‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 79 sur 97 · I.i:S TROIS PKRSONNKS DIVINF.S · texte numérisé non relu

I.i:S TROIS PKRSONNKS DIVINF.S

Roncevaux, en i322; — de quatre fleurs de lys sur celui de Tabbaye de Sainte-Croix de Poitiers, en 1396. On voit une croix grecque posée sur un champ fleuri dans le type de la Grande-Chartreuse, en 1367. Tout en reproduisant la croix grecque sous la forme consacrée par Tancienne imagerie religieuse, le moyen âge l'enrichit quelquefois de décorations au goût de répoque. Ainsi des croix grecques à extrémités fleuronnées, le corps sillonné de légers filets, se voient sur les sceaux de Manassès, évêque d'Orléans, en 121 2, • — du prieur de Saint-Martin de Londres, en i3o3, — des Chartreux de la Prée-lès-Troyes, en i365. — Et ces croix grecques fleuronnées sont accompagnées comme les croix simples d'emblèmes religieux, héraldiques ou professionnels. La commanderie du Temple à Paris, en 1290, cantonne sa croix fleuronnée de quatre croisettes. — Guillaume de Bussy, évêque c^f-o^ d'Orléans, en 1242, angle la croix de ^ quatre fleurs de lys, avec ces mots pour

rraprès le scenu légeudc : o CRUx ADMiRABiLis. — • Guillaumc

de Guillaume 1 r^ ' 1 i- 1 1' ' i- 1 ^ •

de crépy, dc Crcpy, chancelier de 1 église de Saint-

cliancclier de ^^ .

l'église de Saint- Qucutin, cu 1275, cautonuc sa croix fleu-

Quentin, i2;5. , , , ,, . ,

ronnee de quatre clets, par allusion a ses fonctions. — Sur le sceau de Fhôpital de Sainte-Croix d'Arras, les extrémités, ansées au lieu d'être ornées de fleurons, sont accostées de deux petits rats.

C'est cette même croix grecque à branches égales

et pâtées que nous étudions ici, qu'on a fixée au haut d'une tige, d'une hampe et quelquefois d'une colonne, pour en faire la croix dite de résurrection ou triomphante, étendard glorieux que l'on voit à la main du Christ ou porté par Fagneau divin.

Nous présenterons d'abord une croix grecque dont la branche inférieure destinée à être fichée a été

Fig. 436. — D'après le sceau de la ville de Lyon, 1271.

affûtée. Elle existe sur le sceau du chapitre de Sainte- Croix d'Étampes, en 1221. — Le prieuré de Saint- André de Rameria, en 1266, et l'Hôtel -Dieu de Nemours, en i343, offrent la croix grecque montée sur une hampe. — La hampe, accostée de deux croisettes, est tenue par une main, dans le type de Philippe le Berruier, évêque d'Orléans, en i235.

Sur les sceaux de la ville de Lyon, en 1271 et i320, figure une croix grecque montée au haut d'une colonne.

LES TROIS PERSONNES DIVINES

Des croix grecques fleuronnées ont été également élevées. Celle de Jean, curé de Barastrc, en 1270, est portée sur un pied exhaussé par des degrés. Un tyj^e semblable appartient à la commanderie du Temple, à Paris, de 1290 à 1446, avec un priant d'un côté et le château du Temple de Tautrc.

Au moyen âge, la croix de Passion, le bois équarri c( fourni par un rejeton de l'arbre de vie du Paradis terrestre », le gibet retrouvé par la mère de l'empereur Constantin et dont les précieuses reliques ont opéré tant de miracles, est une croix latine.

Les sceaux la reproduisent tantôt seule, tantôt accompagnée d'accessoires, parmi lesquels on remarque surtout les instruments de la Passion.

La croix latine seule se voit sur les sceaux de l'hôpital de la Vraie-Croix de Béthune, en i355, — de Henri, abbé de Saint-Adrien de Grammont, en i33o; cette dernière élevée sur un perron et plantée sur une montagne.

Dans le type de Pierre de Gorbigny, chanoine d'Aire, en 1285, la croix est tenue et adorée par deux anges. Dans celui des frères Prêcheurs d'Auxonne, en 1398, un roi présente à l'adoration de Pi'îne de corbigny,

chanoine d'Aire,

deux religieux, surmontés d'une étoile, '-**-'•

une croix latine fleuronnée. Le sceau des Chartreux de \'illefranche, en 1452, offre une croix mystique munie de deux ailes qui naissent de son pied.

35o LE COSTlIiME D'APRES LES SCEAUX

Les instruments de la Passion accompagnant la croix latine ne paraissent que sur les sceaux des quinzième et seizième siècles.

La couronne d'épines se voit au sceau de la mairie des Chartreux de Paris à Sollers-en-Brie, en

Elle figure en même temps que les trois clous dans les types de Nicolas , cardinal du titre de la Sainte-Croix à Jérusalem, en 1431, - — du provincial du tiers ordre de Saint-François, en i636, 1662; — tandis que la croix de la mairie de Saulx appartenant aux Chartreux de Paris, en 1458, ne porte que les trois clous seuls. — Ces derniers avec le fouet et les verges se trouvent sur le sceau de la confrérie des Quatre- Mendiants d'Essling, au quinzième siècle.

Quant au titulus, on le remarque sur les sceaux déjà cités des Dominicains d'Auxonne, du cardinal de la Sainte-Croix et de la confrérie d'Essling. Dans ce dernier type, il est porté par une tige fixée au sommet de la branche supérieure, beaucoup plus courte que d'ordinaire.

L'image la plus complète de la croix de la Passion nous est offerte dans le type des Clarisses d'Arras, au seizième siècle. Non seulement tous les instruments y sont représentés, mais encore un cœur remplace le Sauveur sur la croix.

La croix à double traverse paraît sur les plus anciens sceaux. Dès la fin du douzième siècle, les

LES TROIS PERSONNES DIVINES

Fig. 438-

Jean-Ferdinand

de Redia,

grand maître

des Hospitaliers,

Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem l'avaient choisie pour emblème.

Elle figure dans leurs types accostée de V\ et de Tn, dominant le plus souvent un monde sous lequel on remarque la lettre E couchée, Eteniiias? Ses branches sont tantôt droites, tantôt pâtées, c'est-à-dire élargies à leur extrémité.

Parmi les sceaux des Hospitaliers , nous citerons ceux des grands maîtres : Geoffroi du Donjon, en iiqS; — Foulques de Villaret, en iSoy; — Jean-Ferdinand de Redia, en 1384; — ■ Baptiste des Ursins, en 1476.

D'autres établissements ou d'autres personnages ont également employé la croix à double traverse. L'abbaye de Fontgombaud , en 1 268 , — le maître de l'hôpital du Saint-Esprit de Besançon, en 1327, — ■ Pierre, souschantre de Paris, en i225, l'adoptèrent pour signe de leur individualité. — Le sceau de l'hôpital de Sainte -Marie ad Sanctum Galliim rS. Alaria del BigalloJ^ à Florence, présente au treizième siècle une croix à double traverse, plantée et potencée à chacune de ses branches, sauf à la supérieure; celle-ci est surmontée d'un fleuron qui rappelle les armes de la ville. — Dans le type de Léon, cardinal du titre de la Sainte-Croix à Jéru-

Fig. 43g.

de Léon, cardinal

du titre de la

Sainte-Croix

à Jérusalem. 122 1.

salem, en 1224, une croix en bois brut, seulement ébranché, porte une inscription sur ses deux traverses. A la supérieure, on lit : ms na rex ivd, Jhesiis Na^aremts rex Jiidconnn; l\ Y mféneure : imago ic dni, Imago Jhesii Christi domini.

En 1299, la ville clYpres avait déjà pris la croix à deux traverses pour emblème héraldique. On la rencontre encore au quinzième siècle dans les armoiries de la ville de Saint-Omer,

Le Monogramme du Christ. — Comme la croix, le monogramme du Christ date des premiers siècles chrétiens. Combiné de façon à retracer à la fois les deux premières lettres grecques du nom du Christ et le

gibet sur lequel il expira, il offrait le double avantage d'exprimer en même temps Tidée du Fils et celle du Rédempteur.

Quelquefois, au lieu des sigles répondant seulement au nom du Christ, il était composé d'initiales rattachant ce nom à celui de Jésus.

On peut se faire une idée du prix attaché à ces lettres mystiques par le nombre de monuments anciens sur lesquels on les trouve marquées. Basiliques primitives, sarcophages, coupes funéraires, lampes, bijoux, monnaies, portent tous Tempreinte divine.

Fig. 440. — D'après le sceau

du prévôt général de l'ordre des

Jésuites, 1610.

LES TROIS PERSONNES DIVINES 353

A une époque relativement moderne, paraît un nouveau monogramme; celui-ci, du nom de Jésus, en trois lettres ihs, la lettre du milieu n

surmontée d'une croix. C'est ce dernier siffne dont les Jésuites ont conservé le

lis

souvenir sur leurs sceaux, comme on peut Fig. 441.

D'après le sceau

le voir dans le type du prévôt général de «ic la crande-

Cliartreuse,

Tordre, en 1610 (fig. 440). Dans cet 'h'-

exemple, l'inscription est soulignée des trois clous de la Passion.

On retrouve encore le monogramme de Jésus, en lettres gothiques, sur le sceau de la Grande-Chartreuse, en 1441 ; il est entouré de la légende explicative :

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