‹ Le costume en FranceChapitre 104 sur 117 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

toilettes fraîches et gaies, de couleurs claires, drapant le

Fig. 164. — Costume de la Révolution.

corps comme des tuniques antiques; les anciens arti-

fices du corset et de la crinoline ont fait leur temps aussi bien que la poudre et les mouches. On ne veut plus rien d'apprêté; ou se vêt comme pour un âge d'or qui ne doit pas finir. David et son école essayèrent de faire pour les femmes la même réforme archéologique que pour les hommes. On a vu qu'ils échouèrent complètement pour ces derniers. S'ils avaient réussi, le monde eût ressemblé au théâtre, on aurait joué dans les rues la tragédie et la comédie en costume. Le fait est que leur bizarre programme eut, pour les femmes, un commencement d'exécution sous le Directoire. On vit alors, sous les arbres des promenades, des costumes féminins à la grecque, à la romaine. Chacune choisissait la déesse antique à laquelle elle pouvait ressembler et s'ingéniait à copier les statues des musées. Les merveilleuses férues d'archéologie demandaient conseil aux sculpteurs et eussent payé cher le patron d'un tunique de vestale. On n'entend parler que de cothurnes, — de tuniques, de résilles, de bandeaux, de chignons à la grecque; tous les bas-reliefs sont mis à contributions. Sous les rigueurs de notre climat, les étoffes légères, blanches, que l'antiquité affectionnait, ont seules la vogue, au détriment des solides et somptueux tissus. On se rapproche de la nudité, à ses risques et périls; on ose paraître dans les plus scandaleux déshabillés, bien nommés cette fois. Plus de linge intime, des draperies flottantes qui dessinent les formes.

Les perruques, si facilement jetées au vent par les hommes, eurent encore quelque crédit près des femmes. Mais bientôt la Titus les tenta. Les cheveux tombèrent sous les ciseaux des perruquiers. Il est vrai que ces

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