LE X1II« SIÈCLE ET LA PREMIERE PÉRIODE DU XIV'' (119O
II n'y eut pas de changements essentiels dans le costume entre le xii" siècle et le xiii'. L'apogée de la puissance politique et sociale des rois de France amenait une pacification relative qui profitait au bien-être commun. Philippe-Auguste abattait les grandes puissances féodales, établissait la juridiction royale, centralisait les forces du royaume et fondait en quelque sorte Paris pour la seconde fois.
Saint Louis donnait le temps qu'il n'employait pas à déconfire les infidèles à Padministration la plus minutieuse. Mais déjà, sous Philippe III, les besoins du luxe augmentent; les artistes italiens vont venir; ne faut-il pas au prince des Fig. 77. joyaux, des étoffes, des palais d'une
Henri de Metz, avec l'ori- richesse et d'une élégance nouflamme. (Vitrail de la ^^y^^^-^^ ^près deux sièclcs et demi
catliédrale de Chartres.) ^ ^
de stagnation, tout prendra une lace nouvelle avec Pavènement des premiers Valois. Jus-
que-là, révolution de la mode est logique et conséquente.
Les pièces de Phabillement restèrent celles que nous
connaissons; l'ensemble de ces pièces essentielles [cotte, siircot QX chape) s'appelait la 7'obe; hommes et femmes portèrent donc la robe longue; mais on n'appela plus de même chacun de ses éléments. Le chainse prit le nom de chemise, plus proche du mot latin d'où l'un et l'autre dérivent, et fut désormais une pièce identique à nos chemises actuelles.
On le remplaça le plus souvent par la cotte^ pièce portée de même sur la peau et taillée sur le même patron. Ceinte ou déceinte, la cotte prétait encore à l'élégance; on voulait la montrer; les femmes y arrivaient en relevant sur leur bras les vêtements de dessus. Onnomma^sor^î^enzeunecotte déceinte, mais taillée par le haut de manière à dessiner le buste. Tandis que nous portons la flanelle à cru sous le
Fig. 78. — Chevalier du xiu" siècle.
(Hucher, Vitraux du Mans.)