CHAPITRE X. 13s
La distance qui séparait le costume des nobles de celui des bourgeois allait en s^effaçant. Les robes longues étaient même d'un usage populaire, comme en témoignent ces vers :
Paveurs et revendeurs de pommes Ont longues robes de cinq aulnes, Aussi bien que les gentilshommes.
ij(> LE COSTUME EN FRANCE.
RÈGNE DE FRANÇOIS I"" (l 5 I 5-1 547)
La cour de François I" fut une cour véritable, au sens vaguement légendaire qu'on donne à ce mot. La culture spirituelle, les sentiments et les mœurs, les goûts et les modes y prirent une allure franchement nouvelle. Les temps de la chevalerie sont finis; la galanterie fleurit et l'élégance a tout son prix. La pompe est d'une magnificence extrême ; quelque chose de factice et de recherché préside aux moindres arts : tout tend à l'imitation des petites, mais brillantes cours que suscita en Italie le mouvement extraordinaire de la Renaissance.
Un des caractères dominants du costume sous ce règne fut l'amour de la disparate; les étoffes sont mélangées, tailladées à profusion ; des cordonnets, des passementeries de toute espèce les surchargent. L'autre caractère principal est le goût des plis lourds et réguliers artificiellement obtenus par des appareils rigides qui devinrent l'origine du corset et de la crinoline des temps modernes. La basquine et la vertugale, que nous allons décrire tout à l'heure, rompent les grandes lignes du corps humain, qu'on sentait jusqu'ici sous le vêtement. L'idée de serrer la taille et de draper richement