CHAPITRE XVIII
Fig. i68.
Soldat d'infanterie': 1766 (Chéreau
adjudication, de riiabillcment de toute Tarmée. L'uniforme fut commun à tout le régiment, tandis qu''auparavant la livrée ne s'imposait qu'à la compagnie.
Les derniers piquiers disparurent, après avoir simplifié petit à petit leur pesant accoutrement. Seuls conservés à l'état de corps d'élite et de parade, les gendarmes restùrent enfermés dans leurs cuirasses (cette exception dura jusqu'aux guerres du premier Empire), et les carabiniers ceignirent un plastron; ces deux corps eurent aussi la bizarre superstition de porter une calotte de fer sous leur chapeau de feutre.
La cuirasse est donc devenue un emblème de commandement, dont le caractère, purementdécoratif, est bien souligné par l'absence de toute protection des bras et des jambes Fantassins et cavaliers portaient
\e justaucorps^ simple dérivation du buffle déjà décrit, la veste, la culotte et les grandes bottes. Vers 1680 ou 1700, un aide de camp, un officier d^infanterie ou de milice, un lieutenant aux gardes auraient pu se présenter dans une ruelle avec leur tenue de campagne. Les étoffes, les couleurs des étoffes même, furent pour les militaires ce qu'elles étaient pour les particuliers, les citadins ou les grands seigneurs.
Les tons sobres et neutres eurent naturellement la préférence ; on en relevait Taustérité par l'éclat des doublures. « Au drap gris, brun, Isabelle ou noisette, qui formait l'étoffe du Justaucorps, on opposa des revers blancs, jaunes, rouges, verts ou bleus. Les culottes et les bas étaient le plus souvent appareillés aux revers. L'habit bleu ou rouge distingua les régiments de la Maison du roi. Les soldats du premier corps spécial créé pour le service de l'artillerie eurent l'habit gris à revers bleus, avec chausses et bas rouges. Dans tous les régiments, les grades, à partir de celui de lieutenant, étaient distingués de même par une différence dans la couleur du justaucorps : ce fut le principe du premier uniforme. »
La garde royale à cheval avait pour unique couleur le rouge; mais les mousquetaires continuaient de porter la casaque bleue brodéC;, si coquette, lorsque brusquement ils la remplacèrent par la .soî/èreî^e.yfe, tunique de dessous sans manches, qui n'a, en réalité, de raison d'être que de porter la croix sur le devant.
On avait déjà vu, sous Louis XIII, un corps de cavalerie légère nommé cravates ou Croates, dont l'habillement tenait beaucoup du goût oriental. Les hus-