I. Quicherat, Histoire du Costume. Hachette et C'% éditeurs
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Fie. 68. — Geoffroi Plantagenet (Émail du Mans)
Coiij? d' œil sur les industries somptuiires. — Le coton est devenu d'un usage de plus en plus fréquent. La soie se vulgarise. Les étoffes de soie s'appelaient alors cendal. Mais le nombre des étoffes augmente avec les progrès de l'industrie nationale; mentionnons Itsiglaton [soie), le ffalbrun, la gaze, le boug-ran, la futaine (til de coton), le drap de chaluns, le molequin (lin), Vestarifort, le samit. Beauvais, Etampes, Louviers, Chartres, Tours, Provins, toutes les grandes villes du Nord étaient ce qu'on nommait des villes drapantes. On trouvera dans Orderic Vital de curieux renseignements sur la physionomie du costume au xii^ siècle.
Iconographie. — Le trésor impérial de Vienne et le musée de Munich contiennent des vêtements fort riches dont les premiers datent à peu près de la fin du xii*^ siècle. Nous donnons, d'après deux de ces précieux spécimens, un dessin schématique du chainse et du bliaud.
Pour le costume chevaleresque, les monuments ne manquent pas. Voici une plaque d'émail, conservée au musée du Mans, quinousreprésenteGeoffroi Plantagenet en costume d'apparat, avec le casque et le bouclier. Les sceaux que nous empruntons à l'ouvrage de M. Demay expliquent l'ensemble et le détail de l'armure. Ce sont les meilleurs des documents; aussi avons-nous également recours à eux pour l'habillement féminin. Mais la sculpture nous fournit une véritable œuvre d'art et d'une grande 'fidélité dans la figure inconnue qui a été transportée du portail de Notre-Dame de Corbeil à Saint-Denis (milieu du xii* siècle).