CHAPITRE XIV
sur les bras et la poitrine. C'était la petite et la grande chiquetade. Le collet, de renversé qu'il avait été, devint droit, ce qui fit tomber la mode des cols de chemise rabattus. On eut en place soit des rotondes, ou cols montés sur du carton, soit des fraises à plusieurs rangs de fronces inégales qui étaient les fraises à confusion [v. supra, p. 171)... Le commun disait toujours \acape quand les puristes affectaient de dire le manteau. Au lieu d'être toute raide sur les épaules, elle put se draper sur un bras ou autour du buste... Les casaques redevinrent de mode sous le nom de calabres et de roupilles; les hongrelines, cabans, royales, balandras, houppelandes, mandilles, ro^z^e?^ rentraient dans la catégorie des manteaux depluie ». Les « manteaux à la Balagnie » doivent s'entendre dans le même sens. Cela comportait un lourd collet; le col vidé n'en avait point,
La multiplicité des formes qu'affecta le pourpoint nous empêche d'essayer même une énumération superficielle. Contentons-nous de dire que, vers 1620, le pourpoint se fit plus léger et qu'on fut moins prodigue de ces coups de ciseaux qui gâtaient toute une étoffe pour la vanitéd'en montrer une autre par-dessous la première. A l'époque du grand ministère de Richelieu, il y avait pourtant encore des pourpoints à grande taillade, tombant par devant en pointe. Mais ce n'est plus cette ancienne cuirasse rembourrée qui matelassait le giron des mignons qu'on appelle ainsi, c'est un gilet quasi flottant et d'allure tout aussi martiale; ce gilet avait des basques retaillées, était arrêté par un ceinturon et traversé par le large baudrier oti pendait l'épée. Le pourpoint revient donc à sa véritable destination qui est
d'être le premier vêtement porté sur les bouillons de la chemise. « Après la défense du clinquant, dit Quicherat, il acquit la sobriété qui lui manquait. On ne
Fig. 14.1-14,2. — Costumes de l'époque de Louis XIII (Paul Lacroix, d'après A. Bosse).
s'habilla plus guère que de couleurs neutres ou sombres. Les garnitures de boutons remplacèrent celles de rubans. La coupe du pourpoint fut charmante. Il devint comme une veste ajustée sur le haut du buste et boutonnée du cou au sternum. Plus de ceinture; les pans s'écartaient vers le bas et laissaient voir un bouillon de la
chemise. Celle-ci apparaissait encore àla fente des manches du pourpoint, qui restaient en partie boutonnées. »
En ce temps, on affectionna les grands feutres ou castors à plumes pour coiffure et on ne porta guère autre chose ; mais la chaussure fut fort variée, si la coiffure ne Tétait pas. Citons particulièrement :
1° Les grandes et étroites bottes de chasse, qu'on passait quelquefois dans des socques {pantoufles) ;
2" Les la^arines ou bottes courtes; faites pour se combiner avec les chausses en pantalon;
3° Les bottes basses à revers épanoui qu'on adopta vers 1625 ;
4" Lès souliers nommés par d'Aubigné. Il fallait de riches bas lorsqu'on allait jambe à découvert ; comprenez des bas de soie, — surtout de soie rouge. — (Bas de Milan.) Les femmes eurent des bas tout aussi beaux, bien tirés dans leurs souliers, leurs muletins et leurs patins de velours.
On sait que Louis XIII ayant repris les cheveux longs, abandonnés sous les règnes précédents, les gens de cour s'empressèrent de Timiter; beaucoup durent déguiser leur calvitie sous des cheveux d'emprunt et telle fut l'origine de cette mode des perruques dont héritèrent toutes les classes aisées du xvii" siècle.
Costume féminin. — L'habillement des femmes fut plus lent à se corriger.
La réforme commença par les corsages ; on les arrêta où il est logique et on les ferma au point où les conve- , , nances l'exigent, La vertugade (on dit aussi maintenanr"~"' Itvertugadin] est devenue une armature plate qui enserre lecorps comme unéventaire circulaire d'où les plis tom- .^