CHAPITRE VII
chapeaux d'étoffe étaient des calottes cylindriques ou hémispliériques, recouvertes de diverses matières précieuses, depuis l'orfroi et les garlandes de métal jusqu'aux plumes de paon. Faisant office de mentonnière, une bande de soie ou de linon retenait l'édifice en passant sous le menton.
Les giiimples et les couvre-chefs étaient de simples voiles. Les femmes du commun avaient le voile et le chaperon; les autres, le voile et le tressoir.
Ensuite, les femmes nattèrent leurs cheveux sans les diviser, et la résille supplanta les chapeaux aidée par la guimple qui, sous le nom de touaille^ se prêta à de nombreuses combi naisons ; on fit tourner la touaille autour du cou, sous le visage ; elle remontait aux oreilles et se dressait en cornes au-dessus du bandeau. Uaumusse, sorte de capuchon de fourrure dont les
Fig. 82. — Pierre tombale (1238).
(St. Prioux, op. cit.)
clercs et les laïques de marque se couvraient, était un cône de drap garni d'hermine qui fut aussi d\in grand usage.
Jamais encore on n'avait vu la noblesse étaler un luxe plus superbe; jamais elle n'avait eu en effet jusqu'ici à lutter d'élégance et de richesse avec personne. Les ordonnances somptuaires comme celles de Philippe le Bel ne visent pas seulement à refréner les prodigalités exagérées des seigneurs, mais aussi à marquer des distinctions entre les classes sociales. Le camocas, le samit, les escarlates de Douai, les soies brodées, les draps verts et vermeils, unis ou diaprés, les draps d'or, les draps « à bétes et à oiseaux », les tissus paonnacés ou teints de garance, le racamas^ le baiidequin. sollicitaient le péché d'envie chez chacun. Comme Charlemagne, il est vrai, saint Louis donna l'exemple de la simplicité dans sa tenue quotidienne. Dans sa jeunesse, il portait sur ses cheveux courts un bonnet de velours rouge, une tunique et un manteau doublé de fourrure à manches larges et tombantes, fendues pour laisser passer les bras, des chausses rouges et des souliers noirs. Un vitrail de la cathédrale de Chartres nous le montre vêtu d'une cotte rouge et d'une chape fourrée. A son retour des croisades, il renonça aux fourrures de prix : on le vit porter des robes de camelot, noir ou bleu, doublé de poil de chèvre ; il aimait à se distinguer des seigneurs par l'humilité de son costume. N'importe : à la féie prochaine, l'exemple était oublié.
Habillement chevaleresque. — A la fin du xii'= siècle, la cotte ferrée tomba en désuétude. Voici comment M. Demay décrit la nouvelle armure, le grand haubert:
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Fig. 83-84. — Pierre tombale (1392). (St. Prioux, op, cit.)
Fig. 85. — Monnaie des Croisés.
(Schlum berger).
« L'armure de mailles sans doublure forme seule le
vêtement extérieur. Les manches se continuent en une
poche enveloppant la main jusqu'au bout des doigts, le pouce seul restant isolé.
A la coiffe de mailles s'ajoute une calotte de fer, la cervelière; cachée sous le capuchon, une cravate en mailles ou en plaques de fer cousues sur du cuir ou de Tétoffe {gorgeretté) augmente la défense du cou. La jupe finitaugenou.
Des chausses auxquelles
étaient ajoutées des chaussures, également de mailles,
venaient se fixer sous la
jupe du haubert au niveau
de la ceinture, complétant
ainsi un réseau de fer enveloppant entièrement
Phomme de guerre. » Le
grand haubert se passait sur
un habillement à manches
rembourré ou matelassé
nommé le gamboison, qu'il
cachait complètement. Les
cuisses et les jambes étaient
de même protégées par des chausses de cuir ou d'étoffes
solides.
Bientôt cette carapace de fer parut sans doute trop
Fig. 86. — Monnaie des Croisés.
(Schiumberger).