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CHAPITRE XVIII

« Les gendarmes, dit Quicherat, furent ceux envers lesquels Louis XIII déploya le plus de rigueur pour

Fig. 167. — Grenadier à cheval : 17^6 (CliiJreau, Recueil d'uniformes).

les empêcher de déposer le harnais traditionnel. Après avoir proscrit les casaques, il prononça la dégradation de quiconque n'aurait pas toutes les pièces de Par-

mure. Au grand dommage des perruques flottantes, des cadenettes, du beau linge fin, il fallut s'emprisonner la tête dans une salade à mxasque, porter la cuirasse à brassards, les tassettes, et tout cela en bel acier bien luisant, afin que les escadrons étincelassent au soleil... Mais on fut convaincu, après la bataille de Rocroi, que la supériorité des armées ne réside pas dans un attachement ridicule aux vieux us. »

Les premières années du règne de Louis XIV virent cette guerre étrange et quasi ridicule qu'on appelle la Fronde. Mais ce long règne en vit d'autres, dont rimportance, la conduite, sinon la durée, font présager les guerres modernes. Le roi qui s'entendait à tout sut être un roi guerrier. Il eut l'amour de l'uniforme. II le créa vraiment. Lorsqu'il Jugeait de loin les mouvements de son armée, comme Van der Meulen nous le représente, il voulait distinguer les corps de son armée, les discerner à leur couleur dans la mêlée. Mais, lorsqu'il faisait défiler devant lui pour satisfaire son indomptable orgueil, les troupes de ses garnisons de Versailles, il descendait Jusqu'à la minutie, inspectait le moindre détail, s'ingéniait à trouver des perfectionnements, à unifier la coupe des vêtements, et lançait des ordonnances souveraines. Il décida les garnitures et Jusqu'au nombre des soutaches ou des boutons; et, pour assurer l'exécution de ses ordres, voulut que l'État, qu'il avait créé, habillât ses soldats. En 1670, ce sont des fournisseurs qui sont chargés, par

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