‹ Le costume en FranceChapitre 110 sur 117 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Mais qu'advint-il cierinfanterie?Piquiers, mousquetaires et arquebusiers (la hallebarde e'tait en train de passer hors d^isage) portent les chausses longues )usqu''au genou. Les mousquetaires ont adopté le simple chapeau. 11 n'y a plus dans l'habillement militaire que peu de pièces mal aisées à porter. Les reîtres subissent la peine de ne pas être demeurés ce qu'ils étaient d'abord. Les chevau-légers les ont remplacés avec avantage : eux aussi ont la lance et le pistolet. Le fer disparaît morceau par morceau : « les soldats s'en desfont, dit un auteur du temps, et en jettent une pièce après l'autre. Il serait mieulx avoir un plastron à l'épreuve, car les morions empeschent les arquebusiers; les crestes, les pointes ne sont qu'ornement... Ils- se peuvent parer de leur arquebuse. »

Sous le règne de Louis XIII, notre chapitre rentre enfin dans ses véritables attributions : il n'y sera plus question que d'étoffes; il est vrai qu'on aura parfois peine à se rappeler que nous parlons de l'habillement militaire; mais ce sera, du moins, un habillement au vrai sens du mot, malgré d'étranges aberrations.

Le ministère de Richelieu vit se produire un progrès gros de conséquence : un noyau d'armée permanente fut établi. Ce centre solide et sans cesse grandissant attira à lui, engloba les bandes errantes qui pullulaient autrefois autour des armées. Certes ] le burin de Callot nous montre encore de bien vilaines choses; les malandrins tiennent encore, dans beaucoup de cas, le pays sous la terreur; mais le roi dispose de corps réguliers, régulièrement payés et dûment vêtus à ses propres frais.

D'ailleurs, le personnel fut le même que sous le règne de Henri IV. Ce sont toujours les trois armes, pique, arquebuse et mousquet, qui déterminent la composition des nouveaux régiments. Il faut seulement remarquer que la distinction extérieure entre le militaire et le civil va fort en s'amoindrissant. Si Ton regarde un mousquetaire, un Cent-Suisse, un officier d'infanterie ou des gardes françaises en tenue de campagne; on ne remarquera pas qu'il y ait grande différence entre sa tenue et celle d'un gentilhomme de cour ou d'un cavalier à la mode. Mêmes feutres à plumes, mêmes cols rabattus, même pourpoint, mêmes chausses; même profusion de cannetilles, de soutache et de rubans flottants; il n'y a que la rapière, suspendue à son large baudrier, et le mousquet avec sa fourche qui, dans une gravure d'Abraham Bosse, nous apprenne si la scène se passe dans un salon ou proche d'un champ de bataille. Mousquetaires et arquebusiers étaient autant que possible vêtus d'amples et solides étoffes. Il y avait le gilet de peau, ou buffle, la Iiongreline, lehoqueton réservé aux gardes, qui est devenu une tunique à très courtes manches, entièrement fermée et brodée sur le devant. La hallebarde est réservée aux gardes; les officiers d'infanterie avaient conservé le hausse-col de métal, qui n'est pas encore sorti d'usage aujourd'hui, plutôt comme insigne distinctif que comme pièce d'armure protectrice. Les piquiers eux-mêmes ont abandonné les brassards. Les carabins ou mousquetaires portaient seuls la mandille,qui prit le nom de casaque (elle était bleue et brodée de croix d'argent sur les pans), et le large feutre à plumes qui est d'un si bel aspect.

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