I.A VIKRGE ET LES SAINTS
un loup ou un lion, également assis. C'est saint Mammès, dont un sceau du môme chapitre offre, en iSoy, le bras rapporté d'Orient du temps des croisades. S. Marc. — Sur le sceau de Pierre, cardinal du titre de Saint-Marc, vers 1438, révangéliste, assis, tête nue, barbu, nimbé, revêtu du manteau des philosophes, écrit dans un livre que le cardinal, agenouillé, élève des deux mains. Derrière le saint on aperçoit le lion ailé, son symbole.
Les bulles des doges fournissent d'autres figures de saint Marc. Sur chacune d'elles, le saint, debout, de profil, nimbé, mitre, tenant le livre de l'Evangile, remet au doge l'étendard de la république. Nous n'en citerons qu'une, d'un style tout à fait byzantin : la bulle de Pierre Gradcnigo, en i3o6.
Le lion symbolique, ailé, nimbé, tenant '0^. i-in livre, se voit au sceau de Brice, chantre de Saint-Géry de Cambrai, en 1208,
S. Marcel. — Le saint évêque de
Fis. 522.
D'aprcs la bulle d'or de Pierre Gradenigo, doge de Venise, i3oô.
Fig. 523.
D'après le sceau
du doyen PaHs cst rcpréscuté debout, mitre, crosse,
de Saint-Marcel,
■ 284- en chasuble, tenant un dragon attaché par
le cou, sur les sceaux du chapitre de Saint-Marcel de Paris, en 1340, i5i2. — Il tient le dragon enchaîné et le frappe en même temps de sa crosse dans les
types du doyen et du bailliage du même chapitre, en 1284 (fig. 523), 1415 et 1416.
Saint Marcel figure en compagnie de saint Denis dans une Annonciation gravée sur le sceau de la chambrerie de Févêque de Paris, en 1449 et 1453. Mais ici Févêque bénit, il foule seulement aux pieds le dragon.
Sainte Marie -Madeleine. — Nous étudions ici Madeleine de Béthanie, sœur de saint Lazare.
Les sceaux la représentent seule, à micorps ou debout, essuyant de ses cheveux les pieds de son divin maître, questionnant Fange au tombeau du Christ, ou bien à genoux pendant Fapparition de Jésus.
Tantôt, la tête recouverte d'un voile, elle porte un costume d'abbesse ; tantôt on la voit drapée dans un ample manteau ; ^. , d'autres fois sa tête est nue et ses cheveux
Fig. 324.
D'après le sceau flo^tantS.
de la léproserie
de Sainte-Marie- Scule , la Madeleine a pour principal
Madeleine, près ' r r r
Bruges, 1267. attHbut Ic vasc de parfums qu'elle tient des deux mains, comme au sceau de la léproserie de Sainte-Marie-Madeleine, près Bruges, en 1267. — Elle porte en même temps une palme dans les types de Jean, prieur de Fabbaye de Vézelay, en 1267, — des Filles-Dieu de Paris, en i328. — Elle tient seulement une palme, et lit debout devant un pupitre, dans le type du couvent de la Madeleine de Saint-Omer, en i320.
LA VIKRGE ET Li:S SAINTS
Fig. 525.
D'après le sceau
de Gilles,
Jvêque de Fanari,
iHr)2.
Étendue sur le sol, Madeleine essuie de ses cheveux les pieds de Jésus, au sceau de THôtel-Dieu de Rouen, en i366.
On la voit à genoux, séparée par un arbre du Christ ressuscité, sur le sceau du chapitre d'Aigueperse, en 1307.
Gilles, évêque de Fanari (?), offre dans un type de i362 notre sainte debout, nimbée, enveloppée jusqu'aux pieds de sa chevelure, son unique vêtement. Les auteurs citent trois saintes ainsi représentées : la Madeleine, sainte Agnès et sainte Marie TEgyptienne. S. Martial. — Assis, mitre, en chasuble, Tévêque de Limoges, tenant une croix processionnelle et bénissant, figure, en i3o3, sur le sceau de Tabbaye de Limoges qui porte son nom.
S. Martin. — L'iconographie des sceaux représente Tévêque de Tours en buste, à mi-corps, assis, debout. On le voit officiant, ressuscitant les morts, partageant un manteau, en recevant un autre du ciel.
Un beau spécimen de saint Martin en buste, barbu, mitre et nimbé, se remarque au contre-sceau de Tabbaye de Saint-Martin de Laon, en i38o.
D'après le sceau du prieuré
de Saint-Manin-des-Champs,
Les figures à mi-corps portent une date plus ancienne; on les rencontre sur les sceaux du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, en 1144 (fig. 526), 1180. Le saint, tète nue, en chasuble, tient sa crosse et un livre. — Il bénit, dans le type de Fabbaye de Saint- Martin de Laon, en 114S.
Le saint, assis sur un arc-en-ciel, tète nue, crosse et bénissant, se voit au sceau de Fabbaye de Saint- Martin de Pontoise, en 1177. — D'autres types le représentent avec sa crosse et un livre souvent ouvert : ce sont les abbayes de Saint-Martin de Tournay, en 1173, — de Saint-Martin d'Ainay, en 1293. — Sur le sceau du chapitre de Saint-Martin de Tours, en 12 15, il tient de la même main la crosse et le livre ouvert, et bénit de Fautre.
AssiS;, il porte la mitre dans les types des abbayes de Saint-Martin de Ruricourt, en 1190, — de Saint- Martin de Pontoise, en i23G.
Saint Martin debout, dans le costume épiscopal, est représenté crosse, presque toujours bénissant et nimbé : la tête nue, dans le type de Fabbaye de Séez, au douzième siècle ; — mitre, sur le sceau de Fabbaye de Saint-Martin de Pontoise, en 1199. — Au lieu de bénir, il tient un livre sur le sceau de Fabbaye de Saint-Martin d'Ypres, en i3(3i.
La légende raconte que le saint, officiant à Fautel, aperçut au-dessus de sa tête un globe de feu. Le type d'Aubri Cornut, doyen de Saint-Martin de Tours,
LA \IERGE ET LES SAINTS
en 1233, rappelle cet événement. Au lieu du globe de feu, ce sont des flammes qui ont été figurées.
Le sceau du chapitre de Saint- Martin d'Angers, en 1260, représente un évêque mitre, crosse, bénissant un personnage nu, également nimbé, sortant de son tombeau. Il met sans doute sous nos yeux une des résurrections attribuées au saint patron.
On voit sur les sceaux de la cham- F's 527. brerie de Saint -Martin -des -Champs,
D'après le sceau
d'Aubri cornut, doyen gn 138-7 et 1474, un évôquc debout,
de Saint-Martin de Tours, / "t/t^ 1 i
'2". mitre, crosse, embrassant un person-
nage, tête nue, debout devant lui. Devons -nous y reconnaître notre saint embrassant un pauvre ?
Saint Martin partageant son manteau est un sujet fréquemment répété. D'ordinaire, le saint, à cheval, coupe de son épée le vêtement dont le pauvre saisit un pan; celui-ci, nu jusqu'à la ceinture, est quelquefois appuyé sur un bâton ; saint Martin, tète nue, souvent nimbé, est revêtu d'un surcot ceint. On reconnaît à certains manteaux une doublure d'hermine ou de vair, comme on pourra s'en assurer
Fig. 528. — D'après le sceau du chapitre de Saint-Martin d'Angers, 1260.
par les types de Courtrai et de Lombartzyde, en 1286,
— de Biarritz, en i35i.
La scène se complique d\in assistant sur le sceau
de Robert de Vernon, archiprètre de Loches, en 1297.
Un personnage, tète nue, vêtu du haubert et de la
cotte crarmes, portant une lance et un bouclier armorié d'une croix, se tient debout devant le cheval. — Un bras seul, saisissant le pan du manteau, comme au sceau de la ville de Merck, en i3o3, symbolise quelquefois le mendiant.
Citons une aumône bien rare dans l'iconographie équestre du saint : sur le sceau
de la chantrerie de Saint-Martin d'Hesdin^ en 1348,
saint Martin, à cheval, présente une coupe à un pauvre. Mentionnons encore d'autres images peu fréquentes
de saint Martin partageant son manteau. Le saint
n'est plus à cheval ; il est à pied,
debout, et devant lui, le pauvre tient
d'une main le pan du vêtement. Ces
figures de saint Martin à pied se rencontrent sur les sceaux du chapitre de
Fig. 5^9.
D'après le sceau de la chantrerie de Saint-Martin d'Hesdin, 134S.
Saint-Martin d'Anoers, en i232.
de
Fig. 53o.
D'après le sceau
de Simon,
chanoine de Tours,
Simon, chanoine de Tours, en 1241-
1245. Ce dernier mentionne l'oie (l'oie
de la Saint-Martin?), dont on a fait un des attributs
du saint. On voit en effet, en haut, une oie touchant
de son bec le nimbe du saint évècjuc.
LA VIERGE ET LES SAINTS
Fig. 53i.
D'api'és
ie contre- sceau
du chapitre de Saint-Martin d'Angers, i3o3.
Le vêtement que le saint vient de partager lui est rendu tout entier pendant son sommeil, sur le contresceau du chapitre de Saint-Martin d'Angers, en i3o3. Pendant que saint Martin dort étendu sur son lit, un personnage à micorps, nimbé, lui apporte du ciel un manteau.
S. Mathieu. — Un sceau d'Etienne, abbé de Clairvaux, en i395, représente révangéliste debout, en costume épiscopal, nimbé, tète nue, avec la crosse et tenant un livre. — Dans le type de Guillaume; abbé du même monastère, en 1432, saint Mathieu porte la mitre.
L'ange symbolique, debout, tète nue, nimbé, ailé, vêtu d'une dalmatic]ue, tenant la croix du triomphe et le livre de T Evangile, figure sur le sceau du chapitre de Saint-Mathieu de Fouilloy, en i35o.
Dans un type du même chapitre, au dix-septième siècle, saint Mathieu, tète nue, nimbé, à genoux devant un pupitre, écrit l'Evangile que lui dicte un ange volant devant lui.
S. Mathurin. — Nous avons donné, à l'article des mauvais anges, le croquis du saint prêtre guérissant une possédée (fig. 459). Nous y renvoyons le lecteur.
S. Maur. — Le contre-sceau des abbés de Saint-
Fig. 5j2.
D'après le sceau
du chapitre de Fouilloy,
Fig. .''33.
D'après
le contre-sceau
de Jean III,
abbé de
Saint-Maur,
Maur, Jean II, en i2g3, — Jean III, en i362, représente le saint debout, tète nue, nimbé, en costume monacal, retirant de l'eau le clerc qui se noyait.
S. Maurant. — Voy. S. Ame.
S. Maurice. — Le saint, debout, tète nue et nimbé, revêtu du haubert et de la cotte d'armes, armé d'une lance et d'un bouclier armorié d'une croix, se voit sur le sceau de Guillaume de Nointel, chanoine de Tours, en 1293. Il est encore debout, mais coifFé de mailles et sans nimbe, dans le type du chapitre de Saint -Maurice de Tours, en i368.
Saint Maurice figure à cheval, en costume de guerre du douzième siècle, sur les sceaux du chapitre de Saint-Maurice de Tours, en 1241, — de l'abbaye de Saint- Maurice d'Agaune, en 1261. Dans le premier type, le heaume conique est nimbé, les pans du bliaud descendent jusqu'à terre, le saint tient l'épée. Dans le second, il porte la lance. — Les archevêques de Tours, de 1210 à 1267, oflrenî; sur leur contre-sceau saint JVlaurice à
Fig. 534-
D'après le sceau de Saint-Maurice de Touis, 12 |.i.
LA VIHRGE F.T LES SAINTS 439
cheval, armé d'une cpée, coilfé crun casque carré, clans tout Taitirail de guerre du treizième siècle. — Le contre-sceau de Jean de Faye, en 1210, mérite Tattention. Il est formé par une pierre gravée, dans laquelle le saint, armé d'une croix, combat le dragon.
S. Maximin. — L'évcque de Trêves figure à micorps, mitre, nimbé, crosse, en chape, tenant un livre, sur le sceau de Jean, abbé de Saint- Maximin de Trêves, en 1529.
S. Médard. — Un type de Fabbaye de Saint- Médard, au douzième siècle, représente son patron en évêque, coiffé de la mitre cornue, et bénissant.
S. Mellon. — Le saint debout, tète nue, en costume sacerdotal, crosse, bénissant, se voit au sceau de Tabbaye de Saint-Mellon de Pontoise, au douzième siècle.
Sainte Mercerie. — Guillaume et Jacques Bertrand, prieurs de Sainte-Mergerie, en i339 et 1442, nous donnent sur leur sceau l'image de la sainte, tête nue, nimbée, tenant la croix du triomplie et une palme. Dans le plus ancien type, elle est debout, les pieds sur un dragon ; dans celui de Jacques Bertrand, elle est assise sur un lion.
S. Nazaire et S. Celse. — Les deux martyrs sont représentés debout sur le sceau du chapitre de Carcassonne, un peu après 1224 (fig. 535). Nimbés, tète nue, revêtus d'un manteau et d'une tunique à jupe ornée d'une riche bordure, ils tiennent chacun à
Fig. 535.
D'après le sceau du