CHAPITRE XVI
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d'une femme n'eut moins de poids et plus de volume. Il est juste d'ajouter que la petite bourgeoisie était indifférente aux fluctuations des modes que nous venons d'énumérer. Les ménagères que Chardin a peintes dans leurs paisibles intérieurs, semblent par contraste, d'austères figures de nonnes, à la fois réservées et irréprochables dans leur mise modeste et pure.
Fig. 158. — Costumes de seigneurs et dames de la cour, d'après Lancret.
Coiffures. — Il faut se garder de confondre les deux parts du règne de Louis XV sous le rapport des coiffures de femmes. Ces coiffures furent d'abord basses, et de très bon goût. Si l'on était sévère, on leur reprocherait seulement d'avoir été trop poudrées; mais elles accompagnaient bien le visage. Dans le négligé du boudoir, c'est la cornette de gaze qui était usitée; dans la rue, c'est la bagnolette ou capeline. Cela donnait à la tête un petit air sérieux qui ne laissait pas d'être piquant, surtout lorsque le rouge et les
ziC LE COSTUME EN FRANCE.
mouches donnaient aux joues une jeunesse empruntée.
Il en alla tout autrement après 1750. La chevelure fut alors échafaudée, tire'e en hauteur, arrondie en dôme pointu, décuplée en volume par Tadjonction de perruques ou chignons et surchargée de rubans, de liens frêles, de minuscules bonnets. Pendant une trentaine d^années, cette mode alla crescendo. On ne s'arrêta dans cette étrange architecture qu'au point où le poids propre des matériaux menaça d'entraîner toute la machine. Des plumes, des touffes énormes de plumes, des poiif s de gaze chiffonnée avec art, étaient piqués dans le matelas intérieur, dans la garniture invisible de crin; et comme ces afïiquets faisaient ressembler le dessus de la tête à un nid on eut l'idée d'y fixer des objets hétéroclites, de petits bibelots d'étagère, des fruits, des statuettes, tout un petit théâtre en miniature, bergers, moulins à vent, panoramas champêtres.
A l'aide du Tableau de Paris de Mercier, et sans entrer dans la description, il nous serait facile de remplir plusieurs pages de l'énumération des termes qui servirent à désigner, pendant cette fin de siècle les coiffures et les accessoires de la toilette féminine. Chaque façon à son nom; elle est baptisée un matin et meurt le soir. Ce sont des modes quasi personnelles. Voici des déshabillés appelés Pierrots, des camisoles en Colinette, des caracos à l'innocence reconnue, des toques accompagnées de deux attentions prodigieuses, des bonnets aux navets, des bonnets attristés, aux sentiments repliés, à V esclavage brisé ; des falbalas tn. plaintes indiscrètes, en vapeurs, en composition hojinète. 11 va sans dire que la saison qui préside au nom de ces modes fugi-