‹ Le costume en FranceChapitre 45 sur 117 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

austère aux beaux chevaliers, car ils jetèrent dessus la cotte d'armes. C'était une cotte de toile ou de soie, sans manches, à jupe fendue devant et derrière^, qui pendait bas et flottait au vent. On mettait là-dessus ses armoiries.

Cest vers i3oo qu'on ajouta à cette armure flexible et résistante les premières pièces postiches. Ce furent des rondelles, appliquées aux genoux et des plaques de métal qui suivaient le tibia, le genou et le jarret, et des boîtes de fer. Enfin, vers la même époque, pour parer à certains coups funestes, on renforça la défense de répaule par Vailette. On dirait une toiture allant de la naissance du bras jusqu'au heaume et formée de deux plans rectangulaires inclinés.

Désormais la défense du visage est complète et fixe. Le casque sera fait tout d'une pièce et protégera toute la face. Pour cela on prolongera la partie postérieure du heaume pour l'amener à recouvrir la mâchoire; il ne reste plus d'autre ouverture qu'une fente allant d'un œil à l'autre. Tel est le casque du temps de Philippe- Auguste. Puis on abaissa le rebord du heaume sur la nuque et le cou; des trous pour la respiration s'alignèrent parallèlement à la fente des œillères; on ménagea un pertuis vis-à-vis de chaque oreille; tel est le casque de saint Louis, le grand heaume des dernières croisades. Ce type subit une dernière modification

Fig. 87. — Heaume. (Demay.)

lorsque, vers 1270, pour des raisons de solidité, on modifia la forme du timbre et qu'on le fit ovoïde, de plat qu'il avait été au siècle précédent, et la nouvelle forme fut elle-même en vogue durant une centaine d'années.

Mentionnons le chapeau de fer, plus léger que le heaume, que les croisés portèrent pour cette raison; le heaume était si pesant qu'on ne le laçait qu'au moment de l'action et que souvent on le laissait pendu à l'arçon de la selle; le chapel de fer se voit fréquemment dans le costume de guerre des maires et échevins; mentionnons aussi le jpetit bassinet, calotte ovoïde de fer qui, sans prêter à aucun luxe, était une excellente défense.

Les cimiers sont des appendices qui entrèrent en usage au xiv* siècle. Ce sont de pures décorations, analogues à ces figures qui surmontaient les casques gaulois. Ces aigrettes, ces ailes par paires, appelées vo/, ces cornes, ces animaux: fantastiques, ces figures emblématiques, alourdisaient considérablement le heaume; mais le chevalier était fier de porter sur son chef ses armes parlantes ou son blason. Les cimiers étaient soudés au casque, et l'ajustage en était masqué par un drap roulé ou tortil, auquel pendait par derrière une pièce d'étoffe flottante nommée le volet, dont l'usage dut être emprunté, à l'époque des croisades, à la coiffure arabe appelée keffyié.

Vécu, couvert d'emblèmes héraldiques, a pris la forme d'un triangle plan, de petite dimension et qui sert plus à l'apparat qu'à la défense.

A la fin du xni" siècle, l'épée s'allongea; au lieu de frapper du tranchant, on frappait d'estoc, ou de pointe. On l'attachait par une chaîne, soit à l'armure, soit au

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