CHAPITRE XVIII
origine rarement française. C'est l'Italie, c'^st l'indus-
Fig. 166. — Reitre et piquier sous Louis XI. (Suzanne, Hist. de l'Inf. française.)
trieuse et artistique ville de Milan qui forge et cisèle
dans ses ateliers ces armures, qui taille et brode ces velours piémontais, qui ajuste ces houppes, ces franges de soie promenées en France par les bandes de Bonnivet. On imita d'ailleurs bientôt ces merveilles dans notre pays.
D'un autre côté, comme le dit Quicherat, « les nouveaux corps de cavalerie qui se formaient étaient de plus en plus armés à la légère. Ainsi fut-il des argonlets et des reitres dont Tarmée française s'enrichit sous Henri II ».
Or les argoulets n'étaient autres que des arquebusiers à cheval, qui succédèrent aux Albanais. On leur avait donné le corselet à manches et la salade pourvue d'un nasal. Quant aux reîtres, c'était une importation nouvelle, un corps de cavalerie germanique, et tout, dans leur costume, décèle un cachet nouveau.
« Ils n'avaient pas de fer sur leur corps, mais seulement des pourpoints de buffle pour amortir les balles, et contre le mauvais temps de grosses lourdes casaques (manteaux à la reître) r>. Ils faisaient usage d'une arme nouvelle aussi, le pistolet d'arçon. Avec leur chapeau en forme de melon, leurs bottes et leur roide enveloppe de cuir, ils ont un air aussi martial que les preux de la féodalité. On peut d'ailleurs remarquer qu'à aucune époque, depuis la découverte de la poudre, le costume militaire ne fut plus logique.
Hélas ! L'ère des guerres civiles s'ouvre avec Charles IX. Après la division des nationalités vient la