seulement à la Renaissance. On a tiré ses vêtements au sort, il est à peu près nu. Une petite jupe nouée à la ceinture et tombant jusqu'au genou constitue tout Fhabillement^ et même, aux quinzième et seizième siècles , l'art chrétien n'hésite plus à rappeler que Jésus a subi nu son dernier supplice ; la jupe est réduite à une étroite draperie serrée autour des reins, comme on peut s'en assurer par les sceaux des grands maîtres des Dominicains, Léonard de Mansuetis, en 1475, et François Silvestre, en i528.

Le corps du Rédempteur repose, il est vrai, droit sur la croix, la tête seulement penchée, dans le type du chapitre du Saint -Sépulcre de Caen, en 1226; mais en général, la rigidité a fait place, comme nous l'avons dit, à l'affaissement, et cet anéantissement de la force musculaire est surtout indiqué sur les sceaux de Munio , maître de l'ordre des frères Prêcheurs, en

Fig. 431.

D'après le sceau

du chapitre du Saiiit-Sépulcrc

de Cacii, 1236.

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