CHAPITRE XVII. 22J
mise bien plus étrange. Ils avaient adopté le bonnet
Fig. i6i. — Patriote élégant (Coll. de M. Claretie).
rouge qui ne se montra guère, il est vrai, que dans la
rue, mais devint un signe bien distinctif de Tétat des esprits.
« Le pantalon^ dit Quicherat, qui avait figuré naguère dans la mise de matin des petits-maîtres faisait encore partie de Thabillement des petits garçons de la classe élevée, habillement appelé Matelot qui se composait d^une veste et dMne pantalon, le pantalon boutonné après la veste. Aux approches de la Révolution, les ouvriers des villes adoptèrent le même costume. Leur veste, ils l'appelèrent à la carmagnole, ou ca7~magnole tout court, sans que personne en ait jamais pu dire la raison. » Le peuple accepta le pantalon et la carmagnole; il tira honneur du premier surtout qui le distinguait des autres révolutionnaires et lui permettait de se qualifier de « sans-culotte ». Il se fit gloire d'arborer ce vêtement simple jusqu'à la pauvreté, mais commode et peu coûteux, qui est encore aujourd'hui celui de notre flotte.
Une grande liberté régnait à la Convention; le costume des représentants du peuple était fort débraillé. Un seul individu y faisait tache par la correction de sa mise d'ancien régime, grave et digne : c'était Robespierre. C'est cependant lui qui eut l'étrange initiative de demander au peintre David le dessin d'un costume pour la nation française. Etrange erreur! Les choses spontanées ne peuvent être créées par le cerveau d'un seul qu'avec la complicité de tous. Le résultat fut, smon ridicule, au moins tout à fait puéril et non pratique. On retrouvera dans les gravures de Denon le type étrange sorti de l'imagination du grand peintre. Il est d'ailleurs à remarquer qu'aucune