CHAPITRE V. 7j
d^une banderole ; c'est le gon/anon, qui sert à rallier les hommes d'un même clan.
L'élévation de la dynastie capétienne, race plébéienne, saxonne d'origine, fut l'œuvre du clergé. Hugues Capet ne voulut jamais porter la couronne; il lui suffit de la chape, comme abbé de Saint-Martin-de Tours ; pourtant une ère de guerroiement interminable s'ouvre. Les chansons de gestes ont popularisé rétrospectivement les exploits des preux de Charlemagne et d'Arthur. Les modèles que les rhapsodes du moyen âge avaient sous les yeux, en décrivant Roland ou les chevaliers de Saint-Graal, ce sont les chevaliers du xi'' siècle, définitivement enfermés dans un nouveau type d'armure. Les paladins-chevaliers, les bannerets, les conquérants des Calabres et de la Sicile, les premiers Croisés, etc., sont bardés de fer. Il faut se les représenter comme les Normands de Guillaume le Conquérant figurés sur la tapisserie de Bayeux, soit, par le détail, comme harnachés de la façon suivante :
, Armure chevaleresque. — Sur la tête, un couvrechef de métal, conique, muni d'un appendice destiné à défendre le nez. C'est le helme ou heaume.
Le haubert est une tunique de mailles, tombant souvent jusqu'aux genoux et pourvue d'un capuchon, également de maille, qui garnissait la tête sous le heaume et se fermait de manière à protéger les joues. Ces pièces avait des manches arrêtées au poignet; le tout était d^un seul morceau.
La brogne, pareille à l'armure des cataphractaires^ était un surtout d'étoffe forte ou de cuir entièrement garni de plaques de métal imbriquées.
Un manteau attaché sur l'épaule recouvrait le tout, laissant le bras droit libre.
Les jambes, d'abord protégées par des heuses, des chausses ou des brodequins à bandelettes, sont bientôt recouvertes elles-mêmes de métal, par des pièces im-
Fig. 56. — Tapisserie de Bayeux.
briquées, ou tissées, ou formées de petits anneaux, du même travail que les brognes et les hauberts.
Le chevalier porte Tépée courte et la lance, à laquelle pend son gonfanon. Il est à moitié caché derrière un énorme bouclier, Vécu oblong, qui est découpé de manière à couvrjr des pieds au col le cavalier qui s'efface derrière lui.
Le baudrier, ceint à la taille, passe par une fente de la brogne ou du haubert.