‹ Le costume en FranceChapitre 40 sur 117 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

chose. La mitre et la crosse, qui ont de bien anciennes origines, entrent à cette époque en usage comme attributs sacrés.

Si nous arrivons au xii« siècle nous voyons une pièce nouvelle s'introduire dans le vêtement sacerdotal :

c''estV amict, le premier tissu que le prêtre officiant passe sur rhabit de ville; c'est une toile fine, rectangulaire, brodée d'une croix, qui s'ajuste de telle façon que le linge plissé vient se croiser sous le menton.

On enrichit cela de broderies, de bandes, d'un collet, voire d'une manière de capuchon.

L'aube fut enrichie, à son bas , d'une pièce brodée.

Sa jupe descend alors sur les pieds en trois groupes de plis et ses manches sont bouillonnées. Ladalmatique aux larges manches fut à son tour décorée. L'étole fut portée par les évêques, tantôt sur la dalmatique, tantôt sur l'aube. Les extrémités, toujours apparentes, furent pattées, potencées, ou lourdement frangées et ornées d'orfrois. Le manipule (qui succéda à Vorariwn) fut comme une petite étole, une bande d'étoffe brodée attachée au poignet gauche de l'officiant. La chasuble

Fig. 71. — Sceau du Chapitre de Toul (Ch. Robert).

enfin, qui d'abord emprisonnait complètement le corps et les bras, fut rognée et fendue sur les côtés, aux épaules ; bientôt ce ne fut plus qu'une pèlerine un peu allongée, un cône échancré; lorsqu'elle était longue, elle était décorée d'une large bande médiane brodée qui se contournait en collier. Il ne faut pas confondre cet ornement avec le pallium archiépiscopal, ou bandelette postiche plus ou moins ornée.

La chape ou pluvial était le manteau de ville des prêtres, ample surtout, muni d'un capuchon.

L'usage des gants, symbole d'investiture des évêques •et des sandales à la romaine, est constant. La mitre fut au XII» siècle un bonnet à fond bas, cornu. Plus tard, au lieu d'être toutes deux visibles de face, les deux cornes furent placées d'avant en arrière et sensiblement atténuées, pour arriver au type actuel.

Costume monacal. — Les premiers moines, aux temps mérovingiens, étaient habillés à peu près aussi simplement que Diogène le Cynique. Mais, lors de l'établissement de la règle de saint Benoît, l'usage de deux robes de laine et d'un cucuUe se généralisa dans les ordres naissants. Sous les Carolingiens, ils sortirent de cette pénurie, portèrent des braies, des roques, ■des pelissons, des gants, des chaussons. Au xn'^ siècle, quand les confréries pullulèrent, les bénédictins adoptèrent :

1° La gonne, longue tunique à manches étroites ;

2° Le pelisson;

3" Le scapulaire ou chaperon ;

4" Le^roc^. ample jupe fendue sur les côtés ;

5° La chape.

Fig. 72 à 7S. — Sceaux du Chapitre ds Toul (1127-1218). (Ch. Robert, Sigillographie de Toul.)

Les illustrations ci-jointes représentent deux peintures des catacombes de Rome et quelques sceaux du chapitre de Toul, qui donnent le détail des pièces du costume sacerdotal que nous venons de nom mer.

Fig. 76.

Sceau du Chapitre de Toul.

Page 1