CHAPITRE XVII. 2ÎS
des pièces de cet habillement n'est originale. Ce sont
fig. 162. — Costume de la Révolution (Coll. de M. Claretie).
toutes des emprunts à des modes passées ou étran-
gères. Lui-même n'osa pas proposer un retour au costume grec et au costume romain que désiraient certains utopistes.
En tous cas, il y a une chose désormais bien oubliée : c'est la perruque poudrée. Elle est considérée comme indécente. Les muscadins se coiffent en oreilles de chien ; le catogan est devenu une modeste et jolie coiffure, quoiqu'un peu dangereuse à porter. Mais il n'a plus une longue vie; il est bientôt interdit de le porter. La tonsure à la Titus et à la Bi'utus et la frisure à la Caracalla donnent aux têtes françaises une allure plus virile qu'elles ne perdront plus. .
Les muscadins céder &nt la place aux incroyables. On ne peut attendre de nous la description d'un de ces étranges types de l'humaine aberration. Une pareille description est impossible. Qu'on suppose seulement une perversion du goût complète s'exerçant sur les formes et les couleurs du vêtement. Toutes les parties courtes s'allongent; les détails prennent des proportions immenses , disgracieuses et incommodes (par exemple, les revers, la cravate, la jarretière, le quartier des bottines, les ailes du chapeau, la canne); les parties ajustées sont laissées dans une ampleur sans raison. Un incroyable semblait habillé dans les vêtements d'un individu deux fois plus grand et plus fort qu'il n'était lui-même. Cela lui donnait un air souffreteux et misérable qui fut cependant recherché. Son chapeau était le vaste tromblon qui revint à la mode, sous la Restauration, sous le nom de bolivar. Ajoutez à cela le ridicule de son maintien que les es-