CHAPITRE VI
derrière. Parmi les coiffures les plus usuelles, à partir de II 80 était le chaperon « façonné de drap, à la testière serrée en guise de capuchon, terminé en bourrelet vers le derrière de la teste, auquel bourrelet pendoit unelongueetestroite manche qui s'entortilloit au col ». Mentionnons aussi les bonnets analogues au bonnet phrygien, dont la pointe est rabattue sur le devant.
Le goût des fourrures n'a rien perdu de sa force. On les employait, tantôt à faire des vêtements complets, comme le pelisson, tantôt à
doubler les vêtements ou les chaperons et à garnir les manches et les collets.
Le chaperon était, comme son nom Pindique, une petite chape ; la chape ou cape est portée par tous les sexes et toutes les classes de la société. Sous Je nom de ca^e^ à p/zn'e^, elles étaient garnies de capuchon. Non moins usuel et pratique était le balandras ou balandran, manteau double avec des ouvertures pour passer les bras,\ le doublier [duplarhis], qui avait la forme d'un sac percé d'une seule ouverture, et Vesclavine, longue et solide tunique de façon grossière.
Costume chevaleresque. — On rencontre plusieurs
Flg. (j2. — Sceau du xii® siècle (Demav^
exemples de hrogncs à manches évasées. La cotte armée, brognc ou haubert s'arrêtant au genou, le bliaud descend Jusqu'à mi-jambe. Ledit bliaud acquiert des manches démesurées et de longs pans flottants. Le casque conique normand, à nasal, subsiste pendant tout
le xn® siècle; mais on en connaît des spécimens dont la forme est cylindrique, avec le timbre plat ou arrondi. On se rappelle que les yeux et les joues seuls restent à nu.
L'ea^est de forme allongée, arrondi en haut, pointu en bas.
Il couvre un homme debout de la tête aux pieds; il se porte suspendu au cou par une courroie (guiche); en marche, on le rejette sur Tépaule gauche. Il est fait de sortes de douves de bois, matelassées en dedans, couvertes de cuir au dehors, renforcé de lames de métal et muni de deux poignées. Mais à la fin du siècle qui nous occupe, l'écu s'allège; il est coupé droit en haut, il prend une forme triangulaire et ne couvre plus que la poitrine et le ventre.
L'épée a une lame courte, un pommeau et des quillons droits. La lance, arme essentiellement chevaleresque, interdite aux serfs, a un fer en forme de feuille: elle porte toujours le gonfanon.
Fig. 63. — Sceau de la fin du xii" siècle. (Demay.)