REGNE DE LOUIS XIV (1643-I
Le règne de Louis XIV se de'compose en trois phases assez distinctes : tant que le jeune roi fut sous la tutelle de Mazarin, Teffet de son orgueilleuse volonté ne put se faire sentir; il assista à la plus ridicule des révolutions, la Fronde, connut presque le dénûment à Saint- Germain et se trouva tout d^un coup maître absolu. Sa froide et solennelle figure plana cinquante ans sur la France avec la même majesté. Puis le soleil s^éclipsa et une part de la grandeur française déclina avec lui. Nous trouverons dans l'histoire de chaque pièce du costume, en la prolongeant pendant toute Phistoire de ce grand règne, l'image de ces vicissitudes, jt^^^ple^ <^^'^-^^<5^
Habillements masculins, ordonnances somptuaires. — Il faut croire qu'on s'amusa beaucoup en dehors de la cour pendant les années de la minorité du roi, car on y vit fleurir une nouvelle galanterie; nous avons raison de la nommer ainsi, car on appela galants, sous la Fronde, toute une catégorie de jeunes gens élégants qui prirent le nom des nœuds de rubans (galants) par eux substitués aux parements sur l'habit. En 1644, puis en r656, Mazarin lança contre la funeste et ruineuse c^'^^vit^"'"^' passementerie deux édits : il faut croire que leur effet fut court car le roi dut en renouveler les articles pro-
hibitifs en 1664. Cette chasse à Tor converti en brocards, en broderies ou en paillons (nous avons onze ordonnances signées de Louis XIV contre Temploi du me'tal à la décoration des habits), ne céda que devant la
ferme volonté du
roi, poursuivie sans défaillance pendant un si long règne.
A dix-huit ans il se montrait déjà vêtu d'un pourpoint de velours uni, sans broderies ni rubans; son exemple en ce temps n'avait pas d'autorité ; mais, quand tout plia devant lui, il ne négligea Jamais de montrer nettement son goût et ses préférences, qui prirent force de loi, ou, pour mieux dire, furent universellement imités. De bonne heure, le pourpoint fut raccourci et le haut de chausses vint pendre sur les hanches de façon à laisser passer tout à l'entour de la ceinture un flot de linge. Les manches fendues cessèrent ensuite de plaire au grand arbitre de la mode : on débuta par les raccourcir aussi au grand bénéfice de la chemise, puis on
Fig. 148. — Costume de mousquetaires, d'après Diichâtel (Louvre).